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20e Dimanche A

-# 14 août 2011

20ème Dimanche du T.O. –A-

Is. 56 1. 6-7 Rm. 11, 13-15. 29-32 Mt 15,21-28

Le texte de la lettre aux Romains lu aujourd’hui a été amputé d’une manière impor-tante et c’est ce qui a été enlevé qui a retenu mon attention. Paul raconte une fable qui met en scène deux oliviers. Je la reprends à ma manière. (Rom. 11, 16…)
Il était une fois un olivier cultivé et un olivier sauvage. Au fil du temps, la plupart des branches de l’olivier cultivé revendiquèrent leur indépendance. Elles refusèrent la sève de leurs racines. Elles décidèrent par elles-mêmes de ce qui était bien et de ce qui était mal. Arriva ce qui devait arriver : elles se desséchèrent.
Le jardinier remarqua alors dans les environs un olivier sauvage. Pour voir comment les choses allaient se passer, il prit quelques branches de l’olivier sauvage et les gref-fa sur l’olivier cultivé à côté des quelques branches qui restaient. Et la greffe réussit. Dès lors, la même sève alimenta les branches de l’olivier cultivé et de l’olivier sauva-ge.
Naturellement, celles-ci étaient heureuses de leur sort avec le risque d’en venir à mé-priser les branches desséchées.
St Paul remarque que dans la situation nouvelle où elles se trouvent, les branches greffées de l’olivier sauvage seraient bien avisées de se mettre en tête deux choses :
1). Elles peuvent elles aussi devenir malades et 2). Si les branches de l’olivier sauva-ge peuvent être greffées sur l’olivier cultivé, les branches malades de l’olivier cultivé peuvent être guéries, si elles acceptent d’être à nouveau greffées sur leur arbre d’ori-gine.
*
Avec cette fable, Paul raconte d’une manière schématique ses relations avec le peuple juif. Solidaire de sa race, il s’est toujours adressé en priorité, au cours de ses voyages, aux communautés juives. Il s’est heurté à un refus.
Les Juifs se disaient fiers d’être de la descendance d’Abraham. Il y avait eux et tous les autres ! Ils ont oublié une chose : pour faire partie du peuple de Dieu, il ne suffit pas d’avoir du sang juif dans les veines.
Sont descendants d’Abraham tous ceux, juifs ou non, qui accueillent la parole de Dieu adressée à Abraham et entrent dans l’Alliance.
Des Juifs ayant refusé d’entendre la Parole de Dieu, Paul s’est adressé aux païens qui l’ont accueillie.
C’est parce que des branches de l’olivier cultivé se sont séparées de l’arbre que l’idée est venue de greffer des branches d’olivier sauvage sur l’olivier cultivé.

Ces branches de l’olivier sauvage ne doivent pas oublier une chose : ce n’est pas la branche qui porte la racine ; c’est la racine qui porte la branche. C’est la racine qui fait vivre la branche et pas l’inverse. Un arbre vaut ce que vaut sa racine. C’est la racine qui pourrait manifester sa fierté

Les païens méprisés par les Juifs pourraient maintenant être tentés de faire le fier ! Ils restent fragiles. Qu’ils ne se croient pas les meilleurs ! Qu’ils veillent à rester fidèles ! Si les branches de l’olivier sauvage nouvellement greffées viennent à être contami-nées elles aussi, elles seront coupées également. St Paul dit : « Si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus

Quelques observations :

1). Dans l’Eglise, la spécialisation dans un ministère ne doit pas conduire au mépris des autres formes de ministère. Paul s’est consacré à l’évangélisation des païens. Il ne méprise pas les Juifs. Il serait même fier d’en ramener quelques uns au sein de l’Alliance. « Ce serait la gloire de mon ministère. »
La sève de l’Alliance, capable de nourrir la culture juive est capable aussi de nourrir en les respectant toutes les cultures de par le monde, à travers les siècles.

2). Il restait des branches saines dans l’olivier cultivé. Il y a toujours eu dans le peu-ple de Dieu des Juifs restés fidèles à l’Alliance. Depuis le prophète Isaïe (au 8ème s. av. J.C.°), on les appelle « le petit Reste ».
Aujourd’hui, la racine est toujours là, la sève circule toujours. Sommes-nous une des branches restées reliées à la racine ? Sommes-nous en attente d’être greffées à nouveau ? Sommes-nous dans le fagot des branches mortes ?

3). Aucun jardinier professionnel n’aura jamais l’idée de greffer à nouveau des bran-ches malades sur un arbre sain. Dieu n’est pas un jardinier comme les autres. Il est capable de guérir ce qui en notre vie n’est que branche morte et de lui redonner inlassablement une chance.
Les branches de l’olivier cultivé qui ont été coupées peuvent aussi être greffes à nou-veau sur l’arbre d’origine. Autrement dit rien, n’est gagné pour les branches de l’olivier sauvage. Rien n’est perdu pour les branches de l’olivier cultivé qui se sont laissé contaminer.

4). Spontanément, nous réduisons ce que Dieu demande à ce que nous désirons. Or, nous n’avons pas à dicter à Dieu notre parole ; nous avons à accueillir la sienne. Elle interroge sans cesse notre conduite.
Les infidélités du peuple d’Israël ont été pour les païens l’occasion de bénéficier de la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde peut s’exercer aussi à l’égard d’Israël. Par des chemins différents tous les hommes se sont trouvés loin de Dieu. Dieu offre à tous sa miséricorde.
Dans sa lettre aux Ephésiens Paul a écrit (Eph. 2,14… 16) : « C’est lui (Jésus) qui est notre paix. Des deux, Israël et les païens, il fait un seul peuple(…) Il a voulu ainsi, à partir du Juif et du païen, créer en lui un seul homme nouveau.. »

Dans le passage de sa lettre aux romains lu aujourd’hui, St Paul dit simplement : « Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables » C’est notre réponse qu’il faut sans cesse vérifier. Si nous sommes infidèles, lui, reste fidèle.

Lire ce texte, la veille de l’Assomption ! Dieu a greffé sur notre humanité malade une branche saine. Marie, une juive ! Demain nous la regarderons plongée dans la gloire de Dieu..
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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