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2ième lecture : Colossiens 1/24-28

2ième lecture : Colossiens 1/24-28

24 Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair en faveur de son corps qui est l’Eglise ;
25 j’en suis devenu le ministre en vertu de la charge que Dieu m’a confiée à votre égard : achever l’annonce de la parole de Dieu,
26 le mystère tenu caché tout au long des âges et que Dieu a manifesté maintenant à ses saints.
27 Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi les païens : Christ au milieu de vous, l’espérance de la gloire !
28 C’est lui que nous annonçons, avertissant chacun, instruisant chacun en toute sagesse, afin de rendre chacun parfait en Christ.

A propos de cette lecture :
Ca peut être choquant d’entendre Paul nous dire où il trouve sa joie : « dans les souffrances qu’il endure pour Christ ». Pour essayer de bien le comprendre voyons comment à trois reprises en cinq versets l’apôtre exprime l’idée d’achèvement, d’accomplissement. Pourquoi le labeur apostolique ?
Pour rendre chacun parfait en Christ. Ailleurs il dira : donner une stature adulte en Christ. En exerçant son ministère, l’apôtre dit œuvrer à la révélation. Il est ministre d’une parole qui n’est pas la sienne, une parole qui vient d’ailleurs. C’est dans ce ministère qu’il dit compléter en sa chair ce qui manque aux épreuves du Christ.
Il ne s’agit pas de verser dans un certain masochisme ou de dolorisme. Paul ne vise pas n’importe quelle souffrance. Quiconque accepte d’être au service de la Parole connaît des épreuves
En exerçant son ministère au milieu de nombreuses difficultés et échecs, Paul a conscience de participer à la mort du Christ la tête du Corps. La mort du Christ à elle seule suffit pour le salut du monde, elle n’a pas à être complétée.
Ce dont il s’agit ici ce sont les épreuves que Paul connaît en tant qu’apôtre, annonçant la Bonne Nouvelle, ce sont les épreuves de l’Eglise, du Corps du Christ.
Christ rend ses disciples intimement présent, participants, à son œuvre. Les apôtres n’ajoutent rien mais leur participation est indispensable. Leur souffrance et détresse font partie du Corps du Christ. Sans cet ajout il manque quelque chose au Corps souffrant du Christ qui rassemble en lui les douleurs et souffrances du Corps tout entier dans son accomplissement, tendant vers sa stature plénière. La souffrance de Paul complète l’œuvre du Christ, son Corps mystique toujours en construction.
Christ continue de souffrir en Paul dans l’Eglise. La souffrance est mise au compte de l’Eglise et non pas à son compte.

Tout comme la souffrance du Christ a été à la naissance de l’Eglise, la souffrance du ministre de la Parole est au service de la construction, de l’achèvement de l’Eglise. Voilà comment Paul et tous les missionnaires de l’évangile sont associés au sacrifice du Christ, à sa souffrance dans l’accomplissement du Royaume qui vient, qui est enfanté dans la douleur.
L’apôtre ajoute qu’il y trouve sa joie. Son ministère ne relève pas de l’héroïsme mais de la sainteté. Il ne nous est pas demandé de souffrir pour faire plaisir au Seigneur. Il nous est proposé de travailler à la construction du Royaume et d’accueillir ce travail comme une grâce. Si le travail apostolique comporte des épreuves, celles-ci aussi sont une grâce puisqu’elles contribuent à achever avec Christ ce qui a été commencé le Vendredi Saint.
« L’Esprit révèle à la communauté et actualise en elle ce qui est arrivé à Jésus sur la croix. Or ce qui lui est arrivé c’est que Dieu « n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous », montrant ainsi que « Dieu est pour nous »(Rm 8,31-32)Moingt dans Dieu qui vient à l’homme pe 426.
« C’est un feu que je suis venu allumer… » Luke 12:47-52 7 « Ce serviteur qui connaissait la volonté de son maître et qui pourtant n’a rien préparé ni fait selon cette volonté recevra bien des coups ; 48 celui qui ne la connaissait pas et qui a fait de quoi mériter des coups en recevra peu. À qui l’on a beaucoup donné, on redemandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. 49 « C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! 50 C’est un baptême que j’ai à recevoir, et comme cela me pèse jusqu’à ce qu’il soit accompli ! 51 « Pensez-vous que ce soit la paix que je suis venu mettre sur la terre ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. 52 Car désormais, s’il y a cinq personnes dans une maison, elles seront divisées : trois contre deux et deux contre trois.
C’est le feu de l’amour que Christ est venu allumer, le feu de l’amour de Dieu pour lequel le Christ meurt victime afin que ce feu s’étende sur toute la terre et embrase le cœur de toute l’humanité. Paul sait qu’il est appelé à cette même mission et que par conséquent sa participation aux souffrances du Christ fait de lui un imitateur du Christ. C’est pourquoi il ne craint pas d’inviter ses correspondants à se « montrer ses imitateurs en imitation du Christ, par l’accueil de la Parole parmi bien des tribulations, avec la joie de l’Esprit Saint » 1Thes 1,6
Paul sait que ces contradictions et souffrances font partie de sa mission, et même que c’est le signe que la Bonne Nouvelle est annoncée : elle rencontre la contradiction, l’opposition. Ce qui étonne c’est la joie que Paul ressent. Ca choque. C’est la joie du cultivateur qui connaît les difficultés de son travail mais se réjouit de voir le blé grandir, mûrir, les douleurs de la femme qui enfante et la joie de voir l’enfant qui lui est donné.
Il ne s’agit pas d’un ascétisme réservé à une élite mais fait partie de la vie de ceux qui mettent leurs pas à la suite du Christ et une participation à la croissance du Corps. Il s’agit de nous laisser engager dans cette construction pour qu’elle atteigne sa pleine maturité. Et nous voyons déjà des germes surgir…qui sont source de joie et font oublier les souffrances.
L’expérience de participation au mystère pascal n’est pas utopique : chaque fois que nous participons à l’eucharistie nous communions à l’expérience existentielle du mystère pascal vécue par le Christ dans sa passion. Le disciple n’étant pas au dessus du Maître nous n’avons pas à nous étonner de connaître les difficultés.
Les tribulations dont parle Paul ne font que commencer lorsque nous quittons l’eucharistie pour aller porter la Bonne Nouvelle.

