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22e Dimanche B

2 septembre 2012

22ème dimanche du T.0. –B-

Après avoir découvert quelques aspects de la lettre aux Ephésiens, la liturgie nous propose, pendant quelques dimanches, de parcourir la lettre de St Jacques. Elle a plus l’allure d’une catéchèse pour débutants que d’une lettre. L’auteur s’adresse probable-ment aux chrétiens de la Palestine et de la Syrie qui sont des Juifs convertis. En ce temps-là, Paul n’a pas encore entrepris ses voyages et le problème des relations avec les païens convertis se ne se pose pas encore.
L’ensemble de la lettre met l’accent sur la pauvreté évangélique et le danger des ri-chesses d’une part et d’autre part sur la nécessité d’une foi qui doit s’épanouir dans les œuvres. Que disent les premières lignes de la lettre ?

1). Dans la vie quotidienne, quand on n’est pas content des prestations d’un four-nisseur, on en prend un autre, en espérant être mieux servi.
Quand on quitte une religion pour adhérer à une autre, on ne peut s’empêcher d’espé-rer la disparition nos difficultés puisque le Dieu auquel désormais on donne sa foi est présenté comme meilleur. Mauvais calcul !
Les nouveaux convertis du Judaïsme ne changent pas de Dieu. Mais s’ils découvrent en Jésus Christ le seul chemin pour aller vers Dieu, ils continuent d’affronter les pro-blèmes de tout le monde ! Ils sont déconcertés.
Jacques met les choses au point. C’est la foi et la vraie sagesse qu’il faut demander à un Dieu qui ne peut rien accorder à celui qui flotte dans ses convictions.

2). La vie dans une communauté chrétienne nivelle la condition de vie des uns et des autres. Celui qui est de condition modeste va peut-être recevoir davantage de considé-ration et celui qui est riche va sans doute en perdre en étant abandonné par ses rela-tions d’autrefois. En plus, il peut s’attendre à être sollicité pour aider la communauté à vivre. Il va apprendre que ce n’est pas dans des biens périssables qu’il va trouver un authentique motif de joie.
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Toute tentation est au carrefour du désir et de l’occasion. Il faut donc contrôler ses désirs. “Chacun est tenté par sa propre convoitise”. La tentation du retour en arrière est réelle. Jacques dégage alors une conviction. C’est le texte d’aujourd’hui :

“Les dons les meilleurs, les présents merveilleux viennent d’en haut ; ils descen-dent tous d’auprès du Père de toutes les lumières : lui qui n’est pas comme les as-tres, sujet aux mouvements périodiques ni aux éclipses passagères.”
Tout vient donc de Dieu qui est constant dans son projet. Construits par l’histoire d’un peuple qui a lutté pendant des siècles pour maintenir sa foi au Dieu unique, les Juifs auxquels Jacques s’adresse en sont bien d’accord.

Or ce Dieu « a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité. » Sa Parole, c’est son Fils, Dieu fait homme, le meilleur des dons ! Il n’y a donc qu’une chose à faire : Ecouter ce que dit Jésus et essayer de vivre comme il a vécu. Voilà l’originalité de la foi chrétienne.
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Qu’ils soient dans la peine ou dans la joie, tous les peuples ont besoin, pour affirmer leur existence, de se rassembler autour de quelque chose qui se voit et à qui on doit honneur et respect.
Aujourd’hui, on n’imagine pas un peuple sans drapeau. Dans les célébrations officiel-les, il est mis en valeur par une garde d’honneur. A chaque victoire aux jeux Olym-piques, on hisse un drapeau pendant qu’on joue un hymne national. Mais dès la vic-toire acquise, les spectateurs concernés ont déjà sorti de leurs sacs leur drapeau. Nous avons besoin de voir et de faire voir. Le drapeau dit quelque chose de notre histoire et de notre identité.
Tous les peuples anciens avaient une représentation de leurs dieux. C’était souvent des animaux qui dégageaient une impression de force, le bœuf Apis en Egypte, le tau-reau ailé, Mardouk, en Chaldée. En France, nous connaissons le coq gaulois, en Al-lemagne l’aigle à deux têtes.
Avant d’entrer en Terre promise, Moïse avait mis les Hébreux en garde contre les i-doles des tribus qu’ils allaient affronter. Les dieux des païens sont visibles mais ils ne disent rien.
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Les Juifs, au temps de Jacques n’ont pas de drapeau. Il leur est interdit de faire la moindre représentation du Dieu unique. Il est invisible mais il parle. Comment cela peut-il se faire ?
Le mot hébreu que nous traduisons par Parole peut signifier histoire, événement vécu ou récit. L’Exode et l’Exil sont des paroles de Dieu.
De fait, toute parole est liée à un événement. Sur le trottoir de nos villes, on se croise sans se regarder ; mais si je salue quelqu’un, je le rencontre. Un simple bonjour révè-le une rencontre. On ne se dit pas bonjour devant une glace.
Un événement révèle toujours quelque chose. Dieu se manifeste dans les événements Et des événements, il y en a tous les jours.

Alors que les peuples ont besoin de voir, le peuple de Dieu doit écouter. Moïse di-sait : « Maintenant , Israël, écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne, pour que vous les mettiez en pratique. »
La trace de Dieu dans l’histoire ne se trouve pas dans des mots qui restent couchés sur du papier, mais dans une Parole qui accompagne notre chemin. Elle éclaire, inter-pelle, menace ou console. La trace de Dieu dans l’histoire, c’est notre vie. Son image n’est pas imposée de l’extérieur. Elle se dégage de ce que nous vivons. Quand nous mettons la Parole de Dieu en application, notre vie change et par ce changement, Dieu devient repérable. Il ne demande pas qu’on brandisse un drapeau mais de vivre à la manière de son Fils.

Conclusion : Chaque chrétien doit être de son temps mais avec un décalage. Quel dé-calage ? Toujours le même à travers les siècles. On peut s’inspirer du psaume 14 que nous avons chanté. Le fidèle, c’est celui qui agit avec justice. Il dit la vérité selon son cœur. Il ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain ; il n’accepte rien qui nuise à l’innocent.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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