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20 janvier 2013 - 2e Dimanche

2ème Dimanche du T. O. -C-

Parmi les non-juifs répandus sur toute la terre, il y avait des gens qui ne croyaient à aucun dieu mais la plupart étaient religieux. A Corinthe, comme dans beaucoup d’au-tres villes, on célébrait le culte d’un dieu grec, Dionysos.
Ce Dionysos était le dieu de la joie de vivre, le dieu de l’enthousiasme et du délire. Il était le dieu de l’ivresse heureuse. C’est dire qu’il y avait de l’ambiance dans les cé-lébrations du culte.
C’est avec cette empreinte culturelle que des non-juifs de Corinthe ont découvert Jé-sus Christ. Dans les célébrations chrétiennes, il leur était naturel de manifester leur bonheur à leur manière. Mais les chrétiens d’origine juive avaient aussi des dons particuliers concernant par exemple la prophétie ou le parler en langues. Une sorte de concurrence s’établit. Jusqu’où ne pas aller trop loin dans la surenchère ?

La situation devenait parfois difficile à contrôler. Devant l’ambiance des célébrations chrétiennes à Corinthe, Paul est amené à donner quelques repères. Il fait d’abord un état de la question : « Vous le savez bien : quand vous étiez païens, vous étiez entraî-nés sans contrôle vers des idoles muettes. C’est pourquoi je vous le rappelle. Si l’on parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, personne ne dit ‘Jésus est maudit’ ; et per-sonne n’est capable de dire : ‘Jésus est Seigneur’ sans l’action de l’Esprit Saint. »
La foi en Jésus, Christ, est le repère qui permet d’éclairer les situations.

Les célébrations à Corinthe interrogent nos célébrations. Que vient-on y chercher ? Entre une ambiance débridée et une célébration sinistre, il y a de la marge.
Aujourd’hui, nous jugeons facilement la qualité d’une célébration à l’ambiance. On se sent bien quand il y a de l’ambiance ! Mais qu’en est-il de la qualité de la relation personnelle avec Dieu, par Jésus Christ ?

A partir des célébrations chrétiennes à Corinthe, Paul évoque ce qui fait le quotidien de toute communauté. En entendant parler des dons, des fonctions et des activités, nous pensons à ce qui fait la vie interne d’une paroisse. Pourquoi ne pas essayer de penser diocèse ? C’est l’unité de base de l’Eglise.

Les dons évoquent les capacités particulières des uns et des autres. Quand nous sui-vons une formation, nous savons dire que tel intervenant a le don de l’enseignement. Quand il parle, il nous donne l’impression d’être intelligents parce que nous compre-nons ce qu’il dit et il nous ouvre à des perspectives nouvelles. D’autres ont le don du contact avec les non-chrétiens. D’autres ont le don de l’organisation. D’autres sont habiles de leurs mains.
Nous savons dire aussi que d’autres ont le don de nous exaspérer… ce qui met en œuvre notre capacité d’endurance et de patience.

Les fonctions évoquent les ministères comme la responsabilité pastorale, l’animation de groupes, comme les aumôneries, les équipes liturgiques… etc.
D’autres évoquent les différents services qui doivent être rendus dans tout groupe hu-main y compris dans la communauté Eglise : la propreté des locaux, la comptabilité, le suivi des travaux quand ils sont nécessaires.

Les activités évoquent les initiatives. Certaines sont régulières comme les rencontres organisées par les mouvements d’Action Catholique, les journées paroissiales, la Galette des Rois ; d’autres sont ponctuelles pour réagir devant tel ou tel événement.

Ce que dit Paul nous encourage à affirmer que tout diocèse, même s’il connaît une grande pauvreté, a tout ce qu’il faut pour assurer sa mission. La pauvreté financière ou la pauvreté en personnels nous empêche peut-être de réaliser nos désirs qui, aux yeux de Dieu, pourraient être improductifs.

Les dons de l’Esprit ne sont pas épuisés. Ils sont à la disposition des baptisés pour qu’ils fassent ce qui convient à l’évangélisation aujourd’hui. Il faut donc détecter les personnes et les appeler à mettre leurs dons au service des autres.
Il y a quelques dizaines d’années, un spécialiste de la pastorale disait : « En Mayenne, quand un service est demandé, les réponses peuvent se regrouper sous trois titres : « Je n’ai pas le temps. » - « Je n’ai jamais fait ça ! » - « Je ne saurai pas faire. »
Conclusion, S’il n’y a personne pour rendre les services, les services ne seront pas rendus. Les commentaires seront alors unanimes : « Chez nous, il ne se passe rien. »

Le texte dit que les dons viennent du même Esprit ; les fonctions du même Seigneur ; (Il s’agit de Jésus) ; les activités viennent de Dieu (Il s’agit du Père). Paul souligne ainsi, sans employer le mot, que la Trinité est au travail dans l’Eglise.
Les dons ne se contredisent pas. Les fonctions s’harmonisent et les activités sont coordonnées. Ce qui amène Paul à conclure :
« Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. » Donc, chacun est doué pour ceci ou pour cela. Il n’y a pas de don inutile même si certains sont extrêmement discrets. Selon l’expression convenue, ceux qui ont des responsabilités plus repérables n’ont pas à se mettre au balcon pour se regarder passer. Mais tous peuvent mettre en activité un don qui ne fait pas de bruit : ne pas dénigrer systéma-tiquement ceux qui font ce qu’ils peuvent là où ils ont été envoyés.

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Au mariage de Cana, il y a eu quelque part une incompétence. L’intervention de Jésus ne répare pas un manque embarrassant. Il n’a pas engagé des négociations avec le maître du repas. Il s’est adressé aux serviteurs dans les cuisines. Grâce à leur disponibilité discrète, Dieu a pu donner avec largesse de quoi célébrer la plus belle des alliances : celle de son Fils avec l’humanité.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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