Accueil > Prier avec nous > Homelies > 27e Dimanche C

 

27e Dimanche C

27ème Dimanche du T.O. –C-
L’Eglise, en ses débuts, connaît deux soucis : répartir les responsabilités dans les communautés et avoir le souci de la fidélité à l’Evangile. Cette fidélité coûte cher.
Timothée est un chrétien qui a été repéré par Paul et formé par lui. Il avait de bonnes qualités et Paul lui a confié des missions difficiles. En lui imposant les mains, il en a fait un ministre de l’évangile.
Timothée a conscience de ses propres limites et Paul les connaît.
Nos faiblesses ne nous lâchent pas quand nous recevons une mission.

Le texte d’aujourd’hui commence par un mot de tendresse : « Fils bien-aimé », un mot chaleureux pour introduire une mise en garde ! Dans la société d’aujourd’hui, on appellerait cela un premier avertissement, un rappel à l’ordre. « Fils bien-aimé, je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t’ai im-posé les mains. »
Par l’imposition des mains, Paul a confié à Timothée une mission au nom de Jésus Christ. Que le don de Dieu soit passé par ses mains ne le rend pas indifférent à ce qui se passe ensuite. Paul se fait du souci pour Timothée qui doit réveiller en lui le don de Dieu. Quel est ce don ? « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison. »

Le don de Dieu n’est pas une chose morte qu’il suffirait d’avoir reçu une fois pour toutes et qu’on rangerait au fond d’un des tiroirs de notre vie. C’est un ferment vivant qu’il faut développer sans cesse en étant attentif à l’action de l’Esprit Saint.
Le chrétien peut se sentir parfois dépassé par les événements. Que dire, que ne pas di-re, que faire, que ne pas faire ? Paul a peut-être senti du flottement dans le comporte-ment de Timothée.

Le don de Dieu se décrit en trois mots : la force, l’amour et la raison.
- La force. L’exercice du ministère n’est pas simple ; l’annonce de l’évangile deman-de du courage et de l’audace pour affronter l’indifférence et l’hostilité. Paul lui-même demandait qu’on prie pour lui afin qu’il ait le courage d’annoncer l’Evangile. Cette force donnée par Dieu se manifeste mieux en celui qui reconnaît sa faiblesse.

- L’amour. Avec la force, on peut construire et on peut détruire. On peut aussi mon-trer ses muscles et ne rien faire avec. La force n’est pas un but en soi. Il faut avoir la force de Dieu pour aimer comme Jésus a aimé.

- La raison. Face aux divagations de certains prédicateurs, Paul demande aux respon-sables d’être raisonnables dans la manière d’exercer leur autorité. Certains traduc-teurs préfèrent parler de bon sens, de maîtrise de soi ou encore de modération. Il faut apprécier les situations et prendre le meilleur chemin pour résoudre les problèmes.

La puissance de l’évangile se manifeste autant par les actes que dans les paroles. Paul se méfie des spéculations sans fin. Il prêche un christianisme pratique. La force, l’a-mour et le bon sens sont les trois qualités fondamentales nécessaires pour l’exercice d’une responsabilité dans l’Eglise.
« N’aie pas honte de rendre témoignage à Notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi qui suis en prison à cause de lui. Avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’évangile. »
Quand Paul écrit à Timothée, il est en prison et il sait que sa mort est proche. Voilà une situation singulière.
Au niveau de ce qui est vérifiable par tous, Jésus est mort sur une croix et Paul est en prison. Sur une carte de visite, cela n’est pas très engageant. Qui peut avoir envie de suivre des individus pareils ? On sait qu’il y a, à travers le monde, des gens qui sont en prison parce qu’ils ont, par exemple, sombré dans le crime ou la corruption. Il y en a d’autres qui sont en prison pour avoir lutté contre la corruption, pour la liberté.
Défendre la dignité humaine est toujours risqué.

Toute personne qui essaie de vivre selon l’évangile est amenée à porter sa croix. Au-jourd’hui, des chrétiens subissent des violences et sont tués. Comme il n’est pas op-portun de souffrir pour une cause sans avenir, il est nécessaire de revenir sans cesse à l’évangile. Paul écrit : « Règle ta doctrine sur l’enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi et dans l’amour, que nous avons en Jésus Christ. »

« Tu es le dépositaire de l’évangile ; garde-le dans toute sa pureté grâce à l’Esprit Saint qui habite en nous. » Garder l’évangile dans toute sa pureté dans le concret de nos vies humaines ! ! Vaste programme ! L’Eglise a la chance d’avoir donné naissan-ce à des pratiquants de l’évangile qui ont ouvert des routes. Chacun avait ses lunettes particulières pour aborder l’évangile : St François, St Bernard, St Ignace, saint Domi-nique, Ste Thérèse... et d’autres ! Aucun n’épuise la source mais tous ont mis l’accent sur un aspect particulier qui peut rejoindre notre sensibilité et nous accompagner.
Je crois qu’il est urgent, dans notre société déboussolée, que chaque chrétien selon sa sensibilité, prenne pour guide tel ou tel de ces explorateurs pour charpenter sa lecture de l’évangile. Certes, il n’y a pas que des champions dans l’Eglise. Devenir le servi-teur quelconque de l’évangile est une saine ambition. Le serviteur quelconque est un authentique serviteur.
*
Pourrait-on porter dans notre prière tous les baptisés qui, dans notre paroisse, dans notre diocèse, dans le monde ont reçu par l’imposition des mains, la mission d’an-noncer l’évangile : les confirmés !
Et parmi eux, les diacres, les prêtres, les évêques. Avec leurs qualités et leurs faiblesses, qu’ils sachent dire de manière accessible ce qui doit être dit même quand il est difficile de le dire.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>