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10 février 2013 - 5e Dimanche C

5ème Dimanche du T.O. -C-

Isaïe 6, 1-8 1. Corinthiens 15, 1-11 Luc 5, 1-11

Quand des nouvelles se répandent, il est prudent de vérifier les sources. Bonnes et mauvaises nouvelles vont plus vite aujourd’hui qu’autrefois. Elles se télescopent. Les mauvaises prennent plus facilement racine dans notre vie. On en vient à oublier les bonnes. Cela ne date pas d’aujourd’hui.

Paul se doit écrire aux Corinthiens : « Je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée. Cet Evangile, vous l’avez reçu et vous y restez attachés, vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtres devenus croyants. »
On peut se souvenir que dimanche dernier, Paul écrivait à ces mêmes Corinthiens : “Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. »
Il y a donc des repères de foi qui sont comme les fondations d’une maison. Mais quelle est la crédibilité de ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle ?

Quand on regarde les noms que Paul cite dans le texte d’aujourd’hui, on peut s’éton-ner. Il nous parle de Pierre (qui a renié), de Jacques et des apôtres (qui se sont enfuis lors de l’arrestation de Jésus). Voilà donc le socle humain de l’Eglise.
Comment espérer durer dans le temps avec une telle équipe de campagne !? Pierre et les autres n’oublieront jamais leur passé. Ce qu’ils ont fait reste écrit dans l’histoire. Chacun reste avec son tempérament.
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Après Pierre, Jacques et les autres, voici Paul. Il n’a jamais rencontré Jésus en Pales-tine. Il ne fait pas partie de la première génération de chrétiens. Pharisien compétent, il a perçu la naissance de l’Eglise comme une menace pour la foi juive. Il a fait ce qu’il pensait devoir faire. Il écrit clairement « J’ai persécuté l’Eglise de Dieu. »
Il n’améliore pas l’image de marque des premiers évangélisateurs ! Et pourtant, tous peuvent se reconnaître dans ce que Paul écrit : « Ce que je suis, je le suis par la grâ-ce de Dieu et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile. »

La foi ne détruit pas notre personnalité. Elle n’efface pas notre histoire. Elle est une lumière qui vient d’ailleurs mais qui ne s’impose pas. Elle nous invite à faire libre-ment confiance à Dieu et à son Fils Jésus qui est venu révéler et réaliser le plan de salut du Père. Ce plan de salut peut se dire ainsi : il s’agit pour Dieu et pour l’huma-nité de vivre en harmonie. Ce qui empêche cette harmonie, c’est ce qu’on appelle le péché.
Avoir la foi est une expression bizarre. On n’a pas la foi pour la stocker, la posséder. C’est plutôt elle qui nous possède. Elle entre dans notre vie pour être transmise.

Le texte lu aujourd’hui laisse supposer que Paul a rencontré quelques difficultés avec des fidèles de Corinthe qui, en fonction de leurs idées philosophiques, n’admettaient pas la résurrection des corps. Or pour Paul, on ne peut pas contester une partie du donné révélé sans le falsifier. On ne peut en même temps accueillir et refuser.

Paul n’est pas un philosophe qui lancerait un nouveau système de pensée pour rendre le monde plus compréhensible. Il n’est pas le gourou d’une nouvelle religion qui se-rait un produit de son imagination. Il n’est pas l’auteur de l’évangile. On pourrait dire qu’il l’a reçu en pleine figure sur le chemin de Damas. Cette « réception » a boule-versé sa vie. A Damas, Ananie, après un moment d’hésitation, l’a accueilli… comme un frère ! Il l’a aidé à mettre en place de nouveaux repères dans sa vie.

Paul a donc transmis ce qu’il a reçu par la Tradition. A cette époque, la Tradition était surtout orale. Elle n’a pas moins de poids que la tradition écrite. La foi a été vécue a-vant qu’un texte soit rédigé. Aux Corinthiens discuteurs, Paul fait comprendre que garder la tradition constitue la première obligation pratique des fidèles.

Quel est donc le socle de la foi chrétienne ? « Le Christ est mort pour nos péchés (…) il a été mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour. »
C’est à partir de là que toute vie chrétienne s’organise dans les circonstances les plus variées. Il est bon qu’on nous le rappelle !

Paul reprend ici une formule qui remonte à la communauté chrétienne primitive. La foi prend sa source dans un donné historique concret : la mort de Jésus est attestée par la mise au tombeau. La résurrection est affirmée par des témoins.

L’objectif de Paul est de faire entendre aux Corinthiens ceci : si le Christ est mort pour nous, ce n’est pas seulement pour nous rendre inaccessibles au mal et avoir une vie neutre, banale et sans couleur.
Il est ressuscité (et il reste ressuscité) pour nous entraîner dans l’énergie de sa vie nou-velle. Il est le premier des ressuscités, le premier-né de cette humanité nouvelle qui entre derrière lui dans la vie éternelle.

Paul écrit : « Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà notre foi. »
Quoi qu’il arrive, la mort du Christ, sa mise au tombeau et sa résurrection sont indis-sociables. C’est la bonne nouvelle, la lumière qui éclaire notre chemin. C’est une force pour endurer et construire.

Cette lumière et cette force ont permis aux générations de chrétiens qui nous ont pré-cédés de ne pas se laisser ébranler par toutes les idées ou les théories qui ont agité l’histoire.
La foi traverse les générations par le témoignage des chrétiens. Nul ne connait son chemin mais elle poursuit sa route.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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