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1er Janvier -Fête de la Mère de Jésus- Journée de la paix.

Homélie 1er Janvier 2013- Vœux

C’est la vierge Marie qui nous introduit dans cette nouvelle année 2013, elle nous ouvre la porte qui va vers son Fils.
Il est bon de contempler cette scène évangélique des bergers à la crèche. Nous sommes concernés. Il y a Marie et les bergers. Ces derniers, hommes incrédules, sont devenus croyants et conquis par ce qu’ils ont vu ; ils racontent l’annonce étrange reçue en pleine nuit alors qu’ils gardaient leurs troupeaux et comment, lors de leur visite à la crèche, ils ont découvert le Sauveur et les anges qui les accompagnaient. Ils ne tarissent pas de paroles et de louanges. Marie, elle, est silencieuse ; elle garde tous ces événements dans son cœur pour en découvrir progressivement le sens et la portée.

Nous avons coutume de présenter des vœux de bonne santé et de bonheur.
Quelle signification leur donner, sinon offrir des vœux de la part du Seigneur ? Le Seigneur nous souhaite tout le meilleur pour notre vie dans la situation que connaît notre pays ; situation qui n’est pas unique car elle est universelle : les pays pauvres en ressentent le contrecoup d’une manière plus brutale encore.

Comment vivre en chrétien dans cet aujourd’hui ?
En ces temps qui sont les nôtres et qu’on nous annonce maussades, il est bon de relire l’Apocalypse
Que nous est dit-il avant tout ? Que ce temps c’est le temps du Seigneur, il lui appartient et rien de ce qui se fait et se passe sur cette terre ne lui est étranger. Le Seigneur est au cœur de notre histoire, et de la vie de chacun de nous. Le premier acte de foi de cette année sera de croire qu’Il est le cœur de notre vie et que chacun de nous est dans sa main. Donc nous ne devrions avoir aucune crainte

N’a-t-on pas annoncé tout dernièrement la fin du monde et la venue des derniers temps ? Ceux qui le pensent ont sans doute des motifs de le croire… Non, le temps n’est pas encore arrivé : c’est ce que nous dit le Christ dans les derniers chapitres des évangiles et l’Apocalypse l’appuie disant : c’est la fin d’un temps sans doute et le début d’un autre temps, d’une autre période. Le Christ nous dit : quand ces événements arriveront il ne faut rien craindre : ils doivent arriver.

Quelle est la bonne nouvelle du Seigneur pour cette année et ces temps qui arrivent ? Comment dans la foi vivre ce « demain qui arrive et va bouleverser beaucoup de choses » ? Il ne nous est pas possible de rester indifférents car elles vont nous toucher jusque dans notre chair, dans nos habitudes, dans notre mode de vie. Nous le pressentons et nous risquons, pris par le pessimisme, la rancœur, la critique, le regret du passé, d’en remettre la responsabilité à ceux qui nous dirigent.
Les premiers chrétiens vivaient des situations semblables. Le Christ leur avait laissé un message, sachant que de telles situations allaient se produire et risqueraient de les ébranler.

Que faire ?

Il faut reconnaître que nous avons une ‘(mauvaise) habitude de ne jamais être satisfaits, de ce que nous sommes et avons. Désir justifié certes ; seulement, dans le domaine de l’avoir et du bien-être, nous avons tellement pris l’habitude du plus qu’il n’a finalement plus de limite. Concernant notre bien-être, nous nous sommes habitués d’un plus sans fin. Lorsque « ce plus » n’est pas satisfait nous « grognons ».
Nous sommes devenus, d’éternels insatisfaits.
Paul lorsqu’il s’adresse à ses fidèles, les invite à se contenter de ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont. Cette demande nous choque lorsqu’il s’adresse de cette manière aux esclaves et les invite à se satisfaire de leur état, de bien vivre ce qu’ils ont à vivre, dans ce que le Seigneur leur donne. Non pas que Paul prône l’esclavage, mais c’est sans doute pour l’instant le meilleur pour eux. En ce temps-là il y avait un statut d’esclave qui était reconnu pas une législation qui protégeait les esclaves.
Se contenter de ce que nous avons, de ce que nous sommes au plan matériel, c’est la condition pour être heureux ; et pleinement heureux même grâce à notre foi au Christ N’est-il pas notre trésor ?

