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2e Dimanche de Pâques

2e Dimanche de Pâques

Le mystère pascal de mort-résurrection du Christ révèle et proclame au monde la miséricorde de Dieu.
Seuls les hommes et femmes de foi, qui croyaient au Christ, ont pu comprendre ce qui se passait sans toutefois saisir l’entièreté du message.
Les autres n’ont vu qu’un événement comme il y en a tant d’autres : un prophète qui promettait un bel avenir, un Messie qui n’a finalement pas réussi et qu’on a tué pour l’empêcher de parler davantage ; il gênait.
Lien entre miséricorde et mystère pascal ?
Durant toute sa vie le Christ a proclamé la miséricorde de Dieu son Père, par ses gestes, ses paroles, ses actes.
Il était la miséricorde incarnée. Il manifestait la tendresse de Dieu pour les hommes.
Tout le monde courait à lui pour l’entendre parler, on n’avait jamais entendu parler ainsi de Dieu.
Il ne faut pas oublier que la religion en ce temps-là était avant tout préoccupée par l’observance extérieure de la Loi. On n’imaginait pas un messie d’une telle ampleur.
Voilà que son message et ses actes de miséricorde envers ceux qui souffrent et sont rejetés, provoquent un tel bouleversement chez les chefs religieux qu’ils vont chercher à le prendre en défaut : il mangeait avec les pécheurs, il logeait chez les publicains….
Rappelez-vous l’épisode de la femme prise en flagrant délit d’adultère qu’on conduit à Jésus, où il révèle la miséricorde de Dieu aussi bien pour ceux qui accusent, car eux aussi ont besoin de sa miséricorde, que pour la femme. Jésus ne revient pas sur les actes de celle-ci, mais termine en lui disant : « moi non plus je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus »
La première condition, si nous voulons comprendre quelque chose à la miséricorde de Dieu c’est de cesser de condamner et d’accuser les autres. Rappelons-nous ce que nous disons au Notre Père : « pardonne-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».
Dieu ne cesse ne manifester sa miséricorde à commencer par moi tenté de voir chez les autres la paille, alors que je suis aveuglé par ma poutre !
La miséricorde du Père ne pourra nous atteindre qu’en nous ouvrant à notre tour à la miséricorde de Dieu, en constatant comment Dieu est miséricordieux pour nous.
Voyons la délicatesse du Christ après la résurrection : il connaît la détresse des siens et il apparaît au milieu d’eux. Il sait leur peur, ils sont barricadés dans leur maison, craignant que les juifs ne les recherchent et ne leur fassent subir le sort de leur Maître.
La miséricorde de Jésus ? Par deux fois il leur souhaite : « la paix soir avec vous » et comme pour ancrer cette paix en eux, il souffle sur eux et leur donne l’Esprit, celui qui l’a sorti de la mort et qui l’avait animé tout au long de sa vie de miséricorde.
Voilà maintenant qu’il précise comment à leur tour, ils ont à le manifester aux hommes : en continuant son œuvre de miséricorde : apporter aux hommes la Bonne Nouvelle du pardon des péchés.

La miséricorde de Dieu nous est donnée et confiée pour être manifestée au monde non en paroles seulement mais surtout en ACTES.
Les Actes des Apôtres nous racontent comment les apôtres ont proclamé et vécu, au premier siècle, la Bonne Nouvelle de la miséricorde tant dans leurs communautés qu’à travers toute la terre.
Nous avons nous aussi, à leur suite aujourd’hui, à réaliser les Actes de l’Eglise de Laval. C’est à nous de continuer les Actes des Apôtres.

Alors comment allons-nous être prophètes de sa miséricorde ?
On attaque l’Eglise, c’est vrai ! C’est vrai aussi que le nombre de pratiquants et de croyants diminue. Alors comment répondre à l’appel du Seigneur ?
Certains seraient tentés, comme Pierre, de répondre par la force, par le glaive…
Notre seule vraie réponse, celle de Jésus, c’est le témoignage de la miséricorde que Jésus nous a témoignée jusque dans ses derniers instants.
Dans son extrême souffrance, il a encore souci de ses voisins de crucifixion : à l’un qui lui demande de ne pas l’oublier il promet qu’il sera avec lui « aujourd’hui dans le paradis ». Le centurion païen au pied de la croix n’avait jamais vu de sa vie une telle délicatesse, inouïe chez quelqu’un qu’on torture à ce point.

Aujourd’hui , frères et sœurs, le Christ nous donne sa paix et souffle sur nous son Esprit pour qu’à notre tour nous soyons prophètes de sa miséricorde.
Voilà ce dont le monde a besoin aujourd’hui : d’hommes et de femmes qui au nom de leur foi en Jésus ressuscité, proclament par toute leur vie la miséricorde du Christ, que la vie est plus forte que la mort, que l’amour est plus fort que la haine et la violence.

Cette miséricorde du Seigneur pour les hommes nous ne pourrons la vivre et en témoigner qu’en faisant nous aussi l’expérience de la miséricorde du Seigneur pour nous mêmes.
Nous ne pourrons pas mieux être prophètes qu’en commençant nous aussi par accueillir la miséricorde et le pardon de Dieu, en acceptant nous mêmes d’être des « miséricordiés » c.à.d des hommes et femmes à qui Dieu ne cesse de faire miséricorde.
Ce n’est que parce que nous avons fait l’expérience du pardon de Dieu que nous pourrons le proclamer et en témoigner.
Comme les disciples disaient qu’ils l’avaient vu, nous pourrons à notre tour dire : c’est vrai la miséricorde existe, elle est possible nous en sommes témoins : il nous a pardonné.

Le mal n’est plus souverain : le Christ a pénétré le cœur du mal pour le faire exploser et le réduire à néant, et apporter le remède, la guérison, le pardon.
Voilà frères et sœurs notre mission : apporter l’amour au cœur de toutes les formes de mal aujourd’hui, sans nous laisser entraîner dans la spirale de la violence, de la vengeance, de l’individualisme.

La miséricorde c’est la bonté de Dieu qui arrive aux hommes par la main et le cœur de ceux qui ont cru en lui, en sa résurrection.
La miséricorde c’est l’amour gratuit de Dieu que nous avons reconnu dans notre vie et que nous partageons autour de nous à tous ceux qui ont faim et soif d’amour, de délicatesse, d’attention, de réconciliation avec eux-mêmes et leurs frères.

Cela veut dire aller à contre courant car la violence entraîne dans une spirale sans fin qui finit par exploser et fait éclater toutes les relations d’amour à l’intérieur des familles, des couples, des communautés paroissiales et religieuses.
Voilà la mission que le Ressuscité nous confie : apporter au monde l’amour de miséricorde et de pardon qu’il nous a déjà témoigné et qu’il ne cesse de rendre présent dans nos vies ….
« Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi…
« Heureux êtes vous si vous le faites…

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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