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24 février 2013- 2e Dimanche de Carême

2ème Dimanche de Carême -C-
Genèse 15, 5-12,17-18 Philippiens 3,17-4,1 Luc 9, 28-36

Durant le temps du Carême, l’Eglise nous invite à l’humilité et voilà qu’elle nous de-mande d’écouter Paul qui se met en vedette… alors qu’il est en prison : « Prenez-moi tous pour modèle. » Avant d’être choqués, il faut lire les lignes qui précèdent.

Paul évoque son cheminement spirituel. Il rappelle d’abord tout ce que chacun peut savoir de lui, y compris qu’il a été persécuteur de l’Eglise (3,6). Maintenant, connaître Jésus Christ ressuscité est devenu sa passion (3,8). Saisi par le Christ, il essaie de le saisir à son tour et constate qu’il n’a pas encore réussi. (3,12). Il cherche encore. (3, 13-14).
En nous demandant de le prendre pour modèle, Paul ne dit pas « Admirez-moi ! » Il dit : « Imitez ma démarche ». Mettez-vous à la recherche du Christ.
Pour la plupart d’entre nous, la rencontre avec Jésus Christ n’a pas eu la violence de celle de Paul. Quel que soit notre degré d’intimité avec le Christ, nous sommes invités ce matin à imiter Paul dans son insatisfaction. En Jésus, il y a toujours quelque chose de neuf à découvrir.
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Depuis le tout début de la vie jusqu’a son extrême fin, l’homme est à la recherche d’un minimum de confort : confort matériel pour travailler ou se reposer, confort intellectuel et pourquoi pas confort religieux.
L’éducation reçue, les lectures, les rencontres, l’eucharistie du dimanche nous ont fait connaître quelques traits du Dieu des chrétiens. Et nous avons entrepris de le suivre. L’usure de la route aidant, nous finissons toujours par apprivoiser Dieu et le réduire à l’idée qu’on s’en fait ou au besoin qu’on en a.
Paul nous invite à découvrir ceci : avoir la foi en Dieu, ce n’est pas se reposer sur des convictions. C’est le chercher et continuer de le chercher. C’est accepter d’être déstabilisés par des questions nouvelles. De temps en temps, Dieu nous fait des clins d’œil comme pour nous dire sa présence. Mais l’expérience des pèlerins d’Emmaüs montre ceci : dès qu’on l’a reconnu, il est déjà ailleurs. Nous avons des rencontres avec Dieu mais à chaque fois, il nous échappe. Il faut aller plus loin. Penser qu’on a trouvé Dieu, c’est le réduire à un objet, c’est ne plus avoir la foi.

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Quand Paul regarde le monde dans lequel il vit, cela lui donne envie de pleurer. « Je vous l’ai souvent dit et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont tous à leur perte. » Aujourd’hui comme au temps de Paul, les hommes se posent la même question : que faire de notre vie ? Chacun a sa réponse. Nos manières de vivre révèlent nos aspirations.
Notre terre peut être un tremplin qui nous propulse vers Dieu par les rencontres que nous y faisons. Elle peut devenir un piège qui réduit notre horizon à la satisfaction de désirs immédiats. Un psaume (36, 3) ouvre une route : « Habite la terre et reste fidèle »
« Habite la terre ! » Ne fais pas semblant ! Sois de ton temps ! Mais reste fidèle ! « N’envie pas les gens malhonnêtes (36,1) » « Dirige ton chemin vers le Seigneur (36, 5).
Aller à contrecourant ! A côté des hommes qui tentent l’aventure, d’autres cherchent la facilité. Paul les décrit ainsi : « Leur dieu c’est leur ventre et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre. »
Leur dieu, c’est leur ventre. Des spécialistes pensent que Paul parle des libertins ; d’autres, qu’il évoque les interdits alimentaires. De toute façon, Paul vise ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes. . Un proverbe dit : « Seuls les poissons vivants remontent le courant du fleuve ».

Aujourd’hui, s’il est un souci qui se généralise, c’est bien celui de la sécurité.
Sécurité alimentaire, bancaire, routière, sécurité contre les agressions etc. Un remède ? S’assurer ! Cette recherche de la sécurité révèle nos fragilités mais la sécurité, c’est quoi ?
Dans les temps anciens, la sécurité avait le sens de ce qu’on appelle aujourd’hui la sérénité. La sécurité n’était pas l’absence de dangers mais la tranquillité d’esprit dans un monde dangereux. C’est cette capacité, que peuvent avoir les sages, à instaurer et à conserver une tranquillité d’âme que les grandes secousses du monde ne peuvent ébranler. La vraie sécurité nous invite à construire une forteresse intérieure qui fait que l’on reste serein malgré les dangers (Frédéric Gros « La Croix » 28 12 12 p.11).

Quelle est la sécurité de Paul, en prison, dans sa recherche de Dieu : « Nous sommes citoyens des cieux ; c’est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux. »
Aujourd’hui, il nous est demandé d’avoir une attitude citoyenne. Si j’exige de la société qu’elle me donne du travail, des écoles, des hôpitaux, des médecins, des installations sportives, et des subventions, etc, la société peut exiger de moi une participation à l’effort commun, le respect du code de la route, le respect de la vie des autres. Etre citoyen du ciel demande que l’on agisse sous le regard de Dieu et conduit à ha-biter la terre d’une certaine manière.
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Des noces de Cana au Golgotha, Jésus a habité la terre en connaissant le meilleur et le pire. Il s’est révélé citoyen des cieux devant Pierre, Jacques et Jean : « Dans la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le. »

L’écouter avec attention, c’est déjà commencer de le suivre.
En nous donnant sa Parole et son Corps, Jésus nous donne d’avoir déjà part aux biens de son Royaume. (Prière après la communion)
D. Boëton

24 février 2013
2ème Dimanche de Carême -C-
Genèse 15, 5-12,17-18 Philippiens 3,17-4,1 Luc 9, 28-36

Durant le temps du Carême, l’Eglise nous invite à l’humilité et voilà qu’elle nous de-mande d’écouter Paul qui se met en vedette… alors qu’il est en prison : « Prenez-moi tous pour modèle. » Avant d’être choqués, il faut lire les lignes qui précèdent.