Quel est ce mystère dont parle Paul ? mystère longtemps caché c’est le Christ lui même, le mystère du Corps du Christ qui rassemble juifs et païens et tout l’univers.
« Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi les païens : Christ au milieu de vous, l’espérance de la gloire »
La gloire de Dieu s’est manifestée non seulement dans la résurrection du Christ mais aussi sa vie, dans son ministère et sa mort.
La glorification du Christ s’achève dans les chrétiens et dans l’Eglise. Le sacrifice du Christ porte en eux du fruit, fruit à la gloire du Père et du Fils.

On pourrait encore comprendre que tout est déjà fait du côté du Christ mais tout reste à faire de notre côté. Le don parfait de Dieu est là, à recevoir pour qu’à notre tour nous nous donnions à Celui qui aime, sans quoi l’amour du Christ, son sacrifice reste sans .
conséquence pour nous….
Qui mieux que ceux qui ont la charge d’une communauté méritent qu’on leur applique ces paroles : « Marthe, Marthe, tu te soucies de bien des choses » ? Qui s’inquiète de beaucoup de choses sinon celui à qui il incombe de s’occuper aussi bien de Marie la contemplative que de son frère Lazare et d’autres encore ? Vous reconnaissez Marthe inquiète et accablée de mille soucis : c’est l’apôtre qui a « le souci de toutes les Eglises » (2Co 11,28), qui veille à ce que les pasteurs prennent soin de leurs ouailles. « Nul n’est faible que je ne le sois avec lui, dit-il, et nul n’est scandalisé sans que je sois brûlé aussi » (v. 29). Que Marthe reçoive donc le Seigneur dans sa maison, puisque c’est à elle qu’est confié la direction du ménage… Que ceux qui partagent ses tâches reçoivent aussi le Seigneur, chacun selon son ministère particulier ; qu’ils accueillent le Christ et qu’ils le servent, qu’ils l’assistent dans ses membres, les malades, les pauvres, les voyageurs et les pèlerins.

Tandis qu’ils assument ces activités, que Marie demeure en repos, qu’elle connaisse « combien le Seigneur est doux » (Ps 33,9). Qu’elle ait bien soin de se tenir aux pieds de Jésus, le coeur plein d’amour et l’âme en paix, sans le quitter des yeux, attentive à toutes ses paroles, admirant son beau visage et son langage. « La grâce est répandue sur ses lèvres ; il est plus beau que tous les fils des hommes » (Ps 44,3), plus beau même que les anges dans leur gloire. Connais ta joie et rends grâce, Marie, toi qui as choisi la meilleure part. Heureux les yeux qui voient ce que tu vois, les oreilles qui méritent d’entendre ce que tu entends ! (Mt 13,16) Que tu es heureuse surtout d’entendre battre le coeur de Dieu dans ce silence où il est bon pour l’homme d’attendre son Seigneur !

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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