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15e Dimanche A

10 juillet 2011

15ème Dimanche du T.O. –A-

Is. 55, 10-11 Rom 8, 18-23 Mat 13, 1-23

Dimanche dernier, St Paul invitait les chrétiens de Rome à ne pas vivre sous l’emprise de la chair mais "sous l’emprise de l’Esprit". Quand un homme choisit une nouvelle orientation dans sa vie, il espère naturellement un avantage.
Si les correspondants de Paul ont pu comprendre que leur choix allait leur permettre de vivre à l’abri des soucis, ils se trompent. Vivre sous l’emprise de l’Esprit ne va pas les propulser dans un pays de rêve. Les souffrances de leur temps ne leur seront pas épargnées. Mais, dit St Paul :
"J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous."

Les historiens savent évoquer les conditions de vie des gens au temps de St Paul. De quoi pouvaient-ils parler ? Des intrigues dans les couloirs du pouvoir, de la sécurité aux frontières, de l’insécurité dans les campagnes, des dangers d’incendies dans les villes, des épidémies, des maladies, des deuils dans les familles.
On ne remettait pas en cause la condition de vie des esclaves, ni le droit de vie et de mort du père de famille sur ses enfants.

Paul a connu lui-même les naufrages, les dangers des routes et des rivières ainsi que les agressions physiques. Il avait fait trois voyages en Asie Mineure. Il avait assez de relations pour savoir ce qui se passait ici et là dans l’empire.

Les chrétiens de Rome vivaient donc ce que vivaient les citoyens de l’empire mais ils constituaient un groupe de croyants à part. Tout jeune, ce groupe con-naissait l’enthousiasme et la fragilité des commencements. Etant les premiers d’une nouvelle génération de croyants, ils ne pouvaient bénéficier de l’expérience des ancêtres. Ils n’avaient pas une route à suivre mais une route à tracer.

L’Eglise de Rome était constituée de Juifs convertis, pas tout à fait détachés de la synagogue, et de païens convertis qui louchaient encore vers les idoles. Cet état de fait menaçait l’unité de l’Eglise et donc son existence.
Il faut ajouter à cela que les autorités commençaient à s’intéresser à cette nouvelle semence jetée dans les mentalités de l’empire, à ce groupuscule de citoyens pas tout à fait comme les autres. St Paul attire notre attention sur trois points :

1). A côté de l’insécurité qui vient de la méchanceté des hommes, il y a l’insécurité qui vient de la terre elle-même. Eruption des volcans, intempéries, tempêtes etc.
Mener une vie parfaite dans une création qui n’est pas parfaite est une parfaite illusion. Le bonheur d’un homme dépend aussi du bon état de la terre où il vit.

2). L’homme souffre à cause de la terre et la terre souffre à cause de l’homme quand elle est maltraitée. Mais St Paul dit : "La création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu."
Si dans la situation actuelle, la souffrance est inévitable, l’homme et la terre ont une destinée commune.

3). La création n’est pas un événement du passé. Paul la compare à un enfante-ment. Quand une famille accueille un nouveau-né, il y a bien sûr l’acte de la naissance. Cet acte est prolongé par tout le temps de l’éducation avec des moments heureux, le premier sourire, les premiers balbutiements, les premiers pas mais aussi les soucis. Petits enfants petits soucis, grands enfants grands soucis. Notre vie se déroule dans ce parcours de l’enfantement. Toute réussite, si mini-me soit-elle est un encouragement à persévérer.

La Prière eucharistique N° IV dit ceci :"Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes mais à lui qui est mort et ressuscité pour nous, il a envoyé d’auprès de toi comme premier don fait aux croyants l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le mon-de et achève toute sanctification." Se livrer à l’emprise de l’Esprit, c’est devenir acteur dans ce travail de restauration de l’homme et du monde. Un chantier gigantesque !
Rien n’avance sans l’espérance. L’espérance surgit au cœur de la souffrance.

Tant que l’espérance n’est qu’une idée, il ne se passe rien. On dit volontiers que la musique existe seulement quand elle est jouée. De la même manière, on peut dire que l’espérance existe quand un acte d’espérance est posé. Un acte d’espérance est comme une goutte de pluie ou un flocon de neige. Avec d’autres gouttes et d’autres flocons, elle apporte sa contribution au bien-être de la création.
Quand on espère dans une situation bloquée, on ne cherche pas le boulevard qui va changer les choses mais un petit sentier dans une forêt d’obstacles.

L’évangile nous fait regarder plusieurs terrains parcourus par le semeur. Notre vie n’est pas enfermée dans le statut d’un seul terrain. Tous les terrains se re-trouvent dans tel ou tel coin du cœur du même homme. L’acte d’espérance que nous posons trouvera bien un jour le chemin d’un terrain favorable où il donnera du fruit.

Une goutte de pluie, un flocon dans les nuages, un grain de blé dans un grenier n’ont pas d’avenir. Quand la goutte, le flocon et le grain pénètrent la terre, toutes les moissons sont possibles.

St Paul dit : "La création tout entière (...) passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. (...) Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps."

En regardant Jésus ressuscité, nous apercevons la fin de nos misères.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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