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26e Dimanche C

30 septembre 2007

26ème dimanche du T.O. –C-
Am. 6, 1-4-7 I Tim 6, 11- Lc 16, 19-31

La plupart du temps, ce qu’on nomme « Appel de Dieu » s’inscrit dans le déroulement banal de notre vie humaine. Une lecture ou un regard sur ce qui nous entoure ou une rencontre dérange notre conscience et notre vie change d’orientation. On s’engage.
Après coup, on découvre que Dieu nous adressait un appel.

Amos que nous avons rencontré dimanche dernier était donc un éleveur dans le royaume de Juda, près de Bethléem, au 8ème s. avant J.C..
Pourquoi s’est-il rendu dans le royaume du nord ? Au plus proche de sa vie quotidienne, on peut imaginer une raison professionnelle. En fait, il y est allé et y a fait des découvertes.
Eberlué par la richesse d’un pays qui fabrique des pauvres, il explose. Dieu s’était arrangé pour qu’il y aille, pour qu’il regarde, pour qu’il parle. Ce qu’il fit. La quantité d’observations qu’il a recueillies permet de penser qu’il y est resté un certain temps.

Il s’en prend aux femmes de Samarie (4, 1-3), aux célébrations que les gens ont imaginées à leur goût sans tenir compte de ce que demande le Seigneur (5,21…). Il rappelle les avertissements que le peuple a refusé d’entendre. Et il annonce, la déportation des habitants qui survivront à la destruction de la ville de Samarie.

On dirait des instantanés photographiques. Ils nous disent que notre vie spirituelle ne concerne pas seulement nos idées qu’il faut bien sûr ajuster mais aussi nos comportements. Il y a des manières de vivre qui facilitent une vie spirituelle et d’autres qui rendent impossible.

Dans le texte d’aujourd’hui, Amos s’en prend à la débauche des autorités de Samarie en signalant au passage qu’à Jérusalem, ce n’est pas mieux.
« Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. »
*
En ce temps-là, et jusqu’au temps de Jésus, on ne mangeait pas à table assis sur une chaise. On était allongé et appuyé sur le coude gauche.
Alors que le peuple est habituellement allongé sur des tapis, ce qui n’est guère commode, ces gens-là sont « couchés sur des lits d’ivoire et vautrés sur leurs divans. » pour manger les mets les plus fins, en buvant à même la bouteille.
Ce sont des images de grande bouffe.

Ne se respectant pas eux-mêmes ils ne peuvent pas respecter les autres, les pauvres, comme on l’a vu dimanche dernier.

La richesse des riches est un malheur pour les pauvres. Elle est aussi un malheur pour les riches eux-mêmes. Ils perdent leur humanité.
A partir de maintenant, la vie va changer pour eux. On dirait qu’aujourd’hui Dieu siffle la fin de la récréation.

En ce temps-là déjà, il y avait des pays qu’on appelle aujourd’hui émergents. Les autorités de Samarie ne voient pas que, pendant qu’ils s’amusent, l’Assyrie (Irak du Nord) monte en puissance et se prépare à envahir la Palestine. Ils seront dans l’incapacité de retenir l’envahisseur.

Leur tort, c’est de se croire en sécurité. Ils se fient à la croissance de leur économie qui leur permet de ne penser qu’à une chose : faire mieux, dans la débauche, que la dernière fois.
*
Leur tort c’est de se fier à leurs célébrations religieuses qui sont des leurres. Certes, ils s’en tiennent à ce qu’ils ont décidé. Au temple de Samarie, tout ce qui doit être dit est dit. Tout ce qui doit être fait est fait. Il ne manque que la conversion du cœur et la reconnaissance que Dieu est Dieu.

Ils oublient que leur seule sécurité, c’est leur fidélité à Dieu. Or, la fidélité à Dieu, c’est la justice sociale, l’attention aux plus démunis.
*
Sept siècles plus tard, Jésus raconte la parabole du riche dont on ne dit pas qu’il était mauvais. Cette histoire nous invite à découvrir que la richesse rend aveugle. Le riche ne voyait pas ce qui se passait derrière son portail.

Questions : 1). Avons-nous le souci d’avoir une vie suffisamment frugale qui permette une vie spirituelle ?

2). Où va notre argent disponible quand nous en avons ? Il faut se détendre. Il est très convenable d’avoir un budget loisirs. Mais quels loisirs se permet-on ?

3). La première charité, c’est de dire la vérité. Savons-nous dire ce qui ne va pas ? Est-ce que la misère que nous découvrons change concrètement quelque chose en nous ?
L’histoire foisonne d’exemples où des gens, chrétiens ou non, jusque là ordinaires, découvrent la misère autour d’eux et s’engagent pour que ça change.
On peut penser aux créateurs d’associations (Henri Dunant et la Croix Rouge), aux fondateurs et aux réformateurs d’ordres et de congrégations. St Vincent de Paul, St Jean Baptiste de la Salle, St Jean Eudes, Ozanam et Thérèse Rondeau la fondatrice de la Congrégation des sœurs de la Miséricorde, Mère Térésa et combien d’autres !

Notre vie nous est donnée pour voir et pour nous situer. Voir le train de vie des riches peut nous donner le désir de pouvoir faire comme eux.
Que cette eucharistie oriente notre regard ! Quelle nous aide à voir les pauvres à aider, plutôt que les riches à jalouser !

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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