Paul évoque son cheminement spirituel. Il rappelle d’abord tout ce que chacun peut savoir de lui, y compris qu’il a été persécuteur de l’Eglise (3,6). Maintenant, connaître Jésus Christ ressuscité est devenu sa passion (3,8). Saisi par le Christ, il essaie de le saisir à son tour et constate qu’il n’a pas encore réussi. (3,12). Il cherche encore. (3, 13-14).
En nous demandant de le prendre pour modèle, Paul ne dit pas « Admirez-moi ! » Il dit : « Imitez ma démarche ». Mettez-vous à la recherche du Christ.
Pour la plupart d’entre nous, la rencontre avec Jésus Christ n’a pas eu la violence de celle de Paul. Quel que soit notre degré d’intimité avec le Christ, nous sommes invités ce matin à imiter Paul dans son insatisfaction. En Jésus, il y a toujours quelque chose de neuf à découvrir.
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Depuis le tout début de la vie jusqu’a son extrême fin, l’homme est à la recherche d’un minimum de confort : confort matériel pour travailler ou se reposer, confort intellectuel et pourquoi pas confort religieux.
L’éducation reçue, les lectures, les rencontres, l’eucharistie du dimanche nous ont fait connaître quelques traits du Dieu des chrétiens. Et nous avons entrepris de le suivre. L’usure de la route aidant, nous finissons toujours par apprivoiser Dieu et le réduire à l’idée qu’on s’en fait ou au besoin qu’on en a.
Paul nous invite à découvrir ceci : avoir la foi en Dieu, ce n’est pas se reposer sur des convictions. C’est le chercher et continuer de le chercher. C’est accepter d’être déstabilisés par des questions nouvelles. De temps en temps, Dieu nous fait des clins d’œil comme pour nous dire sa présence. Mais l’expérience des pèlerins d’Emmaüs montre ceci : dès qu’on l’a reconnu, il est déjà ailleurs. Nous avons des rencontres avec Dieu mais à chaque fois, il nous échappe. Il faut aller plus loin. Penser qu’on a trouvé Dieu, c’est le réduire à un objet, c’est ne plus avoir la foi.

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Quand Paul regarde le monde dans lequel il vit, cela lui donne envie de pleurer. « Je vous l’ai souvent dit et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont tous à leur perte. » Aujourd’hui comme au temps de Paul, les hommes se posent la même question : que faire de notre vie ? Chacun a sa réponse. Nos manières de vivre révèlent nos aspirations.
Notre terre peut être un tremplin qui nous propulse vers Dieu par les rencontres que nous y faisons. Elle peut devenir un piège qui réduit notre horizon à la satisfaction de désirs immédiats. Un psaume (36, 3) ouvre une route : « Habite la terre et reste fidèle »
« Habite la terre ! » Ne fais pas semblant ! Sois de ton temps ! Mais reste fidèle ! « N’envie pas les gens malhonnêtes (36,1) » « Dirige ton chemin vers le Seigneur (36, 5).
Aller à contrecourant ! A côté des hommes qui tentent l’aventure, d’autres cherchent la facilité. Paul les décrit ainsi : « Leur dieu c’est leur ventre et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre. »
Leur dieu, c’est leur ventre. Des spécialistes pensent que Paul parle des libertins ; d’autres, qu’il évoque les interdits alimentaires. De toute façon, Paul vise ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes. . Un proverbe dit : « Seuls les poissons vivants remontent le courant du fleuve ».

Aujourd’hui, s’il est un souci qui se généralise, c’est bien celui de la sécurité.
Sécurité alimentaire, bancaire, routière, sécurité contre les agressions etc. Un remède ? S’assurer ! Cette recherche de la sécurité révèle nos fragilités mais la sécurité, c’est quoi ?
Dans les temps anciens, la sécurité avait le sens de ce qu’on appelle aujourd’hui la sérénité. La sécurité n’était pas l’absence de dangers mais la tranquillité d’esprit dans un monde dangereux. C’est cette capacité, que peuvent avoir les sages, à instaurer et à conserver une tranquillité d’âme que les grandes secousses du monde ne peuvent ébranler. La vraie sécurité nous invite à construire une forteresse intérieure qui fait que l’on reste serein malgré les dangers (Frédéric Gros « La Croix » 28 12 12 p.11).

Quelle est la sécurité de Paul, en prison, dans sa recherche de Dieu : « Nous sommes citoyens des cieux ; c’est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux. »
Aujourd’hui, il nous est demandé d’avoir une attitude citoyenne. Si j’exige de la société qu’elle me donne du travail, des écoles, des hôpitaux, des médecins, des installations sportives, et des subventions, etc, la société peut exiger de moi une participation à l’effort commun, le respect du code de la route, le respect de la vie des autres. Etre citoyen du ciel demande que l’on agisse sous le regard de Dieu et conduit à ha-biter la terre d’une certaine manière.
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Des noces de Cana au Golgotha, Jésus a habité la terre en connaissant le meilleur et le pire. Il s’est révélé citoyen des cieux devant Pierre, Jacques et Jean : « Dans la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le. »

L’écouter avec attention, c’est déjà commencer de le suivre.
En nous donnant sa Parole et son Corps, Jésus nous donne d’avoir déjà part aux biens de son Royaume. (Prière après la communion)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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