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23e Dimanche B

9 septembre 2012

23ème Dimanche du T.O. - B-

Les communautés chrétiennes auxquelles Jacques s’adresse sont donc constituées de juifs convertis. Elles font partie de ce qu’on appelle la Diaspora. Autrement dit, ce sont des communautés juives dispersées dans l’empire romain et donc affrontées à l’influence des cultures païennes dominantes.

Dans ces communautés, il y a surtout des gens du peuple aux revenus modestes. La pauvreté est un trait caractéristique de ces communautés. Socialement marginalisées à cause de leur foi, elles subissent dans le domaine économique toutes sortes de vexa-tions de la part des puissants, en particulier des grands propriétaires.
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Par nature, les puissances d’argent sont incapables d’entendre le cri des pauvres. En guise de réaction, ces communautés chrétiennes, minoritaires dans un monde païen, font des efforts pour se faire reconnaître et avoir une place convenable dans la société qui les entoure, mais elles ne réfléchissent pas aux conséquences. Jacques veut donc les aider à prendre conscience du danger d’être absorbées et de perdre leur originalité. Il leur rappelle les repères de leur foi. C’est-à-dire :

Jésus ressuscité est leur Seigneur. Les chrétiens n’ont aucune raison de chercher d’au-tres protecteurs, d’autres maîtres à penser, d’autres seigneurs.
Une consigne : ne pas se laisser impressionner par l’étalage de la richesse des pos-sédants. La recherche de la faveur des hommes n’est pas digne d’un chrétien. Celui qui s’y livre ne prend pas au sérieux la Royauté du Christ qui libère de toute crainte.
En outre, cette attention à l’opinion des hommes active la compétition entre les personnes et détruit la fraternité chrétienne : le Christ s’est fait pauvre parmi les pau-vres. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir.

En bousculant l’échelle des valeurs, le Christ a ouvert une route qui aboutit à un re-nouvellement des relations personnelles et sociales. Or, Jacques observe que ce nou-vel ordre fondamental est remis en question. Il condamne cette manière d’agir et illustre son exhortation par un exemple tiré de la pratique de ces communautés.
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Il était une fois deux chrétiens qui arrivent à la messe du dimanche. Ils ne sont pas du pays et donc n’ont pas de places habituelles. Le service d’accueil intervient. Où va-t-on les mettre ? Spontanément, celui qui paraît le plus riche, ( « un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, ») on le met à la meilleure place. L’autre, (« un homme pauvre aux vêtements sales, ») on lui refait spontanément le coup de St Joseph à Beth-léem. Il se mettra où il pourra pourvu qu’il ne dérange personne.

Attitude bien compréhensible du point de vue humain mais bel exemple de trahison du message du Christ qui est venu pour ceux qui sont déclassés. Il est le frère de ceux que la société ignore ou méprise.
Un tel comportement à l’église caricature l’eucharistie qui y est célébrée.
Le Christ a sévèrement jugé les riches. Ils estiment qu’ils n’ont pas besoin de Dieu mais que lui, Dieu, a besoin d’eux. Or le Christ a promis le salut aux petites gens as-saillis par toutes sortes de difficultés. La foi ouvre un avenir merveilleux au chrétien, à condition qu’il se comporte en chrétien par la pratique de l’amour du prochain qui arrive sans prévenir dans sa vie,… avec sa détresse pour seul bagage.

Dans les lignes qui suivent, Jacques souligne la bizarrerie du comportement de ses correspondants. Ils veulent capter la bienveillance des riches alors que « Ce sont eux qui les oppriment ; eux qui les traînent devant les tribunaux. » (2, 6)
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La Bible est importante pour les chrétiens parce que, à l’occasion d’événements ou de récits, elle attire notre attention sur le fonctionnement de notre relation avec Dieu. Ce passage de la lettre de Jacques allume quelques remarques :

1). Comment se fait-il que l’homme peut se sentir conduit à honorer l’homme qui l’exploite ? La raison en est peut-être qu’il espère être moins mal traité. Et même consciemment ou non, il espère partager son gâteau. Il faut du courage pour persévé-rer sereinement dans des combats humainement perdus d’avance. Le salut n’est pas à chercher dans la complicité avec le mal.

2). L’Eglise a spontanément le souci de respecter ceux qui ont légitimement le pou-voir. Elle le doit. Mais le souci d’être respecté peut devenir le souci de plaire et le souci de plaire peut la conduire à la perte de sa liberté.
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3). Est-il inopportun de voir dans le sourd-muet de l’évangile une image de ces puis-sants de tous les temps devenus incapables d’entendre les paroles de détresse de leurs victimes. Devenus sourds, ils ne sauront jamais dire la parole juste qui permet à cha-cun de vivre humainement.
Mais voilà des gens, des anonymes qui font une démarche stupéfiante. Fatigués de ne pouvoir se faire entendre d’un sourd-muet, ils l’amènent en désespoir de cause à Jé-sus. Il le guérit. Présenter à Jésus la surdité des oppresseurs qui ont les oreilles, le cœur et le cerveau bouchés, voilà une démarche qui est demandée aux communautés chrétiennes. La surdité n’est pas inguérissable. Tout finira dans l’action de grâce.

La voilà la revanche de Dieu dont parle le prophète Isaïe : « Prenez _ courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
Pas la peine de chercher des seigneurs à bon marché qui finalement font payer le prix fort ! On peut retenir un verset du Psaume 145 : « Le Seigneur est ton Dieu pour toujours. »
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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