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18e dimanche C- Colossiens 3,1-5.9-11

2ème lecture du 18e dimanche C *

Colossiens 3/1-5.9-11

1 Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui
est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ;
2 c’est en haut qu’est votre but, non sur la terre.
3 Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu.
4 Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.
5 Faites donc mourir ce qui en vous appartient à la terre : débauche,
impureté, passion, désir mauvais et cette cupidité, qui est une idolâtrie. […]
9 Plus de mensonge entre vous, car vous vous êtes dépouillés du vieil
homme, avec ses pratiques,
10 et vous avez revêtu l’homme nouveau, celui qui, pour accéder à la
connaissance, ne cesse d’être renouvelé à l’image de son créateur ;
11 là, il n’y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare,
Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous.

*/A propos de cette lecture /* :

Paul avait affirmé avec force dimanche dernier que nous sommes déjà des ressuscités avec Christ. Il est le sacrement originel qui se révèle dans le mystère pascal. Tout part de lui, tout aboutit en lui.

Donc il n’y a pas à attendre davantage, nous avons à vivre tout simplement en ressuscités comme Christ. C’est grâce à la révélation extraordinaire que Christ nous a faite : il nous partage et nous fait vivre avec lui son mystère pascal.
Son mystère pascal de mort-résurrection il ne le vit pas pour lui seul mais il le vit avec les croyants et désormais les croyants peuvent vivre, partager le mystère de leur souffrance-mort avec lui, en lui.

Qohélet nous avait invité à considérer la futilité des réalités terrestre, Paul ne nous pousse pas dans le mépris de celles-ci mais nous apprend à vivre selon ce que nous sommes devenus : des terriens certes mais avec nos racines et notre avenir « en haut » cad dans le Christ ressuscité.

Donc dit Paul , si nous aspirons à partager la vie des puissances célestes, si nous désirons tirer notre énergie, désormais c’est du Christ mort-ressuscité que nous allons la tirer.
De par notre baptême nous participons intimement à la mort-résurrection du Christ (v 1-5). Celle nouvelle vie entraîne nombre de conséquences, un changement radical de vie une transformation de nos comportements.

Il donne les conséquences de cette vie nouvelle : « cherchez ce qui est en haut… » : ce sont les réalités d’en haut qui vont devenir prioritaires dans notre recherche et donner sens à notre vie. Ce n’est pas un refus, un mépris des réalités terrestres mais il est important de les situer dans notre parcours de baptisés dont la vie a été complètement transformée par ce que nous sommes devenus en Christ.

La vie du chrétien est comme une union indissoluble avec le Christ. On pourrait résumer ces quelques versets par l’affirmation : « Le chrétien est un réveillé d’entre les morts ». Ce qui ne paraît pas pour autant « évident » car nous ressentons cette tension entre les bons terriens que nous sommes et restons et l’appel reçu.
Le chrétien se définit par sa foi, par le baptême dans le Christ mort-ressuscité.
Par sa foi et le baptême le croyant est « soustrait aux éléments du monde », v.2.20, aux forces spirituelles du monde.

Libéré par le Christ le croyant peut « rechercher les choses d’en haut » les réalités célestes, celles que Jésus a non seulement révélées mais auxquelles il s’est lui-même référé, qui ont été au cœur de son agir.

Le Christ est le prototype de l’homme nouveau : il vit dans son corps les réalités du ciel, pleinement d’en haut jusqu’à l’extrême, sans jamais être divisé entre les deux.

Cette vie nouvelle en Christ, ne peut se développer qu’en faisant mourir en nous le péché. (v5)

Le chrétien n’a jamais fini de mourir : pour vivre pleinement de la vie du Ressuscité, de son agapè, il doit faire mourir en lui toute forme de mensonge, débauche, impureté, passion, désirs mauvais…

Alors que Paul nous avait précédemment dit que tout était déjà réalisé, en fait il reste une tension entre ce qui est déjà fait et ce qui reste à faire. Notre « être chrétien » n’est pas encore pleinement manifeste. Nous restons immergés dans le monde des réalités terrestres.
Nos vieilles articulations – nos membres ! - subsistent en nous. Les baptisés ne seront pleinement accomplis que dans la connaissance plénière du Christ. Nous sommes ressuscités avec Christ mais il faut devenir ce que nous sommes.

