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130.6e Dimanche de Pâques- Apocalypse 21,11-14.22-23

2ième lecture : Apocalypse 21/10-14.22-23

10 Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu.
11 Elle brillait de la gloire même de Dieu. Son éclat rappelait une pierre précieuse, comme une pierre d’un jaspe cristallin.
12 Elle avait d’épais et hauts remparts. Elle avait douze portes et, aux portes, douze anges et des noms inscrits : les noms des douze tribus des fils d’Israël.
13 A l’orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes et à l’occident trois portes.
14 Les remparts de la cité avaient douze assises, et sur elles les douze noms des douze apôtres de l’agneau. […]
22 Mais de temple, je n’en vis point dans la cité, car son temple, c’est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant ainsi que l’agneau.
23 La cité n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine, et son flambeau, c’est l’agneau.

A propos de cette lecture :

Le texte de l’Apocalypse lu dimanche dernier nous rapportait la 3e vision, celle d’une cité sainte descendant du ciel d’auprès de Dieu. Il nous présentait la nouvelle Jérusalem, le Peuple nouveau dans son union intime avec Dieu. La 4e vision nous présentera la cité comme un jardin de Vie. Nous sommes ici entre les deux visions.

L’auteur s’attarde maintenant à décrire la ville que le voyant contemple du haut d’une grande et haute montagne. C’est la Jérusalem descendant du ciel, cité sainte qui n’a pas besoin de lumière.
Tout fait écho au discours après la Cène, à la promesse de Jésus à ses disciples : « je reviens vers vous » ; et à ceux qui croiront en lui, il assure que son Père et lui, « nous viendrons …. nous irons demeurer près de lui. »
« Ainsi nous est rappelé que toute cité chrétienne (Eglise, institution, sacrement, communauté…) ne l’est véritablement que si elle est effectivement le lieu où demeurent le Père et le Fils, où l’Esprit Saint peut enseigner, où il n’y a pas d’autre temple que le Seigneur, où il n’existe pas d’autre source de lumière que l’Agneau… » D.Dufrasne dans « Com et Lit »)

_ Les éléments descriptifs de la cité sont nouveaux et prennent de l’ampleur : « la ville « a » la gloire de Dieu. Toute la gloire de Dieu semble se confondre avec la Ville-Epouse et lui confère son éclat » (Charlier-Lire la Bible 90 pe 213)
C’est ce qui explique l’absence de temple ; il n’y a plus besoin de symbole puisque Dieu et l’Agneau sont désormais présents à tous les hommes.
Dans l’Ecriture, la montagne a toujours été le lieu où la ville sainte est établie, où se révèle la gloire de Dieu. La montagne, ici, semble le « point de vue » dont on peut contempler la nouvelle Jérusalem qui descendrait du ciel d’auprès de Dieu.
L’actuelle vieille ville de Jérusalem compte sept portes. « Sept » est déjà un nombre sacré, un nombre qui dit la perfection d’une réalité s’inscrivant dans l’homme ou dans le monde des hommes. La nouvelle Jérusalem a douze portes : « Douze » c’est un accomplissement de la part de Dieu : son rêve et celui d’Israël se réalise !
Aux portes, points névralgiques des remparts, se trouvent douze anges pour garder les entrées et leurs noms qui y sont gravés, correspondent aux douze tribus d’Israël. « Sur tes murailles, Jérusalem, j’ai posté des gardes ; à longueur de jour, à longueur de nuit, ils ne doivent jamais rester inactifs : « Vous qui ravivez la mémoire du SEIGNEUR, point de répit pour vous ! » (Isaïe 62/6). Les anges sont le contraire des chérubins qui, dans la Genèse sont postés à l’Orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante, pour garder les chemins de l’arbre de vie ( Genèse 3/24). Ici, ils ne sont pas postés pour chasser mais pour accueillir, les bras ouverts. Ils sont les hôtes qui accueillent et font entrer dans la fête tous ceux qui arrivent dans cette ville de pèlerinage, Jérusalem, sortie des mains de Dieu.
Les remparts de la ville ont également douze assises et sur elles les douze noms des douze apôtres de l’Agneau. Le ciel nouveau et la nouvelle terre reposent sur le témoignage des apôtres et des prophètes.
Les derniers versets de la lecture de ce dimanche (v. 22. 23) précisent également ce qui manque ! Il n’y a plus de temple. Ce qui devait être le summum et le centre de la « vieille » ville n’y est plus. Ce temple n’est pas seulement démoli. Il a disparu ! Pourquoi ? Seul le Seigneur Dieu est maintenant le temple de la ville : la présence de Dieu et de l’Agneau sauveur est immédiate, sans voile, plus évidente que le soleil et la lune.
« La distinction terrestre du sacré et du profane s’est évanouie dès l’instant où la créature rejoint son créateur et communie directement avec lui. Le rituel s’estompe également car il n’y a plus de commandement dans ce monde nouveau où tout est directement inspiré par l’amour. C’est le règne de l’apaisement général d’où sont bannies toutes les contraintes et les lois, où l’amour pour Dieu ne se distingue plus de l’amour mutuel et à jamais fraternel » Charlier pe232.

