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30e Dimanche C 27 octobre 2013

30ème Dimanche du T.O. –C-

Il y a une vraie harmonie entre les trois textes proposés par la liturgie d’aujourd’hui . Selon Ben Sirac, le Sage, le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes. Le pauvre, l’orphelin, la veuve sont écoutés avec autant d’attention et de respect que le notable. Le même critère sert de repère pour tout le monde : « Celui qui sert Dieu de tout son cœur est bien accueilli. » Les puissants de ce monde, qui ont beaucoup de serviteurs, sont appelés comme les autres à se mettre humblement au service de Dieu et donc des autres. Le tribunal est en place, avec des consignes d’ap-préciation applicables à tous et à chacun.

Dans l’évangile de Luc, Jésus raconte une histoire que nous connaissons bien, celle du pharisien et du publicain : L’homme ne devient pas juste devant Dieu en étalant devant lui la liste de tout le bien qu’il fait. Il devient juste en faisant la vérité sur sa vie, quelle qu’elle soit. De toute façon, il devra compter avant tout sur la miséricorde de Dieu. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Avec la 2ème lettre à Timothée, nous ne sommes pas devant des principes ou devant u-ne histoire inventée, nous sommes en présence d’un homme qui va bientôt mourir.
Paul arrive donc à la fin de sa vie et nous arrivons à la fin de sa lettre. Il y a deux pa-ragraphes dans le texte d’aujourd’hui.

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_ - Dans le premier, il évoque d’abord le présent. Il rédige son acte de décès : « Me voici offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. » Le vocabulaire em-ployé évoque le voyageur qui boucle sa valise avant de partir mais Paul voit surtout sa mort à l’image de la célébration d’un sacrifice au temple. Son sang qu’il va verser est l’offrande de sa vie. Il va la présenter à Dieu telle qu’elle a été.
_ - Cela le conduit à évoquer son passé : « Je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle. » Paul a vécu sa vie comme un athlète engagé dans une compétition sportive. Il arrive à des sportifs de dire sur la ligne d’arrivée (même s’ils n’ont pas gagné) : « J’ai fait une bonne course. Je me suis donné à fond ». Paul a connu des moments difficiles mais il a tenu bon jusqu’au bout. Il a été fidèle à sa vocation missionnaire.
- Enfin, il évoque l’avenir. C’est avec une totale confiance qu’il attend de Dieu, le juge impartial, la récompense. Il attend que Dieu authentifie et reconnaisse son travail d’apôtre.
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Entre le premier et le second paragraphe, quelques lignes n’ont pas été retenues pour la lecture. Avant de mourir, Paul donne quelques consignes pratiques : que Timothée vienne le rejoindre « sans tarder » avec Marc. Qu’il se méfie de telle et telle person-ne. Sans doute a-t-il froid dans sa prison : que Timothée n’oublie pas d’apporter le manteau qu’il a oublié, les livres et surtout les parchemins. Avant d’être décapité, voilà un homme qui garde la tête sur les épaules !

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Dans le second paragraphe, Paul analyse sa situation. Il n’a plus d’illusion sur l’issue de son procès. Des gens sur qui il comptait l’ont laissé tomber. « Tout le monde m’a abandonné mais le Seigneur, lui, m’a assisté. »
Tout le monde l’a abandonné. Il va mourir dans l’indifférence ou l’hostilité. Personne ne s’intéresse plus à lui.
Le Seigneur l’a assisté : On aimerait comprendre que le Seigneur l’a libéré comme il a libéré Pierre. Une nuit, Pierre croyait rêver dans sa prison qu’un ange lui ouvrait les portes et il s’est retrouvé pour de vrai en ville. (Act 12, 1-19).
Le Seigneur a assisté Paul sans changer le cours des événements mais l’annonce de l’évangile n’est pas tombée en panne : « Il m’a rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Evangile. »

Un danger menaçait Paul. Qu’il soit comme le coureur qui abandonne la course. Il a tenu ! Là encore, il ne voit pas de raison de se vanter puisque sa fidélité, il la doit, non pas à ses propres forces mais à la force que le Seigneur lui a donnée.
.« Le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu’on fait pour me nuire. »

L’assistance du Seigneur, n’est pas seulement une lumière mais une force grâce à laquelle Paul n’est pas seulement un prévenu qui se défend mais un témoin qui pro-clame l’évangile. Il s’agit bien sûr de savoir ce qu’il faut faire. Il s’agit aussi d’avoir le courage de le faire.

L’assistance que le Seigneur accorde à Paul jusqu’aux derniers moments de sa vie ne peut pas être contredite au-delà de la mort. Jésus fidèle avant la mort ne peut pas être infidèle une fois la mort traversée. « Il me sauvera et me fera entrer au ciel dans son Royaume. »
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La vie de Paul n’a pas été un long fleuve tranquille. Il a connu des moments heureux qui lui ont fait du bien et des moments difficiles. Comme témoin de Jésus, mort et ressuscité, il n’a pas pris une retraite qu’il aurait rêvée paisible.
Tout au long de sa vie, Abraham a cru en la promesse. Et au fil des siècles, Dieu se présentera comme le Dieu d’Abraham.
Tout au long de sa vie, Paul a cru en la fidélité de Jésus. Il ne peut imaginer que le Seigneur lui soit infidèle au moment de son dernier soupir.

Et nous voilà invités à évaluer la qualité de notre foi en la fidélité de Jésus.
Si nous essayons de correspondre à sa fidélité, il ne manquera jamais de nous assister.
« Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre. Il est proche du cœur brisé. Il sauve l’esprit abattu. » (Ps 33)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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