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1er Dimanche Avent C

2 décembre 2012
1er Dimanche de l’Avent -C-

Jérémie. 33,14-1 1 Thessaloniciens .3, 12- 4,2 Luc 21,25-28, 34-36

Paul a écrit à la communauté chrétienne de Thessalonique.
Thessalonique, au temps de St Paul, c’était quoi ? C’était un port qui était en même temps la capitale de la province romaine de Macédoine, dans la Grèce actuelle. L’ac-tivité du port et la présence d’un réseau routier important, favorisaient l’activité commerciale, le brassage de populations diverses et donc la circulation des marchan-dises… et des idées. La Parole de Dieu se plait dans les carrefours. A Thessalonique, elle pouvait trouver une bonne base de départ.

Tous les courriers que nous pouvons écrire sont motivés par un événement ou une si-tuation. Que s’est-il passé à Thessalonique ?
Les païens étant des hommes religieux, Paul, Sylvain et Timothée ont profité de tou-tes leurs rencontres pour parler de Jésus et ils ont naturellement rencontré à la syna-gogue la colonie juive.
Résultat : Des juifs, des Grecs (non-juifs) et bon nombre de femmes de la haute société (Actes 17, 3-4) accueillirent leur message et une communauté chrétienne prit naissance. Elle manifesta tout de suite une certaine vigueur. (Une foi active, un amour qui se met en peine et une espérance persévérante, (1,3).
Pour les païens, qu’un nouveau dieu tente sa chance sur le marché des religions ! Quelle importance ! Mais la communauté juive se sentit menacée. Une forte opposi-tion s’organisa. Paul, dénoncé comme ennemi de l’empereur, dut quitter précipitam-ment la ville. Il se refugia à Bérée, puis passant par Athènes, il arriva à Corinthe, très inquiet de ce qui pouvait se passer à Thessalonique. Impatient de savoir, il charge Ti-mothée d’aller s’informer. Il revient avec de bonnes nouvelles et Paul réagit à chaud. Et voici la 1ère lettre aux Thessaloniciens qui est le premier écrit chrétien connu.

Que dit le passage que nous avons entendu, ce matin ? On peut d’abord noter deux choses :
1). Paul ne se met pas en vedette. Il est fortement engagé au service du Seigneur mais il sait, au fond de lui-même, que toute démarche authentique d’évangélisation est d’a-bord l’œuvre du Seigneur.
2). Les chrétiens de Thessalonique n’ont pas à se soucier de plaire à Paul. Leur pré-occupation doit être d’avoir une conduite qui plaise à Dieu.

Avoir une conduite qui plaise à Dieu, voilà la chose importante. Paul donne deux re-pères… qui peuvent nous être utiles au début d’une nouvelle année liturgique.
« Que le Seigneur vous donne entre vous et à l’égard de tous les hommes, un a-mour de plus en plus intense et débordant comme celui que nous avons pour vous. »
Deux périls menacent en effet la jeune Eglise de Thessalonique :
1). La division interne, la naissance de clans, le désir de dominer qui peut gagner tel ou tel. Paul s’est fait du souci pour les nouveaux disciples de Jésus. Eh bien ! Que ces nouveaux disciples se fassent aussi du souci les uns pour les autres.

2). Le repli de la communauté sur elle-même qui fait qu’elle se barricade pour se protéger des attaques des juifs et se trouver bien entre soi.
Paul invite donc les chrétiens à s’ouvrir au monde hostile qui les entoure. Leur amour mutuel ne doit pas rétrécir leur horizon. L’amour du Seigneur s’adresse à tous les hommes y compris à ceux qui vous font du mal. Vous avez des difficultés de rela-tions ? Aimez davantage !

Le mot amour est devenu tellement ambigu qu’on peut se demander de quoi Paul veut parler. Etant donné ce que les chrétiens de Thessalonique vivent, on peut penser que Paul leur demande deux choses que nous pouvons entendre aujourd’hui :
1). Etre capables de supporter les désagréments provoqués par les Juifs devenus a-gressifs.
2). Etre capables de supporter l’ironie ou le manque d’attention des païens.

Mission difficile. Pour aimer tous les hommes, quels qu’ils soient, il faut avoir le cœur enraciné dans l’amour du Christ qui n’a jamais exclu personne.
Il faut être « établi fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints. »

Pour savoir comment se conduire dans une situation particulière, Paul invite à garder l’œil fixé sur l’avenir. Ce regard peut aider à bien se situer dans les difficultés journa-lières.
Notre monde, ces temps-ci, traverse plusieurs tempêtes à la fois. Le mariage pour tous, l’avenir de l’Europe, la crise économique… entre autres. Et on entend des con-signes du genre : Il faut garder le cap !
Pour garder le cap, il faut en avoir un. Chaque vie humaine, chaque association, chaque entreprise doit avoir un projet et se donner les moyens de l’atteindre. Il faut avoir un cap. Encore faut-il qu’il soit bon !

Pour vivre cette nouvelle année liturgique, Paul nous en propose un : « Un jour, le Seigneur viendra avec tous les saints. » Un jour, il rassemblera tous ceux qui ont ai-mé leur Eglise, leur communauté et tous les hommes.
Les Thessaloniciens étaient sur la bonne voie. Paul s’en réjouit et leur dit quelque chose comme « Il ne vous reste qu’à persévérer. Jusqu’à quand ? Jusqu’au retour du Christ. » C’est ce projet de Dieu qui donne sens à toute vie chrétienne.

Nous pouvons commencer notre année liturgique avec un verset du Ps 24 :
« Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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