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2 Thessaloniciens 2,16-3,5

2 Thessaloniciens 2,16-3,5

16 Que notre Seigneur Jésus Christ lui-même et Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné, par grâce, une consolation éternelle et une bonne espérance,
17 vous consolent et vous affermissent dans tout ce que vous faites et tout ce que vous dites pour le bien.
3:1 Au demeurant, frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, qu’elle soit glorifiée comme elle l’est chez vous,
2 et que nous échappions aux hommes méchants et mauvais : car tous n’ont pas la foi.
3 Le Seigneur est fidèle : il vous affermira et vous gardera du Mauvais.
4 Pour vous, nous en sommes persuadés dans le Seigneur : ce que nous vous ordonnons, vous le faites, et vous continuerez à le faire.
5 Que le Seigneur conduise vos cœurs à l’amour de Dieu et à la persévérance du Christ.

Pour Jésus, la Résurrection n’est pas le prolongement de cette vie-ci, elle transforme le ressuscité dans une vie radicalement nouvelle qui n’a aucune ressemblance avec la vie que nous connaissons.
Jésus argumente avec un texte de la Loi : au temps de Moïse, le Seigneur se présente comme le Dieu des patriarches morts depuis des siècles, c’est donc qu’ils sont vivants auprès de lui, ressuscités.

Ce passage de la troisième section de l’épître (2,13-3,15) « est formée de petites unités. Pas de doctrine générale, pas de raisonnement. Des prières de recommandations, des demandes…Mais comme il arrive souvent en ces cas, l’arrière plan doctrinal est dense et riche. » B. Rigaux
Dimanche dernier Paul exhortait les chrétiens de Thessalonnique –dont certains attendaient le retour du Christ comme imminent- à ne pas courir à la recherche du merveilleux et ne pas se laisser séduire par les faux prophètes.
Au verset 15, qui précède immédiatement la péricope de ce jour, Paul encourage maintenant les chrétiens de la communauté de Thessalonique, pour la plupart convertis du paganisme. Les sachant en danger, il se souvient des difficultés que lui-même y a rencontrées, elles venaient en majeure partie de l’intégrisme des judaïsants et l’avaient obligé à abréger son séjour. Act.17, 1-10. Paul les encourage vivement à tenir bon. Il les appelle à la persévérance dans l’attente du Jour du Seigneur. Cet appel s’adresse à nous aussi, aujourd’hui.
La persévérance n’est pas comme trop souvent on l’imagine une affaire de volonté-volontariste pour aller jusqu’au bout, mais c’est la grâce à accueillir de Celui qui est fidèle.
C’est Lui qui donne le réconfort : « laissez-vous réconforter par notre Seigneur Jésus-Christ […] et par Dieu notre Père, lui qui […] nous a toujours donné réconfort ».
C’est lui qui affermira leurs cœurs : « Jésus Christ et Dieu notre Père…qu’ils affermissent votre cœur […] « le Seigneur …vous affermira et vous protègera du Mal. »
Cette persévérance, il faut la demander dans la prière les uns pour les autres : « nous prions continuellement pour vous » écrivait Paul dimanche dernier, « priez aussi pour nous, frères » écrit-il aujourd’hui.

Le verset 2, 15 qui précède cet extrait, lui donne sa couleur : « tenez bon ! gardez fermement ce que vous ai transmis » Le mot clé de ce passage est sans doute « affermir ».
Paul exhorte avant tout à la fidélité dans la foi. Il ne s’agit pas d’un effort volontariste, c’est pourquoi il met en vive lumière la force de la prière communautaire pour la diffusion de la foi et il souligne particulièrement que le projet de Dieu à l’égard des croyants est la source dont tout découle.

1. Prière pour le réconfort et l’affermissement spirituels v.16-17

Au v.15, Paul a exhorté les chrétiens de Thessalonique à « tenir bon et à garder les traditions reçues » : il s’agit pour eux à s’en tenir à l’enseignement qu’il leur a donné et demeurer solidement dans l’Evangile qui leur fut annoncé, sans se laisser abuser par de prétendues vérités. L’insistance était utile à la suite des rumeurs venant d’illuminés pris par une préoccupation maladive de la Parousie. Ils annonçaient la venue imminente du Seigneur et se retranchaient dans la passivité se prétendant dispensés de tout engagement temporel et prétextant que le monde est tellement corrompu qu’on ne pourra le changer et qu’il suffit donc d’attendre la fin. Comment les Thessaloniciens pourront-ils être fidèles dans leur foi, fermes dans l’espérance sinon grâce à celui qui, seul, est fidèle : Dieu ? Ce dont les chrétiens ont besoin c’est de courage et de force : il faut les demander à Dieu dit Paul, c’est de Lui qu’on les reçoit. Telle est la prière de Paul. Il est intéressant de noter que la prière s’adresse simultanément au Père et au Christ, cad à l’unique source divine d’où vient la grâce demandée. C’est dans le Christ et le Père qu’ils trouveront la stabilité de leur foi et la persévérance. Cependant c’est bien au Père que Paul attribue l’élection et la prédestination des chrétiens : « Dieu qui nous a aimés », « Dieu qui vous a choisis » : l’élection, (2,13). « Dieu qui nous a donné réconfort et joyeuse espérance », (2,13) « depuis toujours », (2,16) : la prédestination au bonheur.

