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17e Dimanche B

29 juillet 2012

17ème Dimanche du T.O. -B-

Des Juifs mettaient leur espérance dans la pratique minutieuse de la Loi et des non-juifs, dans la bienveillance des idoles. Un jour, ils ont été sensibles au message de Paul et leur vie a changé. Le projet de Paul n’était pas de donner …
…aux juifs, une information sur le nouveau visage de Dieu révélé par Jésus Christ,
…et aux païens, une information sur un nouveau Dieu.
Il voulait ensemencer, dans le cœur des uns et des autres, la Parole de Dieu pour qu’elle transforme leur existence.

Devenir chrétien, c’est d’abord se mettre à l’écoute de la Parole d’un Dieu qui veut faire Alliance, non pas avec des individus, mais avec un peuple. Entrer dans l’Al-liance, c’est prendre sa place dans le peuple qui prend la route avec Dieu.
Etre juste devant Dieu est impossible. Un continuel travail de conversion est néces-saire et ce travail se fait à partir du concret de chaque existence, … un concret qui n’est pas choisi. Accepter d’être interrogé par cette Parole fait découvrir la distance qui existe entre ce que Dieu dit et ce je vis.

Dans la lettre aux Ephésiens, Paul a donc officialisé une situation concrète nouvelle : les Juifs et les non-juifs devenus disciples de Jésus Christ font partie du même peu-ple. Comment faire cohabiter des gens qui ne peuvent pas se supporter ? Ils doivent regarder l’avenir : « Votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance »
Le but ne peut être atteint qu’ensemble. En effet : « Il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous qui règne au-dessus de tous par tous et en tous.”
Ce Dieu règne. Personne n’échappe à sa puissance. Ce Dieu est Père. A personne, il ne refuse sa miséricorde.

Il s’agit donc d’entrer dans ce peuple, l’Eglise. A partir de là, tout reste à faire. La foi est une relation personnelle avec Dieu, mais cette relation nous fait rencontrer tous ceux qui ont pris la même route que nous. Chaque approche de Dieu a sa couleur originale. Le cheminement de l’un peut être différent du cheminement de l’autre mais les chemins ne peuvent pas être divergents car Dieu n’est pas contradictoire. Se cou-per des autres croyants, c’est se couper de Dieu.

Le chrétien ne choisit pas qui mérite de répondre à l’appel de Dieu. Quiconque ré-pond à son appel devient pour le chrétien un frère ou une sœur. Il faut faire avec ! Les relations entre chrétiens ne sont pas régulées par la sympathie ou un code de bien-séance. Elles ont leur source dans le fait qu’ils croient au même Dieu révélé par Jésus Christ.

Voilà donc à Ephèse, des juifs et des non juifs dans la même Eglise. Tout les opposait et ils doivent vivre en harmonie pour que le monde s’interroge sur la source de leur u-nité. Ce n’est pas gagné d’avance. Qui peut effacer son passé ? Qui peut garantir qu’il ne regardera jamais en arrière ?
Si juifs et non-juifs, devenus disciples de Jésus, passent leur temps à s’observer et à discutailler, ils vont se neutraliser, peut-être s’écharper, et la jeune Eglise va se des-sécher avant d’avoir commencé de vivre.
On peut mesurer maintenant la justesse du propos de Paul. “Je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu”

Dans sa prison, dans une situation humainement difficile à vivre, Paul reste en lien avec le Christ.
Dans une situation humainement difficile à vivre, les chrétiens d’Ephèse doivent é-tablir des liens entre eux. Sur la route à parcourir, chacun aura sa part de poussière à avaler, sa part de soleil et d’intempéries à supporter. Le défi, c’est de continuer. L’E-glise vit quand elle marche.

Sur la route, il y a des étapes. Certaines nous remettent en forme. D’autres nous sé-duisent si bien qu’on ne veut pas aller plus loin.
Il est important de prendre la route et de la reprendre sans cesse. Il faut suivre… et suivre fidèlement. Des paroles d’encouragement doivent être dites avec fermeté et bienveillance. Quiconque prend cette route a besoin d’être encouragé.

Pour tenir la route, il faut avoir dans son sac quelques bonnes provisions : Paul fait l’inventaire : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur, de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. »
Humilité, douceur, patience… voilà des mots qui sentent bon les Béatitudes.

Humilité ! Essayons d’exercer nos responsabilités dans la vérité et de la manière la plus humaine possible.
La douceur ! Dans les débats ou les conflits, essayons de maîtriser nos premières réactions.
La patience ! J’aime toujours me reporter à ces quelques lignes que l’Eglise propose pour la fête de St Benoît.
« La patience ! Consentir à toujours commencer, traduire en patience le désir du Royaume. Pouvoir être trahi sans cesser de croire aux hommes.’

Conclusion. La situation de la jeune Eglise d’Ephèse nous pose quelques questions : Avons-nous des relations de foi avec d’autres chrétiens ? Ces relations sont elles sé-lectionnées, occasionnelles, structurées ?
Avons-nous des lieux de rencontres où nous pouvons dire où nous en sommes sur la route du peuple qui chemine avec son Dieu ?

Au fil des siècles, l’Eglise est toujours en face du même défi : rassembler des gens qui ne se ressemblent pas et les faire cheminer avec Jésus vers Dieu.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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