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16 juin 2013 - 11e Dimanche C

Je propose, ce matin, de mettre face à face deux paroles de Paul :

1). « Personne ne devient juste en observant la Loi »
2). « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

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1). « Personne ne devient juste en observant la Loi »

Les Juifs ont accepté La Loi de Moïse avec enthousiasme. Tous, plus ou moins, ils ont lutté pour y conformer leur vie. Tous, plus ou moins, ils ont triché mais de toute façon, la Loi a fait partie de leur quotidien. Et voilà que Paul, avec une tranquille lé-gèreté annonce : « Nous le savons bien, ce n’est pas en observant la Loi que l’homme devient juste devant Dieu. »

Un principe dit ceci : « Commander peu pour commander bien. » A l’origine, la loi tenait en dix paroles qu’on a appelées « les dix commandements de Dieu ».
« Observer la Loi ! » Est-ce rassurant ? Est-ce un piège ? D’après le dictionnaire, observer, c’est accomplir ce qui est prescrit. C’est faire ce qui doit être fait, de telle ou telle manière et dans un délai fixé.

Observer la Loi est souvent vécu comme une contrainte mais c’est aussi se mettre à l’abri car ne pas observer la Loi est un délit qui entraîne une sanction.
Parce que la dérive se faufile partout, ces 10 paroles sont devenues, avec le temps, 613 commandements, chacun étant devenu l’objet de multiples commentaires soute-nus par des spécialistes chevronnés.

Autrefois, dans les paroisses, on entendait ce genre de réflexion : « J’ai été baptisé, j’ai fait ma première communion, j’ai été confirmé, je me suis marié à l’église, je vais à la messe le dimanche. J’ai tout eu et j’ai fait tout ce qu’il fallait faire. Je n’ai rien à me reprocher. »
Ces affirmations rassurantes génèrent comme un certain malaise. Se contenter de fai-re tout ce qu’il faut pour être en règle conduit les membres d’une société à n’avoir entre eux que les relations sèches.
Que penser d’un couple, où chacun, chaque matin relirait le contrat de mariage pour rappeler à l’autre ce qu’il doit faire : « C’est ton tour de donner le biberon ! »
Un homme qui se contente d’observer n’est pas créateur ; il devient passif.

La Loi remplit la fonction des poteaux indicateurs sur nos routes. Celui qui passe sa vie à regarder les poteaux indicateurs n’ira pas très loin. La loi de Dieu est un chemin à parcourir pour entrer dans l’Alliance.

La Loi a été utile pour structurer le peuple de Dieu, lui donner une identité, le distin-guer des autres peuples.
Elle devait être un chemin pour faire connaître le Dieu unique aux autres peuples qui allaient forcément s’étonner de la qualité de vie de ce peuple, de sa prospérité et de son harmonie.

2). Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi

La Loi n’a pas éveillé dans les autres peuples le désir de découvrir le Dieu unique. Au contraire, elle a conduit sur la Croix Jésus de Nazareth, qui était dans concret de sa vie sa vie l’exacte traduction de la Loi de Dieu.
En enfermant la Loi dans le juridisme, la Loi a fait surgir la haine.
La loi devait conduire l’homme à Dieu mais l’homme a mis la main sur la Loi, et Dieu est resté sur la touche.
Au lieu d’être centré sur Dieu, la Loi se centrait sur l’homme.
Paul écrit aux Ephésiens (2, 14) : « Jésus a fait tomber les murs de la haine en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. »

Autrefois Paul était habité par la Loi. Et il a persécuté les chrétiens.
Maintenant, il dit : « C’est le Christ qui vit en moi. »
Il ne s’agit plus pour lui de naviguer entre les écueils d’un règlement mais de suivre une personne vivante.
La loi tourne désormais autour de deux axes : Aimer Dieu et aimer son prochain.

Le Christ est (si on peut dire !) le contemporain de l’éternité de Dieu et il est en même temps le compagnon de vie de tout homme qui veut bien le suivre.
Jésus homme libre nous apprend à être libres.
Aimer n’est pas une question de sentiment mais une question de volonté

D.Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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