Ne vivons-nous pas au delà de nos moyens et ne sommes-nous pas arrivés à un point de saturation ?
Les injustices sont bien présentes et criantes : nos systèmes les ont engendrées et, d’une manière ou l’autre, nous en sommes complices même si c’est inconscient.
Une majorité de notre planète vit en dessous du minimum vital et dans des conditions parfois infra-humaines. Combien de personnes ne trouverions-nous pas tout près de chez nous, dans nos villes et villages, sans aller dans les pays lointains moins favorisés ? Les voyons-nous ? Notre situation de crise, va nous obliger à les considérer, et voici que nous sommes invités à devenir solidaires de ces personnes : tel est l’appel du Christ.
A la lumière de notre foi nous savons que toute crise est une chance : elle permet des interrogations, stimulent la recherche de solutions nouvelles. Elle est une chance pour nous dans la mesure où nous ne nous laissons pas aller au fatalisme, à la critique, à la plainte, mais un tremplin pour chercher non seulement des solutions mais aussi nous remettre en question.

Et regarder autour de nous.
Comprendre que les plupart des difficultés ne sont pas de l’ordre de l’avoir et des ressources mais de l’ordre de l’être, de la façon de concevoir sa place dans l’univers et de donner sens à sa vie, de s’en sentir responsable ; de se montrer solidaire de la vie des autres.
Oui, ce temps de crise déjà présent est l’occasion de redécouvrir les vraies valeurs qu’on avait tendance à oublier : l’occasion de réinventer un avenir meilleur en réveillant en nous l’espoir, la fraternité, l’amour, la solidarité entre nous et avec les victimes de notre système.
Cet avenir meilleur est à notre portée, c’est à nous de le construire, nous en sommes responsables. (Et nous ne pouvons incriminer personne du mal être de la société.)
Toute crise comporte une chance, c’est cette chance que nous devons saisir : la chance de nous réinventer un avenir meilleur, créé sous d’autres bases : fraternité, amour, solidarité. Si nous regardons combien d’initiatives existent déjà dans nos paroisses, nos villages, même si elles ne sont pas toutes d’initiative chrétienne, elles existent. Nous avons à les visiter, à les répertorier car elles sont le levier du futur
Tout autour de nous un tel monde germe déjà, ne le voyez-vous pas ?

Le Seigneur est à l’œuvre, il nous appelle à regarder ce qui germe et nous invite à nous associer à son œuvre. N’oublions pas que c’est LUI qui est à l’œuvre…
Voilà le changement que nous pouvons apporter au monde : lorsque quelqu’un pleure que nous puissions nous trouver à ses côtés ; lorsqu’un pauvre passe devant notre porte nous puissions le regarder et lui porter un regard d’amour. Lorsque nous sommes au cœur de la violence que nous puissions apporter une parole de paix, de douceur, de miséricorde, un appel au pardon. Lorsque nous sommes au cœur de l’injustice que nous puissions la crier, la dénoncer et être auprès de ceux qui la subissent.
Alors oui le monde nouveau sera une réalité bien concrète, ce monde nouveau que le Seigneur attend mais ne désire pas faire sans nous.
Voilà notre bonheur pour demain ; il ne sera plus fait à l’aune, à la mesure des choses que nous allons acquérir pensant qu’elles feront notre bonheur et qui jamais ne nous apaiserons…
Voilà ce que le Seigneur nous souhaite : vivre pleinement notre vie de baptisé, de fils de Dieu, enfants du Père, totalement remis entre ses bras de Père, certains qu’il ne nous abandonne pas, même au creux des difficultés les plus grandes. Dieu ne fait rien sans nous, sans notre collaboration.
Voilà un nouveau champ pour vivre le commandement du Seigneur qui ne sera plus théorique.
_Tel est le bonheur que le Seigneur désire pour nous : celui des béatitudes au cœur de notre vie de tous les jours. « Bienheureux les pauvres, bienheureux les doux, les patients, les miséricordieux. »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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