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1er Dimanche de Carême A

1er Dimanche de Carême -A-

Gen. 2,7-9 ; 3,1-7 Rom. 5, 12-19 Mt 4, 1-11

Notre génération a voulu vivre mieux que la génération précédente. Elle veut au moins conserver les avantages acquis. Elle a profité des nombreuses découvertes de son temps. Elle en découvre maintenant les limites, les inconvénients, les déviations.
Notre génération a dit qu’elle voulait donner à la génération suivante un avenir encore meilleur. Mais elle sait que les générations à venir paieront nos aveuglements et nos négligences.
Chaque génération respire l’air de son temps, un air qui est toujours enjolivé par des promesses et pollué par des mensonges. Il y a du mal dans l’air.
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Dimanche dernier, nous avons vu saint Paul diviser l’humanité en deux, les juifs et les païens, pour conclure qu’ils étaient tous pécheurs. Si tous les hommes partout et tou-jours dérivent, c’est qu’il y a dans l’humanité, dans chaque personne humaine comme quelque chose d’inachevé.

Chaque vie nouvelle sur la terre est comme la naissance d’un nouveau monde. A l’origine du monde, il s’est passé ce qui se passe au début de chaque vie humaine.
Très tôt, dans mon enfance, j’ai su sourire et aussi pleurer, bouder, désobéir, mentir et me mettre en colère, etc. Personne n’a eu besoin de m’apprendre. Je savais !
Comment expliquer ?

Personne n’a le souvenir de ses origines mais chacun veut savoir ce qui s’est passé. Chaque culture élabore un récit pour se donner une explication.
En disant que "par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde et par le péché est venue la mort" saint Paul s’appuie sur un récit des origines du monde élaboré au cours des siècles par son peuple.

Les juifs exilés en Chaldée connaissaient les récits de l’origine du monde de la cul-ture chaldéenne et ils avaient sous les yeux la splendeur des jardins de Babylone.
L’auteur du Livre de la Genèse utilise les matériaux littéraires de cette culture chal-déenne et aussi des souvenirs de son peuple : Dieu a proposé une Alliance. Le peuple l’a acceptée... et toujours trahie !
A partir de cet état de fait, le Livre de la Genèse délivre un message original. Il racon-te la première rupture de l’homme avec Dieu

C’est donc avec les lunettes de l’Alliance que le peuple de Dieu regarde ses origines.
Dieu ne veut pas avoir avec l’homme une relation de dominant à dominé mais une relation de partenaire, ce qui suppose que chacun exerce sa liberté.
Comment la créature peut-elle exercer sa liberté à l’égard de son créateur ?
Dieu a créé l’homme libre, ce qui veut dire que la liberté est dans la liste des choses créées. Elle n’est pas parfaite. Elle est inachevée.

Ce qu’on raconte d’Adam est notre histoire. Notre confiance en Dieu est-elle cotée comme les entreprises en Bourse ? Les avaries qui abîment notre vie écornent-elles notre confiance en Dieu ? En face de Dieu, avons-nous un parti-pris de confiance malgré le soupçon qui est toujours à l’affût pour empoisonner notre vie.

Faire alliance avec Dieu, c’est accepter de recevoir, alors que l’homme veut construire sa propre vie à sa manière, par ses propres forces.
Cette attitude fut celle d’Adam. C’est la nôtre.

Nous n’avons pas choisi de vivre à notre époque. Chacun déroule sa vie dans un con-texte qu’il n’a pas choisi. Il traverse parfois des situations dramatiques qu’il ne maî-trise pas. Mais chacun participe à l’écriture de sa propre vie.
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Le temps des Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), fut un temps de débroussaillage dans la relation de Dieu avec l’homme
Quand Dieu donna la loi à Moïse, les chose devinrent plus claires,... au moins en théorie. Le péché était clairement désigné et sanctionné mais le cœur de l’homme restait toujours tordu.

Vint alors Jésus. Il n’eut pas une existence à l’abri des difficultés de _ son temps.
Pendant 30 ans, avec Joseph et Marie, il a vécu le quotidien de son peuple avec les journées banales, les fêtes religieuses, les événements locaux de Nazareth.
Il a connu les tracasseries des publicains venus à l’atelier percevoir les impôts, il a en-tendu les arguments de ceux qui s’opposaient à l’occupation romaine et les arguments de ceux qui voulaient collaborer.
Un jour, il s’est lancé dans la vie publique avec une parole libre à l’égard de quicon-que. Il a malmené des scribes et des pharisiens et il a admiré la foi d’un centurion de l’armée romaine.

Sa liberté, (sa prise de distance vis à vis du péché) s’est affichée lors de son affrontement au désert avec le démon. Son union indéfectible à son Père lui donnait assez de lumière et de force pour détecter et déjouer les pièges.
A la fin de sa vie, il ne tomba pas dans le piège tendu par Judas. Il donna sa vie.

Jésus ressuscité, c’est la création de l’homme achevée. Jésus nous partage cette huma-nité nouvelle.

Après une longue explication difficile à suivre, Paul résume sa pensée :
"Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie."

Jésus, Fils de Dieu, a été pleinement homme et pleinement juste. Ce qui est inachevé dans l’homme reçoit par lui son épanouissement.

Faire alliance avec Dieu, c’est accepter de recevoir.
Jésus, le Fils, n’a fait que cela : recevoir de son Père et rendre grâce.
S’exercer à recevoir, c’est un chemin pour sortir du péché. C’est un programme pour le Carême.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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