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1er dimanche de carême - Romains 10,8-13

2ième lecture : Romains 10/8-13

8 Que dit-elle donc ? Tout près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur. Cette parole, c’est la parole de la foi que nous proclamons. 9 Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. 10 En effet, croire dans son cœur conduit à la justice et confesser de sa bouche conduit au salut. 11 Car l’Ecriture dit : Quiconque croit en lui ne sera pas confondu. 12 Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juif et Grec : tous ont le même Seigneur, riche envers tous ceux qui l’invoquent. 13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

A propos de cette lecture :

_ Au début de ce carême on s’attendrait à trouver quelque chose qui nous polarise davantage sur nos « efforts » de carême. Et voilà que Paul nous dit que l’attitude à avoir durant ce temps c’est celle de la foi qui sauve : « si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé ».
En Jésus, justice et salut n’ont plus de rapport avec la Loi. La confession de foi sincère est le moyen privilégié pour recevoir justice et salut. Ici est proclamé le salut du croyant indépendamment de tout bonne œuvre et de tout rite. Voilà qui recentre le sens du véritable carême.

Il ne faut pas oublier que l’Ancien Testament identifiait la justice de l’homme à l’observance de la Loi, une sorte de principe de légalisme.
Cependant des textes attestaient déjà qu’une telle justice de la Loi est vaine.
Déjà dans l’Ancien Testament, dans le livre de la Genèse on trouve qu’Abraham crut en Yahvé et Yahvé lui imputa en justice. La Lettre du Paul aux chrétiens de Rome s’adresse à une Eglise qui connaît des tensions graves entre chrétiens d’origine juive, toujours très attachés à la Loi, à leurs traditions et les chrétiens d’origine païenne, des convertis pour qui la Loi n’a pas la même valeur ni le même sens historique et religieux. Ce n’est pas tant l’attachement à des principes sacro-saints qui les sauvera, même si cet attachement leur donne bonne conscience.
Ce qui sauve, c’est l’attachement à Celui qui vous sauve gratuitement. Paul sait de quoi il parle, lui l’observant féroce de la Loi, persuadé de la justification par les bonnes œuvres.

Pour prévenir une rupture éventuelle dans la communauté, entre ceux qui sont attachés aux prescriptions de la Loi et ceux qui croient dans le Christ ressuscité, Paul affirme qu’il y a égalité entre les chrétiens qu’ils soient juifs ou d’origine païenne et il leur écrit : « ne croyez surtout pas que c’est la Loi qui vous sauvera. » C’est à partir de la foi qu’ils sont égaux et non à partir de la Loi. « C’est la foi qui sauve ». La Loi n’ajoute rien à leur être de chrétien, de disciple du Christ. C’est sur lui qu’ils doivent se centrer et s’ajuster.

Le salut, il ne faut pas aller le chercher bien loin mais au contraire il est tout près de la Parole que est dans ta bouche, dans ton cœur. (v8)
Il sait maintenant que c’est la foi qui rend proche la Parole de Dieu : une Parole qui est celle de quelqu’un et celle Quelqu’un, le Christ. Une Parole tellement proche de nous qu’elle nous donne accès à Dieu.
La foi dit l’Apôtre, est d’abord faite d’une parole écoutée, ensuite d’une adhésion du cœur à cette parole et enfin d’une confession publique de cette adhésion.

La foi c’est croire en Jésus-Christ, Seigneur, que Dieu a ressuscité des morts. C’est lui, le Christ, qui rend Dieu tellement proche de nous et nous rend proches de Lui.
C’est par cette foi que nous sommes sauvés, par la foi en Christ en qui nous sommes déjà ressuscités avec lui.
Le salut ne dépend donc pas de nos origines, ni de nos pratiques aussi saintes soient-elles, ni d’observances de principes juridiques de la loi mais de notre foi en Jésus Christ et Seigneur : donc pas de discrimination entre juifs et païens.
Seule notre foi nous ajuste à la justice de Dieu et nous fait vivre de son Esprit.
Si la justice venait de nos actes nous pourrions nous en glorifier : non la justice vient de la foi (v 6) non en un Dieu lointain mais tout proche qui a mis sa Parole dans notre bouche et dans nos cœurs.
Le converti, qu’est l’Apôtre, atteste que notre justification n’est pas obtenue par l’observance de principes juridiques de la loi qui ne pourraient nous conduire qu’à une auto-justification ! Seule notre foi au Christ Jésus peut nous ajuster à la justice de Dieu, qui est Amour. Mais encore il s’agit de vivre la foi qui s’exprime, se solde par des actes, fruits du don gratuit de Dieu, source de toute richesse et de tout don.

Ce qui importe c’est de croire ce que Dieu fait pour nous sauver et vivre en conformité avec sa Parole. « Quand on a profondément adhéré à la foi, quand le cœur est gagné, les lèvres parlent et les mains agissent. Tout devient simple dès qu’on saisit bien cet enchaînement de salut : « si ton cœur croit ». Le salut, la sainteté ce n’est pas une performance mais un accueil. La chance des saints, c’est d’avoir compris qu’ils n’auraient des choses à faire, l’envie de les faire et la force, qu’à partir de leur regard sur Dieu « qui est généreux envers tous ceux qui l’invoquent » ( A. Sève, « Saisis par le Christ » p 50).

Tout comme la première lecture de ce dimanche, le texte de l’Apôtre est une profession de foi. Et pour ce faire Paul applique ce que le Livre du Deutéronome dit à propos de la Thora à la personne de Jésus Christ ressuscité, vivant par-delà la mort.
Par la résurrection, Dieu a établi Jésus Seigneur. Aucun texte, que ce verset 9, ne pourrait mieux « montrer la place centrale de la Résurrection dans le message chrétien et indiquer toute la dimension religieuse de cet événement unique de notre salut » Gatzweiler.

En quoi ce texte peut-il nous mettre en route au seuil de cette Sainte Quarantaine ? Nous célébrons cette montée vers Pâques en raison de notre foi en Christ et non pas au nom d’une loi qui de toute façon ne nous sauve pas. La loi oriente l’humain vers lui-même en faisant appel d’abord à son propre agir. La foi est une confiance faite à l’amour d’un Père, une remise entre les mains du Seigneur. Il ne nous est pas demandé de monter avec Christ vers les solennités pascales à la force de nos poignets mais de nous laisser pénétrer par la Parole de Dieu pour toujours mieux y adhérer et, en vivre dans la vie de tous les jours.
L’adhésion de foi au Ressuscité s’épanouit et se traduit dans le quotidien par des actes conformes à Celui en qui nous avons mis toute notre foi. Sans ceux-ci notre foi resterait morte et risquerait d’être hypocrite. Il faudra vérifier si ce que notre bouche proclame est en accord avec notre vécu.
La célébration de Pâques sera ainsi la célébration d’un événement du passé mais aussi et surtout une libération, une résurrection toujours actuelle à vivre dans l’épaisseur de notre existence, à travers et dans une relation personnelle avec le Christ mort-ressuscité.

Cette libération par la foi au Christ Seigneur est désormais offerte sans discrimination par le Seigneur de tous ceux qui l’invoquent, tant grecs que juifs. ( v 12-13)
Pour l’invoquer il suffit d’écouter sa Parole et de mettre en lui sa foi,. Voilà tout un programme pour nous mettre en route durant ce temps de Carême.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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