C’était sans doute là une des grandes professions de foi de la première Eglise : le Messie a rendu caduque le temple de Jérusalem car lui-même est devenu le lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes. Le Christ n’avait-il pas dit : « détruisez ce temple, je le rebâtirai. » mais c’est un tout autre temple qu’il a reconstruit. Nous avons ici l’explication de ce que Jésus voulait réellement dire. Le Temple nouveau est constitué de pierres vivantes que sont les chrétiens. Ce n’est plus le temple qui localise la présence de Dieu parmi les hommes, mais la foi des disciples de Jésus. Dieu n’est pas présent dans des briques, mais dans l’agir, dans le cœur des humains, des croyants. Quelle mission est la nôtre ! Ce sont désormais les êtres humains, les communautés de croyants qui manifesteront ou non la présence de Dieu dans le monde. N’est-ce pas là le ciel sur la terre ?
Plus de temple et, du coup, il n’est plus nécessaire d’avoir le soleil ni la lune pour l’éclairer. La gloire de Dieu l’illuminera. C’est la gloire de Dieu qui sera la valeur réelle de la Jérusalem définitive. La gloire qui illuminera la vie et sera sa source de lumière, c’est l’Agneau, Jésus crucifié et ressuscité par amour pour toute l’humanité.
Quel lien avec l’évangile de ce jour ? Jésus quitte les siens mais en envoyant son Esprit il vient faire sa demeure chez les siens, chez ceux qui restent fidèles à sa Parole.
En ce sens la Jérusalem nouvelle a déjà commencé, là, il n’existe pas d’autre source de lumière que celle de l’Agneau.
« L’Eglise est éminemment le lieu de la présence sacrée et de la communion avec Dieu par la médiation du Christ mort et ressuscité. Cette communauté surnaturelle et mystique est établie sur l’institution apostolique : c’est par la mission des Douze qu’elle s’enracine dans l’événement pascal et participe à sa fécondité rédemptrice… » (J.Ponthot dans Paroles sur le chemin)
Le Père et le Fils viennent habiter chez nous et en nous : noter le pluriel du verset 23. Là où se trouve le Fils se trouve le Père. Or Jésus, dans notre lecture d’évangile et dans tout le discours après la Cène dont ces versets font partie, nous parle, en même temps de sa permanence parmi nous et de son départ. « Tant que je demeurais encore avec vous… », dit-il au verset 25. Au moment où il parle, au seuil de la Passion, il est en quelque sorte déjà parti. Alors, permanence du demeurer ou absence du départ ? Y aurait-il contradiction dans ce passage d’évangile ? Certainement pas, mais jusqu’ici l’habitation de Dieu parmi nous ne pouvait se contempler que du dehors. Le temple était vu des parvis mais il était interdit d’entrer en son centre, là où reposait l’Arche d’Alliance. Et qu’y avait-il dans l’Arche ? Les tables de la Loi. En d’autres termes, la Parole de Dieu, gravée sur des tables de pierre, trônait hors de ceux qui avaient à s’y conformer. La situation s’était certes modifiée avec la venue du Christ : par lui et en lui Dieu habitait notre monde, non plus localisé dans le Temple mais présent en tout temps et en tout lieu. Pourtant ses disciples pouvaient le regarder hors d’eux ; il leur restait extérieur. C’est ce mode de présence qui va disparaître. Certes, au temps de la vie publique, le Christ pouvait ainsi atteindre les hommes par leurs sens corporels. L’épreuve de ne plus le voir ni l’entendre directement sera d’autant plus cruelle, mais il fallait, pour que l’habitation de Dieu soit parfaite, qu’elle passe à l’intérieur de chacun et de tous.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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