Accueil > Prier avec nous > Homelies > 15e Dimanche B

 

15e Dimanche B

15ème Dimanche du T.O. -B-

Pendant plusieurs dimanches, nous allons parcourir la lettre de Paul aux Ephésiens. Aujourd’hui nous en lisons les premières lignes.
La ville d’Ephèse se situe dans la Turquie actuelle. En face de la Grèce, c’était un port très actif. Paul y a fait deux séjours. Il y avait dans cette ville une communauté juive vivante et une communauté chrétienne qui aurait été fondée par des disciples de Jean-Baptiste, exilés de Palestine.
A partir d’Ephèse, Paul regarde dans deux directions : vers Jérusalem pour aider les victimes de la famine et vers l’Europe.
Sous l’impulsion de Paul, Ephèse va devenir une base de départ pour toutes sortes d’initiatives apostoliques qui dérangent. Les commerçants, qui vivent de la vente de statuettes dédiées aux déesses locales, voient leur chiffre d’affaire baisser. Paul est perçu alors comme une nuisance pour la prospérité économique. Des mouvements de foule aboutissent... à son arrestation !

Voilà donc Paul, prisonnier, paralysé dans son action. Et Dieu laisse faire ! Quand les contretemps s’accumulent dans notre vie, un cri nous échappe : S’il y avait un bon Dieu...etc ! Or la lettre aux Ephésiens commence par un cri de louange : „Béni soit Dieu !“
Est-ce que ce cri s’échappe parfois de notre coeur ? Quelle est la place de la louange dans notre prière ? De penser et de dire, au milieu de nos préoccupations, que Dieu est tout simplement Dieu, et que c’est bien comme çà, est-ce que cela nous arrive ? Souvent, Dieu n’est pour nous qu’une roue de secours. Nous nous adressons à lui quand nous en avons besoin. Pour le reste, nous le prions (si on peut dire !) de nous laisser conduire notre vie comme nous l’entendons.

La première chose que Paul, prisonnier, trouve à dire à ses correspondants, c’est donc „Béni soit Dieu !“ Des dieux et des déesses, il y en a tant qu’on veut dans les ma-gasins d’Ephèse. Paul précise donc de quel Dieu il parle. Il annonce partout, dans les synagogues et ailleurs, que Jésus, un juif crucifié, est ressuscité. Dieu est le Père de cet homme-là et cet homme-là est Christ, c’est à dire Seigneur : „Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ.“
Ce Jésus Christ est comblé des bénédictions de son Père et sa mission est de nous partager ces bénédictions : „Dans les cieux, il (Dieu le Père) nous a comblés de sa bé-nédiction spirituelle en Jésus Christ.“
Cette bénédiction spirituelle, c’est quoi ?
„Dieu nous a choisis, avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’a-mour, saints et irréprochables sous son regard.“
Chacun vit dans un monde qu’il n’a pas choisi. Dans ce monde, Dieu veut nous regar-der avec bienveillance. Pour cela, il nous veut à sa ressemblance.
Ressembler à Dieu n’est pas encore suffisant. La mission de Jésus est de faire de nous des fils de Dieu comme lui-même est Fils : „Dieu nous a d’avance destinés à deve-nir pour lui des fils, par Jésus Christ.“
De ces fils, il veut en faire un peuple. Pour aboutir à quoi ?
„En lui (en Jésus), Dieu nous a d’avance destinés à devenir son peuple ; car lui qui réalise tout ce qu’il a décidé, il a voulu que nous soyons ceux qui d’avance avaient espéré dans le Christ à la louange de sa gloire.“
Ceux qui d’avance. L’expression revient trois fois. Les chrétiens sont comme une avant-garde. De qui, de quoi ? Pour aller où ?
Le projet de Dieu dépasse notre imagination : „Dieu projetait de saisir l’univers en-tier, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre, en réunissant tout sous un seul chef le Christ.“

En prenant comme comparaison le débarquement de Juin de 1944 en Normandie, je comprends que les chrétiens sont comme la première vague d’assaut chargée de dé-miner le terrain, d’ouvrir des brèches pour libérer le monde de l’emprise du mal. Un travail à recommencer génération après génération. La foi n’est pas héréditaire.

Dieu ne peut pas réaliser son projet avec des gens complices du mal qu’il veut com-battre. Il commence donc par nettoyer le coeur de ceux qu’il envoie lutter contre le mal : „La grâce dont il nous a comblés en son Fils bien aimé, nous obtient par son sang la rédemption, le pardon de nos fautes.“
Autrement dit, c’est par nos vies continuellement réajustées à l’évangile que le mon-de d’aujourd’hui pourra être sensible à la libération que Jésus apporte.
*
Dans l’évangile, Marc nous présente justement Jésus qui appelle et envoie.
Quand nous prenons la route pour une absence de quelques jours, nous emportons u-ne valise, des vêtements, des provisions, de l’argent, sans oublier les papiers. Il serait imprudent de faire autrement.

Mais l’évangélisation, c’est l’affaire de Dieu. Toutes ces sécurités humaines que nous prenons sont nécessaires mais ce n’est pas la grosseur de la valise qui authentifie la mission, c’est le fait que nous sommes envoyés. Le prophète Amos, né dans le royau-me de Juda, n’a pas pris de lui-même l’initiative d’aller déranger les habitudes du prêtre Amazias dans le Royaume d’Israël. Il a été envoyé.
Ce n’est pas ce que nous avons qui fait avancer l’évangélisation, c’est ce que nous sommes.

Les sécurités humaines sont raisonnables mais elles n’ont aucun impact sur le succès de la mission. La seule chose que Dieu demande pour faire par nous son travail, c’est d’aller là où il nous envoie. Dans tout le fourbi que nous emmenons, une seule chose est prioritaire, ce qui facilite la marche : des sandales pour avancer et un bâton pour les moments de fatigue.
N’est fécond que ce qui favorise notre disponibilté et notre marche.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>