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16e Dimanche C

16ème Dimanche du T.O. – C-

Genèse 18, 1-10 Colossiens 1, 24-28 Luc 10, 38-42

On peut s’offrir un petit plaisir en entrant dans une pâtisserie. La visite d’un voisin peut faire grand plaisir. Le plaisir, c’est l’affaire d’un moment.
Chacun peut remarquer que les spots publicitaires invitent à la recherche du confort, d’un plaisir. Je n’en connais pas qui parlent de la joie. La joie, c’est autre chose que le plaisir ; elle n’est pas une affaire d’argent. Elle habite la profondeur d’une vie. Elle suppose une raison de vivre, ce qui veut dire une raison de se battre avec l’es-pérance d’obtenir le résultat souhaité. La joie peut cohabiter avec l’épreuve.

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Après sa rencontre sur le chemin de Damas, Paul sait que Jésus de Nazareth a été res-suscité par Dieu et qu’il est lui-même Fils de Dieu. Il a donné sa vie à cet homme, Jésus, qui a été condamné par les hommes et il est prêt à supporter les inconvénients de son choix. Quand il écrit aux Colossiens, il est en prison. Il pourrait étaler son a-mertume … Il écrit : « Je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair. »

Paul est devenu un éveilleur et un éducateur de la foi au Christ. Son choix de lui don-ner sa vie est personnel mais son entreprise n’est pas individuelle. Aux Corinthiens (1. 15,9), il écrit qu’il n’est pas digne d’être appelé apôtre mais devant les Colossiens il revendique d’être ministre de l’Eglise. Cela veut dire que l’Eglise lui a donné un travail à faire. Comment décrit-il son travail. ? J’ai retenu deux expressions :

1). « La charge que Dieu m’a confiée, c’est d’accomplir pour vous sa parole. »
« Accomplir sa Parole ». Il s’agit pour Paul de rendre visible, aussi parfaitement que possible par sa manière de vivre, la Parole de Dieu. Il veut vivre comme Jésus a vécu en Palestine avec les gens qui croisaient sa route. Paul n’est pas comme le facteur qui n’a pas à s’intéresser au contenu du courrier qu’il apporte. Le travail de Paul est de faire en sorte que la parole de Dieu le transforme, lui d’abord, pour que les autres aient envie éventuellement de transformer la leur.
La Parole de Dieu continue de travailler le monde. Quand des hommes entreprennent de vivre à la manière de Jésus, ils savent qu’ils connaîtront et les joies et les souffrances de Jésus.
Ils savent aussi que le compagnonnage de Jésus ne leur fera jamais défaut.

2). « Nous instruisons tout homme avec sagesse afin d’amener tout homme à sa perfection dans le Christ. »
Tout homme, quel que soit sa race ou sa condition humaine a le droit de savoir qui est Jésus. Le but de Paul n’est pas de devenir le chef d’une nouvelle religion et de recru-ter le plus possible d’adhérents. Il veut aider chacun à réaliser le projet que Jésus a sur lui. Cela lui demande d’être personnellement témoin de l’Evangile et respecter la liberté de son interlocuteur. A celui qui suit Jésus, il faut demander l’effort qu’il peut faire. Dans ce genre d’entreprise, il faut du discernement et de la sagesse.

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Un navire en construction ne sait rien des océans qu’il aura à traverser, des bonnes conditions météo et des tempêtes qu’il devra affronter, de l’équipage et des passagers qu’il aura à son bord. Le souci des constructeurs, c’est de le rendre apte à faire face à toutes les situations qu’il pourra rencontrer.
Les baptisés, les éducateurs de la foi, les parents peuvent se laisser interroger par la parole de Paul. Sont-ils construits pour aider les autres à se construire ?

De toute façon, un baptisé qui essaie de vivre l’évangile se démarque de son entoura-ge. Il pose question. On peut avoir envie de le suivre ou de le neutraliser.

Eduquer est passionnant. Il y a des moments heureux et des moments difficiles. Toute entreprise d’éducation rencontre des obstacles. Ce qui fait tenir bon c’est la convic-tion qu’il restera quelque chose.

Les éducateurs de la foi n’ont pas à transmettre leur manière de vivre, si évangélique soit-elle. Ils doivent permettre aux enfants, aux adultes qu’ils ont en charge de dé-couvrir personnellement les exigences de l’évangile et de répondre à leur vocation propre. L’objectif est de leur donner une structure chrétienne et donc humaine qui leur permette d’avoir des repères de vie devant un avenir plein d’incertitudes.

Les parents sont toujours sur le qui-vive. Ils peuvent se dire qu’ils n’ont pas tout réus-si… et qu’ils n’ont pas tout raté. Evidemment, ils ne doivent pas vivre le contraire de ce qu’ils demandent à leurs enfants.

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Le Ps 14 pose une question qui a traversé les siècles : « Qui entrera dans ta maison, Seigneur ?... Les réponses ont gardé leur pertinence. En voici quelques unes :
Celui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur. Il met un frein à sa langue, ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain… Il n’accepte rien qui nuise à l’innocent.’

Plus récemment, un sage indien, Rabindranath Tagore (1861-1941) a écrit ceci :
Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie.
Je m’éveillai et je vis que la vie n’était que service.
Je servis et je compris que le service était la joie.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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