Pour résumer, on pourrait distinguer trois éléments dans le texte de ce dimanche.
Les versets 1-5 : les conséquences du baptême, qui est participation à la résurrection du Christ en commençant par une mort.
« Pour le moment notre participation à la vie du Christ reste cachée, mais elle se découvrira en toute sa splendeur lors de la manifestation du Christ » Cah Evangile 82 p 31. Ce texte est à comparer à Ph 3,20 :
« Car notre cité, à nous, est dans les cieux, d’où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de tout soumettre à son pouvoir ».
Dans l’intervalle, dans l’attente, le chrétien demeure tourné vers « ce qui est en haut, là où se trouve le Christ » ce qui change radicalement toute son existence. Etre tourné vers les choses d’en haut c’est à dire les réalités célestes révélées par le Christ et que les évangélistes
nous ont laissées. C’est en étant orienté vers le Christ que désormais notre vie a du sens.

Le second élément, v 5-9  : il s’agit des réalités qui ne sont plus compatibles avec la vie de baptisé.
« Faites mourir en vous.. » est traduit dans la bible de Jérusalem par « mortifiez donc vos membres terrestres ». Le chrétien mort au péché, tourné vers les réalités d’en haut, n’en a jamais fini de conformer sa vie avec celle du Christ puisqu’il est appelé à être transformé en un
être spirituel à l’image du Christ. C’est dans le concret de la vie qu’il meurt pour vivre une vie de résurrection.
Le chrétien se définit par sa foi en Christ ressuscité, que nous pouvons appeler « l’homme nouveau ». Le baptisé, mort à une certaine manière de vivre antérieure à sa conversion est appelé à participer à la vie nouvelle du Christ. Le « vieil homme » est mort en nous par la grâce du Baptême, l’homme nouveau est en train de naître non seulement en nous personnellement mais au sein de la communauté faite des membres de son Corps, l’Eglise.
En quoi consiste la nouveauté de cet homme nouveau ?
Paul donne une liste d’actions qui ne sont plus compatibles avec l’état de baptisé. On retiendra seulement le mot « cupidité », qui sera repris par Luc dans l’évangile d’aujourd’hui, et que Jésus dénonce comme la source de l’égarement de cet homme qui est centré uniquement sur
lui-même et exprimé par les « moi-je » successifs. C’est pourquoi Paul la qualifie d’idolâtrie, un culte de soi-même au détriment de tout ce qui existe en dehors de « moi ».

La troisième partie, v 9-11
, énonce les changements radicaux qu’entraînent « la mort du vieil homme » et qui se manifestent non seulement par des attitudes négatives mais aussi une orientation vers un progrès incessant qui va jusqu’à la reconnaissance et l’unité entre tous les hommes et tous les peuples. Devenir ce que nous sommes….
« Ne vous mentez plus les uns aux autres » : va plus loin que dire des mensonges, se tromper mutuellement c’est l’hypocrisie qui rend la vie de communauté impossible et la tue. On sait comment les Actes ont relevé la gravité du mensonge de Saphyr et Ananie.

Grégoire de Nysse disait « en matière de vertu, nous avons appris de l’Apôtre que la perfection de celle-ci n’a qu’une limite, celle de ne point en avoir ».
« Le but à viser c’est une connaissance plus affinée de la volonté de Dieu en devenant de mieux en mieux image de Celui qui est par excellence l’image de Dieu » Cah Evang 82 p 31.
« Il n’y a plus ni.. »Les grandes oppositions qui déchirent le monde qu’elles soient de type religieux ou culturel ne peuvent plus être de mise. Notre adhésion à l’évangile et au Christ entraîne un combat pour l’unité entre les hommes et entre les peuples. Devenus vivants en
ressuscités, dans le Christ qui est tout en tous et principe de l’unification de toute l’humanité, nous voilà entraînés nous aussi dans cette marche.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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