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136 3eDimanche de Pâques

3ème Dimanche de Pâques -B-

Actes des Apôtres 3,13-19

1 Jean 2, 1-5 Luc 24, 35-48

- Dimanche dernier, St Jean nous rappelait l’exigence de la vie fraternelle. Aujour-d’hui, il nous dit : « Soyons réalistes ! Nous sommes pécheurs. »
Cela, nous savons le dire au début de chaque Eucharistie : « Préparons-nous à la cé-lébration de l’Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs. »
Peut-on remarquer que dire cela en même temps que tout le monde, c’est un peu le dire devant personne. Personne ne nous regarde ! Aller le dire pour recevoir le sacre-ment de réconciliation, c’est plus difficile… et plus rare.

Au début de sa lettre, St Jean dit ceci (1 Jn 1,5) ; Dieu est lumière, et de ténèbres, il n’y a pas trace en lui.
Si nous disons : « Nous sommes en communion avec lui », tout en marchant dans les ténèbres, nous mentons et nous ne faisons pas la vérité. (…)
Si nous disons : « Nous n’avons pas de péché », nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. (…)
Si nous disons : « Nous ne sommes pas pécheurs », nous faisons de lui un menteur et sa parole n’est pas en nous.

Le texte d’aujourd’hui nous invite à ne pas nous décourager. Bien sûr, il est mieux de ne pas pécher mais puisque cela nous arrive, nous pouvons faire appel à un avocat.
Dans toute société humaine, il y a une distance entre l’avocat et son client. Aucun a-vocat n’a défendu un coupable en s’identifiant à lui et il n’a pas du tout envie d’aller en prison à sa place. Lui, Jésus, notre avocat, il a pris sur lui nos péchés, et pas seu-lement les nôtres mais ceux du monde entier.

Il reste une question : le péché, c’est quoi ?
Tout péché est comme une sortie de route, un dérapage dans notre relation avec Dieu, ce qui suppose que la relation existe. Celui qui n’a pas de relation avec Dieu n’em-ploiera jamais ce mot péché. Il parlera d’erreur, de faute… ce qui conduit à dire que le mot péché est un mot du vocabulaire chrétien.
Mais dans le monde d’aujourd’hui, comment démasquer notre péché ? Comment lui donner un nom ? Puisque nous faisons comme tout le monde, que pouvons nous dire à confesse ? Qu’est ce qui peut nous aider ?
*
Quand j’aborde un rond-point en voiture, si je veux savoir qui a la priorité (est-ce celui qui entre le premier ou celui qui roule le plus vite ?), je ne vais pas chercher la réponse dans un livre de recettes de cuisine. Et si je veux savoir comment réussir un œuf sur le plat, je ne vais pas chercher la réponse dans le Code de la route

Si je veux savoir comment me conduire devant Dieu, je ne vais pas consulter le Code Pénal de mon pays. Certes, ce Code va me dire ce que va me coûter mon délit mais ce qui est défendu dans un pays est permis dans un autre et ce qui défendu à une époque devient permis à une autre.
« Tes volontés sont vraiment immuables » dit un Psaume (92, 5). Les volontés de Dieu concernent tout homme, partout. Pour savoir comment me conduire devant lui, nous n’avons qu’un chemin : nous imprégner de sa Parole. St Jean dit ceci :
« Celui qui dit : ‘Je le connais’ et qui ne garde pas ses commandements est un menteur : la vérité n’est pas en lui.

« Je le connais ! ». Connaître, c’est autre chose que savoir. Toutes nos administra-tions savent beaucoup de choses sur nous. Elles ne nous connaissent pas pour autant. Pour connaître quelqu’un, il faut vivre avec.

Connaître Dieu, ce n’est pas seulement connaître des choses sur lui. Ce n’est pas a-voir été capable de réciter par cœur le catéchisme ; ce n’est pas être capable de faire des exposés sur ce que les savants de tous pays, à travers les siècles, ont pu raconter sur Dieu.

Connaître Dieu, c’est entrer en relation personnelle avec lui. C’est lui donner du temps gratuitement, c’est lui parler pour lui dire merci, pour lui raconter ce qui nous fait souffrir, nos misères et celles des gens que nous aimons.
Connaître Dieu, c’est vivre de telle façon qu’il ne soit pas gêné par ma présence et que je sois gêné par la sienne.
Connaître Dieu, c’est écouter ce qu’il dit, c’est donc fréquenter sa Parole, se laisser imprégner par elle.

S’imprégner de la Parole de Dieu, c’est peut-être tout simplement se laisser interpel-ler par quelques mots de l’une ou l’autre des lectures du dimanche, essayer de la re-tenir, l’introduire dans tous les lieux où nous vivons et dans les situations que nous traversons.
Si une Parole est accueillie dans notre cœur, elle va prendre racine et, à la longue, elle transformera notre vie ; elle sera comme une lumière et nous découvrirons notre com-plicité avec Dieu ou notre dérapage. Et nous pourrons nommer notre péché.

St Jean dit : « En celui qui garde fidèlement sa parole, l’amour de Dieu atteint en lui la perfection. »
Le critère d’une authentique connaissance de Dieu est la pratique de ses commande-ments, c’est-à-dire : aimer son prochain, devenir serviteur pour le faire grandir.

Le texte des Actes des Apôtres entendu ce matin peut nous mettre en garde : Pierre s’adresse à un peuple qui était gouverné par des spécialistes de la Parole de Dieu. Ils pouvaient en discuter indéfiniment et décider de ce qu’il fallait faire pour être en règle. Ils ont fourvoyé les gens et les gens ont condamné Jésus que Pierre décrit en trois mots : Il était serviteur de Dieu, il était saint et juste.
« Si nous confessons nos péchés, fidèle et juste comme il est, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute iniquité. » (1 Jn 1, 9)

Dès que nous nous reconnaissons pécheurs devant lui, il nous justifie et nous devenons des pécheurs pardonnés.
D. Boeton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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