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2e Dimanche de l’Avent A - 8 décembre 2013

2e nDimanche de l’Avent A

L’histoire du peuple de Dieu, c’est l’histoire de Dieu qui cherche à rencontrer l’hom-me et c’est l’histoire de l’homme qui désire cette rencontre et ne cesse de s’esquiver.
L’homme ne peut attendre son salut, (son épanouissement total), que de Dieu. De ce sa-lut, il ne peut pas ne pas s’en faire une idée. Il ne peut l’imaginer qu’à partir de si-tuations qu’il connaît déjà. Quelqu’un qui se noie ne peut attendre son salut que de quelqu’un qui sait nager.
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Dans les luttes continuelles où s’affrontent les grands empires du Moyen Orient, vers 750 avant J.C., c’est l’Assyrie (Irak du nord), capitale Ninive, qui mène le jeu. Elle contrôle la Syrie, capitale Damas, et la Palestine. A Jérusalem, on vit dans la déprime. On imagine dans les conversations des réflexions du genre : « Il nous faudrait un roi comme David ! » De fait, en ce temps-là, on ne peut imaginer le salut qu’en référence à ce roi avec qui Dieu a contracté une alliance. Mais David est mort depuis long-temps ! C’est dans ce contexte que le prophète Isaïe lance son message :
« Un rameau sortira de la souche de Jessé ».

En monde rural, quand on parle de souche, deux images s’imposent : l’image d’un ar-bre abattu et l’image de ses racines. L’arbre était le signe de la solidité. La souche est l’image d’un passé détruit, de la désolation. Et la désolation, c’est ce que vit Israël.
Comme pour souligner l’abîme de misère où le pays est tombé, Isaïe ne parle pas de la souche de David ; l’expression éveillerait une image de puissance. Il parle de la souche de Jessé, un nom qui n’évoque rien de particulier. En écoutant Isaïe, les auditeurs pouvaient penser : « Jessé !? Connais pas ! » Jessé était le père de David !

Dans l’image de la souche, il n’y a pas que le tronc, il y a aussi les racines et les raci-nes ont parfois une capacité de vie surprenante.
« Un rameau sortira de la souche de Jessé. » Cette affirmation veut éveiller une es-pérance mais elle n’apporte aucun indice de réalisation. Au moment où Isaïe s’expri-me, il n’y a rien à voir. Et pourtant le message est lancé.
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Dieu cherche donc à capter le regard de l’homme mais si l’homme accepte de regar-der Dieu, il meurt. Nul ne peut voir Dieu sans mourir. Pour éviter cette situation, Dieu va donc faire un détour. Parmi toutes les souches que l’Histoire a laissées sur le bord de la route, il invite son peuple à regarder celle de Jessé. C’est celle-là qui est porteuse d’avenir.
Combien de fois les rois d’Israël ont voulu sauver leur peuple en faisant des alliances avec des rois du voisinage qu’il fallait payer, bien entendu ! Pour sauver son peuple, Dieu ne va pas faire appel à l’argent. Il va désigner un homme qui sortira d’une fa-mille de son peuple.
Si aucune figure n’émerge pour l’instant, Isaïe évoque avec audace un avenir de rêve. Le sauveur aura de solides qualités humaines. Les bons pourront respirer et les mé-chants seront neutralisés. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra. Le mot cor-ruption disparaîtra des conversations.
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Après Isaïe, le peuple de Dieu a changé bien des fois de maîtres. Les Babyloniens, les Perses, les Grecs ont sévi en Palestine et c’est maintenant le tour des Romains de fai-re la Loi. Quel que soit l’occupant, la désolation est toujours là avec une espérance toujours vivace. Maintenant, c’est Jean Baptiste qui la soutient.
En ce temps-là, les Pharisiens et des Sadducéens sont aussi sympathiques que des vi-pères. Jean Baptiste les dénonce mais ne les condamne pas. Il les invite à la conver-sion. « Moi, je vous baptise dans l’eau pour vous amener à la conversion. »

Après l’année de la foi, nous sommes entrés dans l’année de la conversion et la pre-mière chose à retenir, c’est que la conversion est un long chemin à parcourir.
Viendra le temps où la vérité des cœurs apparaîtra.
Il y aura toujours des arbres dans les forêts. Viendra le jour où ne seront coupés que les arbres qui n’auront pas donné de fruits. Viendra le jour où le blé sera engrangé dans les greniers tandis que la paille sera brûlée.

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Les historiens pourraient peut-être vérifier une chose. Quand les chrétiens vivent dans une relative sécurité, ils s’endorment. La difficulté, ou bien les endort définitivement ou bien les réveille. Quand les chrétiens se réveillent, il leur est difficile de rester jus-tes et respectueux dans le combat.
Les chrétiens d’aujourd’hui sont les héritiers d’une longue histoire de luttes mar-quées par le courage et la défaillance. S’accrocher à la Parole de Dieu, c’est s’accro-cher à une espérance qui surgit et resurgit sans cesse.
Dans sa lettre aux Romains, St Paul note : « Tout ce que les livres saints ont dit a-vant nous est écrit pour nous instruire afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Ecriture. »

Les prédicateurs se posent parfois cette double question : « Faut-il partir de la Paro-le de Dieu et rejoindre la vie des gens ou partir de la vie des gens et rejoindre la Pa-role de Dieu ? »
Réponse : La Parole de Dieu a été écrite à partir du vécu des gens. S’intéresser à la Parole de Dieu, se reconnaître dans ce qui est écrit, voilà un chemin qui peut ac-compagner l’année de la conversion.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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