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2e Dimanche de Carême B

2ème dimanche de Carême -B-

Genèse 22, 1-2,9…18 Romains 8, 3134-34 Marc 9, 2-10

- _ Un professeur de philo nous a dit un jour, en classe : « L’intelligence se mesure à l’économie des moyens ». Sur le coup, nous avons compris qu’il n’est pas op-portun de dépenser une grosse énergie pour un travail qui ne demande qu’un pe-tit effort. On ne prend pas un gros marteau pour enfoncer une épingle. Il faut que l’énergie dépensée soit proportionnée au besoin réel.
Il fallait aller plus loin dans la réflexion : l’intelligence se mesure à la façon dont on gère les moyens dont on dispose pour faire face à une situation difficile.

Exemple : Dieu a accordé des faveurs à son peuple selon ses besoins et selon sa capacité d’accueil à tel moment de son histoire. Ainsi, il lui a donné des rois. Leur comportement a révélé les limites du système. Il a alors envoyé des pro-phètes qui n’ont pas été beaucoup écoutés. Finalement il a envoyé son Fils. Il ne peut pas faire plus et il n’y a pas besoin de chercher quelqu’un d’autre ailleurs.
*
En parcourant les quelques lignes de la lettre de Paul aux Romains lue aujour-d’hui, nous rencontrons des mots porteurs d’une certaine gravité : Livrer, accu-ser, justifier, condamner. On se croirait dans l’enceinte d’un tribunal. Qui est donc dans le box des accusés ? Celui qui croit en Dieu.
Il va être relaxé. Pourquoi ? Dieu lui a donné un bon avocat, Jésus.
« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas refusé son propre Fils. Il l’a livré pour nous tous. »

Jésus n’a pas acquis sa compétence d’avocat en faisant des études de droit. Sa compétence vient de son expérience. Elle vient de sa vie divine confrontée aux limites de la vie humaine.
« Il l’a livré » Nous pensons spontanément aux jours de sa Passion. C’est juste et insuffisant. Jésus est livré aux mains des hommes dès sa naissance : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu. » Sur ordre du roi Hérode, des épées se sont levées pour le supprimer.
Il a pourtant ouvert une route pour libérer le cœur de chacun. Dans cette démar-che, les chefs juifs ont vu une atteinte à l’autorité de la Loi et les Romains, une atteinte à l’ordre public. Conclusion : Jésus a été condamné et exécuté.

Tous ses accusateurs ont cru que son souvenir allait rapidement s’effacer. Ils ont cru que ses paroles et ses guérisons allaient être oubliées et que les foules al-laient retourner aux besognes de leur quotidien. C’était sans compter sur la puis-sance de Dieu qui, en ressuscitant Jésus, a tout remis en question.
Et c’est ainsi que le procès de Jésus se poursuit dans la vie de ses disciples. Ils sont sans cesse traduits devant le tribunal des hommes parce qu’ils contestent, par exemple, le pouvoir absolu de l’argent, la destruction de la cellule familiale.
Sans doute, ils n’entrent pas toujours dans l’enceinte d’un tribunal mais ils sont jugés par de puissants courants de pensée qui disent ce qu’il faut croire et com-ment se comporter pour être à la mode.
*
Trois mots peuvent encore attirer l’attention : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas refusé son Fils, il l’a livré pour nous tous. Comment pourrait-il ne pas nous donner tout ? »
« Nous, nous tous, tout. »
NOUS. Il s’agit des chrétiens disséminés à travers le monde, au temps de Paul. Où qu’ils se trouvent, ils ont du mal à trouver leur place dans la société. Ils finissent toujours par devenir une cible. C’est la même chose aujourd’hui.

NOUS TOUS. Paul précise que Jésus n’a pas été livré pour sauver un petit nom-bre, une élite. Dieu a fait à toute l’humanité, du plus oublié des hommes au plus puissant, le cadeau de son Fils.

TOUT. C’est beaucoup et c’est n’importe quoi ! Tout, c’est beaucoup trop ! Tout le monde peut disposer de tout : c’est une plaisanterie ! On n’a jamais vu çà ! L’essentiel serait suffisant ! Que souhaitons-nous ? Santé et prospérité é-videmment ! Avec une telle affirmation, on peut imaginer Paul sur une estrade pendant une campagne électorale. Sur quel terrain se place-t-il ?

D’un homme né sur la paille et mort sur une croix, qui peut espérer quoi que ce soit d’intéressant ? Jésus ne peut rien offrir de ce que le monde peut donner.
Dans l’évangile, on voit une seule fois une épée se lever pour défendre Jésus. C’est Pierre qui a fait le geste, lors de son arrestation et il est prié sèchement de remettre son épée au fourreau.
Jésus ne nous donnera rien de ce qui relève de la puissance humaine qui écrase.

Jésus ne nous donne pas ce qu’il a. Il n’a rien ! Il donne ce qu’il est. Il est A-mour. C’est son amour qu’il donne. C’est d’amour que le monde a d’abord be-soin pour sortir de ce qui le détruit. La source est inépuisable. Jésus ne peut que se donner tout entier. C’est notre capacité d’accueil qui limite son don.
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L’intelligence se mesure à l’économie des moyens.

Du côté de Dieu. En face d’une situation dégradée, il gère au mieux les moyens dont il dispose. Pour lutter contre le mal il n’a qu’un moyen : prendre le chemin de l’amour. Pour lutter contre le mal absolu, il faut un amour absolu.
Par Jésus, Dieu met tout en œuvre pour changer notre cœur et par là changer un petit quelque chose dans le monde. Toute sa capacité d’aimer est à notre dis-position.

De notre côté. Avons-nous entrepris d’évacuer de notre cœur ce qui l’encombre et nous empêche d’accueillir l’amour de Dieu ?

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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