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135 2e Dimanche de Pâques

15 avril 2009

2ème Dimanche de Pâques

En Jésus mort et ressuscité, Dieu a parfaitement réalisé son Alliance avec l’hu-manité. Il n’empêche que le projet qu’il a mené à bien reste déroutant. Comment un Dieu a-t-il pu se faire homme et comment l’homme peut-il être admis à parta-ger la vie intime de Dieu ? L’intelligence humaine ne cesse de remuer ces ques-tions dans tous les sens. Qui est Dieu ? Qui est cet homme nommé Jésus ? Qui suis-je ? Ces questions ont animé des débats, des premières communautés chré-tiennes jusqu’à aujourd’hui.
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Du 2e dimanche de Pâques au 7ème dimanche, nous allons parcourir quelques ex-traits de la 1ère lettre de Saint Jean. Le fait que ce 2ème dimanche attire notre at-tention sur la miséricorde de Dieu donne une clé pour aborder le texte d’aujour-d’hui.
« Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu. » Affirmation audacieuse qui ne laisse place à aucune échappatoire : Re-cevoir de Dieu la vie de Dieu est possible pour tout homme. La vie du n’importe qui que je croise dans la rue remue quelque chose dans le cœur de Dieu. Sa mi-séricorde, (son attention bienveillante), ne connaît pas de limites.

En distinguant le peuple juif des autres peuples, Dieu n’a pas voulu en devenir l’otage. Il voulait avoir une base de départ pour rencontrer tous les hommes et il veut encore aujourd’hui rejoindre tout homme sur sa route, que sa vie soit bril-lante ou banale, tranquille ou cahoteuse, voire inhumaine.
Tout au long du chemin de chacun, il y a le projet d’une Alliance. Mais évidem-ment, cette Alliance ne peut se réaliser qu’au moment où se croisent deux liber-tés, celle de Dieu et celle de l’homme. Dieu ne veut pas s’imposer à l’homme et l’homme ne peut pas s’imposer à Dieu.

La foi donnée à Jésus, (né de Dieu et d’une femme, Marie), est le point où se ren-contrent la miséricorde de Dieu et la liberté de l’homme. Croire que Jésus est le Christ fait que nous naissons de Dieu. C’est le baptême qui authentifie cette si-tuation nouvelle. Tous les ans à Pâques, les chrétiens réactualisent cette Alliance que Dieu a conclue avec eux.
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Tous, nous sommes nés d’un homme et d’une femme ; nous avons reçu d’eux la vie, une vie originale. Le bébé qui vient de naître ne sait rien de son origine. Il ne demande qu’une chose : se nourrir et dormir. (Heureux celui qui n’en reste pas là tout au long de sa vie !) Il va construire son avenir à partir de l’éducation reçue des parents, des rencontres qu’il fait et aussi des images qui lui tombent sous les yeux dans la rue, ou par les médias. On dit que, dans les premières années de sa vie, le tout jeune enfant ne comprend rien mais qu’il absorbe tout.
L’adulte n’est la copie ni de ses parents ni de la société. Il a filtré ce qu’il accep-te et éliminé le reste. C’est avec chaque humanité concrète que Dieu cherche à faire alliance.
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Accepter d’être aimé de Dieu et répondre à cet amour entraîne une conséquen-ce : « Tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui. »
Ici, « celui qui est né de lui » c’est l’autre, le proche ou l’inconnu qui croit aus-si que Jésus est le Christ. Recevoir l’amour de Dieu me conduit à entrer en rela-tion avec tous ceux qui ont accueilli ce même amour.

Dans la diversité des âges, des cultures, des situations humaines, des responsabi-lités des uns et des autres, à quoi peut-on reconnaître ceux qui se disent nés de Dieu. St Jean répond : « Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses comman-dements. »

Mettre les exigences de Dieu dans le concret des responsabilités que chacun peut avoir, voilà la marque originale de la famille des enfants de Dieu. Les Actes des Apôtres disent la même chose : « La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avaient un seul cœur et une seule âme. »

Avant de rêver d’amener à la foi les multitudes qui n’ont jamais entendu parler de Jésus, Jean nous ramène, au début de ce temps de Pâques, sur la base de dé-part inévitable : la vie fraternelle.
Un vieux souvenir me revient : Une femme médecin et un ouvrier se préparaient au baptême pour la même nuit de Pâques. Chacun avait son groupe d’accom-pagnement et tout allait bien. Arriva le jour où tous les deux durent participer à une même célébration. La femme explosa. « Comment cela ! Etre à côté de quelqu’un qui ne vote pas comme moi ! Cela lui paraissait inimaginable.
« Tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui. » Un chemin difficile s’ouvrait devant elle. Elle mit du temps mais elle le parcourut. La fem-me médecin et l’ouvrier avaient un passé différent. La foi en Jésus Christ faisait que leurs routes se croisaient. Après le baptême, chacun allait retrouver ses responsabilités mais ils avaient désormais une attache commune : l’un et l’autre étaient nés de Dieu.

Jean pose une question et y répond : « Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » Quiconque croit que Jésus est le Christ, est capable de rencontrer des personnes qui partagent la même foi en étant situées différemment dans le monde d’aujourd’hui.

Une prière de l’Eglise dit ceci : « Dieu, qui as uni tant de peuples divers dans la même confession de ton nom, accorde à tous les baptisés d’avoir au cœur la mê-me foi et dans la vie le même amour. » (Jeudi, octave de Pâques)
Le jour où les chrétiens vivront fraternellement dans des situations humaines les plus diversifiées, le monde regardera l’Eglise avec étonnement et sympathie.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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