_2, 16, la formulation révèle une théologie qui situe Jésus plutôt du côté de Dieu que des hommes…
« Que Dieu qui vous nous a aimés, parachève son œuvre en donnant consistance à notre personnalité et en nous permettant de produire les fruits de la conversion qu’il a opérées en nous.
« Qu’y a-t-il de mieux pour rester fermes dans notre foi que nous sentir responsables de la foi des autres ? ». Gatzweiler.K dans Paroles sur le chemin p. 462
C’est bien pour l’affermissement de leur foi que Paul prie. Dieu leur a donné la foi, c’est encore lui qui leur donnera réconfort, espérance et persévérance. Il leur reste à s’ouvrir au don de Dieu, à sa sollicitude. Aussi Paul exhorte-t-il à prier pour que la Parole continue sa course dans les cœurs, le sien et celui de tous les hommes.
Paul a conscience de la vocation des chrétiens et de la perspective de la récompense.
C’est cette conscience d’être appelés qui va donner le sens et l’orientation à la prière qui suit : il demande le réconfort et l’affermissement de la foi. Ce sont des grâces déjà accordées mais dont il demande la prolongation afin que les Thessaloniciens persévèrent dans le bien.
Entre l’élection et la glorification finale, il y a le temps, c’est dans le déroulement de la vie chrétienne, par les fruits qu’elle produit, que va se traduire le dynamisme de la foi.
Il est important d’assurer le réconfort cad le soutien de l’Esprit Consolateur d’où nous vient la force de la persévérance.
Les croyants pourront tenir, persévérer grâce à cet appui de réconfort pour être armés de constance et d’espérance joyeuse.
Réconfort en vue de l’affermissement des Thessaloniciens qui risquent de s’égarer et se laisser détourner. Donc il est important de demander cette fermeté dans la foi afin de résister aux tentations, mais surtout en vue de la réalisation du « faire et dire de bien ».
L’affermissement n’est pas pour lui même mais toujours doit s’épanouir en actes, devenir un « agir » qui authentifiera sa véracité.
C’est Dieu qui aime, qui est l’auteur du réconfort et de l’espérance, c’est lui qui peut nous affermir dans la foi, une foi agissante. Il ne demande aux fidèles que de s’ouvrir à sa sollicitude si constante.
On perçoit le souci pastoral de Paul pour ses communautés : il sait ce dont elles ont besoin et le demande instamment dans la prière, le fait demander dans la prière.

2 Demande de prière pour la diffusion de l’Evangile. 3,1-2

3,1 « que la Parole du Seigneur poursuive sa course, qu’on lui rende gloire
3,2 « priez pour que nous échappions à la méchanceté des gens…car tout le monde n’a pas la foi »
La première intention de Paul porte sur l’Evangile lui-même et la seconde sur le secours que Paul attend dans les difficultés apostoliques.
On peut admirer la métaphore de la course appliquée à la Parole : elle doit courir partout. Elle court dans les cœurs où elle fait son œuvre et n’a jamais fini
Cette image est chère à Paul : il compare la diffusion de la Parole aux courses des jeux du stade : La Parole doit se répandre sans tarder, « courir » jusqu’au bout du monde. C’est la Parole qui doit se couvrir de gloire et non Paul. S’il demande de prier c’est qu’il reconnaît celui qui est la source de cette Parole : toute croissance dépend de la Source. Il ne s’agit pas de courir soi-même mais que Dieu fasse grâce, laisser courir la Parole….sans s’opposer.
La seconde intention concerne sa propre délivrance : Paul rencontre à Corinthe des difficultés de la part de Juifs qui ne lui épargnent rien ; c’est pourquoi il dit que la foi n’est pas donnée à tout le monde. C’est ainsi qu’il explique les mauvais traitements dont il est victime.
Il est conscient que le conflit entre le bien et le mal ne peut que croître avec la proximité de la parousie. Il ne refuse pas l’adversité, mais il espère, avec la grâce, en réchapper chaque fois que Dieu l’accordera.

3.Exhortation et souhait 3-5

Le thème de la fidélité, vu en 16-17, est ici répété, enrichi.
« Le Seigneur est fidèle » : c’est une conviction de Paul – en contradiction avec le verset précédent qui fait remarquer que beaucoup ne sont pas fidèles – et donc il en souffre, en est victime.
« Toute cette partie de la lettre est dominée par la figure victorieuse du Christ-Seigneur » B. Rigaux.
« Le Seigneur est fidèle, lui il vous affermira et vous protègera du mal ».
Quoiqu’il en soit, Paul est convaincu, il a pleine assurance dans le Seigneur et il invite ses chrétiens à cette même assurance ; eux aussi seront affermis et préservés du Mal.
La force du Seigneur n’est-elle pas dans tout croyant ? La confiance de Paul n’a rien d’humain, elle se fonde uniquement sur le Seigneur qui est fidèle, et n’est que fidélité.
Une fin magnifique : « que le Seigneur vous conduise à l’Amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ » : c’est un souhait qui est une prière.
L’amour dont il s’agit ici n’est pas l’amour du chrétien envers Dieu, mais celui de l’amour de Dieu pour l’homme. C’est par la médiation du Christ que les chrétiens vont bénéficier de cet amour.

Ce passage nous situe dans un projet évangélique d’annonce de la Parole au monde.
Jésus est toujours à l’œuvre : c’est son projet, c’est Lui qui en est l’origine et l’accomplissement.
Cette BN nous ouvre un avenir sans limite, à découvrir sans cesse.
Nous entrons, nous sommes dans ce projet, où nous devons laisser courir la Parole en nous
Mais aussi prier pour qu’elle atteigne tous les cœurs, les extrémités du monde…
Prier pour que la Parole ne soit pas enchaînée, qu’elle féconde le zèle des envoyés…
Réconfort….et affermissement : sont donnés mais à demander dans la prière, face aux forces du Mal.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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