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29 e Dimanche B

21 octobre 2012

29ème Dimanche du T.O. -B-

Au moment où la Lettre aux Hébreux a été écrite, les chrétiens donnaient déjà à Jésus le titre de Fils de Dieu. Cette affirmation déclenchait une question que toutes les gé-nérations continuent de se poser : Ce Jésus dont on parle tant, on sait des choses sur lui, mais qui est-il vraiment ? Ne serait-il qu’un Dieu ? Ne serait-il qu’un homme ? Serait-il à la fois Homme et Dieu ?

Dans le texte d’aujourd’hui, la Lettre lui donne un titre nouveau, Grand Prêtre. Ce ti-tre renvoie à l’organisation du culte dans le temple de Jérusalem. Dans la religion jui-ve, la mission du Grand Prêtre était de faire le lien entre Dieu et l’homme.
Jésus, Grand Prêtre ! Ce titre donne à penser qu’il est un homme honorable ayant re-çu une mission particulière dans le temple.
Mais dans le schéma culturel des Juifs, le citoyen Jésus n’a aucun titre à faire valoir pour être présenté comme Grand Prêtre. Il n’a d’ailleurs jamais revendiqué ce titre. On le savait fils d’un charpentier de Nazareth, un village remarquable par son insigni-fiance.
Plus grave encore, il est mort comme un maudit. Il a été exécuté hors des murs de Jérusalem et Dieu n’a rien fait pour le sauver.
Aux yeux de Caïphe, le Grand Prêtre en exercice dans le Temple, la mise à mort de Jésus a été une bonne action, nécessaire pour maintenir Dieu dans son pouvoir de Dieu et pour protéger le peuple des blasphèmes de ce faux messie.
L’humanité de Jésus était évidente pour tous ceux qui l’ont rencontré sur les routes de Palestine et pour ceux qui l’ont jugé et condamné.

Pourtant, la Lettre tient ensemble les deux titres : Fils de Dieu et Grand prêtre : « En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a péné-tré au-delà des cieux. »

« Grand prêtre par excellence » pour deux raisons :
« Il a pénétré au-delà des cieux. » Le texte évoque ainsi son ascension à la droite de Dieu dans le ciel (P.E. N°4). Autrement dit : Dieu a accueilli Jésus dans sa gloire.et donc il est Dieu.
Mais « Il a partagé nos faiblesses. » Et donc, il est homme.
« Le grand prêtre que nous avons n’est pas incapable, lui, de partager nos fai-blesses ; en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous et il n’a pas péché. » Le Fils de Dieu a connu le quotidien de toute vie humaine avec ses contretemps et ses contraintes mais il n’a pas connu les dérives qui viennent d’un mauvais usage de la li-berté.
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Deux expressions, qui sont en fait deux conclusions, peuvent être retenues dans ce texte : « Tenons donc ferme » et « Avançons donc. »
« Tenons ferme » Cette invitation veut confirmer notre foi en Jésus, homme et Dieu, mais l’expression a l’inconvénient de donner une image statique de la foi. Quand on demande à une armée de tenir bon, c’est qu’elle est menacée ; elle s’enterre dans ses tranchées. Elle ne doit pas reculer car elle tient une position stratégique. La foi ne se satisfait pas entièrement de cette expression.

« Avançons donc ». Notre foi est, de fait, menacée par des ennemis qui sont hors de nous-mêmes et par ceux qui habitent notre propre cœur. Mais elle se fortifie quand elle s’aventure sur les routes humaines. Ces routes sont à parcourir avec pleine assu-rance car elles nous conduisent « vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce. »

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Quand, dans notre vie quotidienne, nous nous trouvons embrouillés dans des situa-tions inextricables, nous cherchons à prendre contact avec une personne qui pourrait défendre notre cause. Comment faisons-nous pour entrer en contact avec Dieu ?
Nous nous adressons à la Vierge Marie, à St Joseph ou tel ou tel saint. Toutes nos prières finissent toujours par aboutir à Jésus. Il est le pont, le passage incontournable, qui relie la rive de Dieu à la rive de l’homme. Bien souvent nous l’affirmons… sans y penser.

Jésus Grand prêtre ! Cette expression nous est peu familière mais nous avons son contenu sur nos lèvres à chaque eucharistie. Ces quelques lignes de la Lettre aux Hé-breux interrogent les prêtres et tous ceux qui, dans une assemblée, conduisent une prière chrétienne.
Les prières qu’ils adressent à Dieu le Père se terminent par une formule connue par cœur. « Nous te le demandons par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur et notre Dieu qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. »
En fait, cette conclusion est comme le signal qui annonce la fin de la prière. Souvent l’attention du prêtre décroche… et l’assemblée commence à s’asseoir.

- La Lettre aux Hébreux interroge aussi l’assemblée qui répond : Amen.
Dans les discussions qui engagent des valeurs qui nous tiennent à cœur, nous savons donner de la voix pour affirmer nos convictions. Cet AMEN qui termine la prière ex-prime la foi de l’assemblée, sa cohésion et son adhésion à la demande qui est faite. Dieu peut-il se sentir concerné par une assemblée qui ne s’investit pas dans sa dé-marche, par un amen murmuré qui a bien du mal à sortir des lèvres. L’assemblée a-t-elle envie d’être écoutée, entendue, exaucée ?

« Dieu veille sur ceux qui mettent leur espoir en son amour. » (Ps 32)
C’est Jésus qui porte notre espoir auprès de son Père.
Encore faut-il que prêtres et fidèles le disent avec clarté et conviction !

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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