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24e Dimanche C-1Timothée 1,12-17

2ième lecture : I Timothée 1/12-17

12 Je suis plein de reconnaissance envers celui qui m’a donné la force, Christ Jésus notre Seigneur : c’est lui qui m’a jugé digne de confiance en me prenant à son service,
13 moi qui étais auparavant blasphémateur, persécuteur et violent. Mais il m’a été fait miséricorde, parce que j’ai agi par ignorance, n’ayant pas la foi.
13 Oui, elle a surabondé pour moi, la grâce de notre Seigneur, ainsi que la foi et l’amour qui est dans le Christ Jésus.
14 Elle est digne de confiance, cette parole, et mérite d’être pleinement accueillie par tous : Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs dont je suis, moi, le premier.
15 Mais s’il m’a été fait miséricorde, c’est afin qu’en moi, le premier, Christ Jésus démontrât toute sa générosité, comme exemple pour ceux qui allaient croire en lui, en vue d’une vie éternelle.
17 Au roi des siècles, au Dieu immortel, invisible et unique, honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen.

A propos de cette lecture :

Adressée à Timothée, disciple de Paul et responsable de l’Eglise d’Ephèse, l’épître que nous découvrirons au cours de ces trois dimanches appartient à ce que l’on appelle les lettres pastorales.

Timothée – celui qui honore Dieu- est né à Lystres d’un père païen et d’une mère juive convertie à la foi chrétienne. Il fut élevé par sa grand-mère, Loïs, dans la pure tradition du judaïsme.
Sa foi chrétienne, comme celle de Paul après sa conversion, n’est pas en rupture avec la foi d’Israël mais en continuité avec Moïse et les prophètes.
Repéré par Paul, il s’est attaché à lui comme compagnon de mission. C’est l’enfant chéri de Paul qui fut à ses côtés lors de sa première captivité à Rome.

Ces lettres pastorales ont en commun une préoccupation majeure : alors que la jeune Eglise s’organise et affronte des problèmes nouveaux, elles rappellent les devoirs et les responsabilités du pasteur à l’égard des membres de sa communauté et de ceux de l’extérieur : Juifs non convertis et païens.
Qui a écrit cette épître à Timothée ? Même s’il s’agit d’un témoignage personnel de Paul, beaucoup d’exégètes tendent à dire qu’il n’en est pas l’auteur, celui qui dit « je » serait un disciple plus tardif.

v11 : Dans les versets précédents l’auteur a opposé la Loi à l’Evangile, la Bonne Nouvelle qui lui a été confiée « qui vient du Dieu glorieux source du bonheur » et dont il est le fruit et le témoin vivant.
En se rendant en Macédoine, Paul a laissé Timothée à Ephèse. Il semble que celui-ci soit dépassé par l’ambiance qui règne dans la communauté.

Voici comment il la décrit : « demeure à Ephèse pour enjoindre à certains de ne pas enseigner une autre doctrine, 4 et de ne pas s’attacher à des légendes et à des généalogies sans fin ; cela favorise les discussions plutôt que le dessein de Dieu, qui se réalise dans la foi. » 1 Timothée 1:3-4

Il encourage donc son disciple à ne pas se laisser perturber par les vains bavardages qui troublent la communauté : « 1 : 6 Pour s’être écartés de cette ligne, certains se sont égarés en un bavardage creux. »
L’auteur nous révèle ici quelque chose de la sagesse et de la pédagogie divine.

Paul rend grâce au Seigneur pour la confiance qui lui a été faite, alors qu’il blasphémait et était un persécuteur insolent. Sa conversion n’est pas le fruit de sa décision propre mais celui des prévenances de la tendresse de Dieu et de la gratuité surmultipliée dont Il a fait preuve à son égard.
Ainsi Paul se présente non seulement comme le premier des pécheurs, avec comme seule excuse son ignorance, mais surtout comme le premier en qui Jésus Christ a fait la démonstration de sa longue patience envers tous et donc envers nous !
« L’expérience que Paul a faite et la vocation qui en a découlé n’est pas un cas unique, d’autres aussi ont été amenés à la foi et sont devenus, d’une manière ou d’une autre, témoins de l’amour du Seigneur pour tous les hommes. Paul précise qu’il est le premier d’entre les pécheurs. Il ne veut pas dire que, dans l’ordre chronologique, il a été le premier à être sauvé. Il use, dit H. Roux, d’une sorte d’argument a posteriori : ‘si moi, le premier des pécheurs et malgré tout ce que j’ai fait et été, j’ai trouvé grâce aux yeux de Dieu au point de devenir ministre de Jésus-Christ et de son Evangile, on peut réellement avoir confiance en l’efficacité de cet Evangile pour faire de tout pécheur un juste’.

« Dans ce verset, Paul montre qu’il a bien compris qui l’avait élu. Cette élection ne se limite pas à sa personne, elle est donnée pour que d’autres viennent à la foi et construisent leur vie sur le fondement solide qu’est Jésus-Christ… Tout ce qui a été dit auparavant de Dieu culmine ici en une doxologie qui prend la forme d’une prière liturgique peut-être employée lors du culte de l’Eglise primitive. Il est le vivant de toute éternité, Il est le seul unique vrai Dieu. Lorsque ces mots sont prononcés publiquement, il appartient à l’ensemble de l’assemblée d’acquiescer par un Amen solennel ».

v12 : Voilà comment Dieu fait confiance : il nous met à son service en nous confiant une mission. La conversion de Paul est à comprendre en vue du ministère que le Seigneur allait lui confier. Il souligne par là que, peu importe son passé, la grâce est assez puissante, surabondante pour la mission qui allait lui être confiée au sein de l’Eglise.

V13-14 : « La miséricorde de Dieu n’est ni formelle ni illusoire mais elle opère une transformation chez Paul, qui l’a amené à son engagement au sein de l’Eglise, malgré les peurs et les réticences rencontrées.
‘Oui, elle a surabondé pour moi, la grâce de notre Seigneur ainsi que la foi et l’amour qui est dans le Christ Jésus.’
Le salut est œuvre toute gratuite, encore faut-il l’accueillir. Paul insiste sur le fait que la foi et l’amour sont un don à accueillir dont nous n ‘avons pas à nous glorifier : « l’accueil de la foi y est stipulé avec autant de poids qu’est affirmée la gratuité de l’initiative de Dieu. »

V15 : « Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs dont je suis, moi, le premier. » Voilà résumé toute la vie du Christ Jésus : il est venu sauver les pécheurs.
Paul insiste : « c’est une parole sûre ». La conversion de Paul peut être exemplaire et manifester à quel point la miséricorde de Dieu est sans borne, sans condition. Le salut est pour tous et pour quiconque se laisse toucher par la patience de Dieu
« Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs ». Telle est bien résumée ici toute la théologie du salut réalisé par le Christ dont Paul est le témoin privilégié, lui qui se reconnaît pécheur et même le « premier des pécheurs » c.a.d. le pire d’entre eux.

Que veut dire Paul en se disant le « pire des pécheurs » ? Simplement que le salut réalisé par le Christ n’a aucune limite et personne ne pourra jamais dire : « j’ai trop péché ».
Paul est l’exemple typique de ce que la grâce peut réaliser dans un homme quel que fut son passé et ses antécédents.
Accueillir le pardon et en être le témoin auprès de tous : voilà la vocation de Paul et de tout chrétien.
« Le pardon donne la force d’une vie nouvelle car il fait confiance au point de confier un service essentiel. Le pardon est grâce » Célébrer

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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