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31e Dimanche A

Mal. 1, 14 à 2,1, 2, 8-10 1 Thes. 2, 7-9. 13 Mat 23, 1-12

Avec le prophète Malachie nous sommes au 5ème s. avant J.C. Le peuple est revenu d’exil. Les désillusions passées, un Temple a été reconstruit vaille que vaille. Les cé-rémonies ont repris… et la routine est revenue !
Les prêtres du Temple reçoivent du prophète un sévère avertissement : ils devaient montrer l’exemple au peuple mais eux mêmes sont partis à la dérive. S’ils ne veulent pas écouter la Parole de Dieu ; s’ils ne prennent pas à cœur de glorifier son Nom, le résultat sera simple : « J’enverrai sur vous la malédiction ; je maudirai les bénédictions que vous prononcerez. »

Le temps passe et les hommes restent ce qu’ils sont. Chaque génération connaît quelques éclairs d’enthousiasme et des dérives de longue durée. Dans l’évangile de Matthieu, Jésus vient de provoquer ou de subir quelques controverses avec les scribes et les pharisiens. On dirait que cela le fatigue. Il tire les conclusions en s’adressant à la foule :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire. Mais n’agissez pas d’après leurs actes car ils disent et ne font pas.

Pour ne pas perdre tout à fait le moral, allons encore du côté de Thessalonique.
St Paul a bien noté (dimanche dernier) que les Thessaloniciens ont accueilli la Parole « au milieu de bien des épreuves avec la joie de l’Esprit Saint » (1 Thes 1,6).
Dans un coin de leur cœur, les Thessaloniciens pouvaient penser que la joie de l’Es-prit Saint, finalement, c’est bien ! Mais il aurait été mieux d’éviter les épreuves. Sans doute, ailleurs, l’évangélisation se passe sans difficultés ; chez eux, ça s’est mal pas-sé. Bref, ils n’ont pas eu de chance !

Paul n’accepte pas cette analyse. Il n’y a pas d’évangélisation sans épreuve. Lui-mê-me et ses compagnons ont été insultés dans la ville de Philippes. Et c’est avec les tra-ces de ces blessures qu’ils sont arrivés à Thessalonique.

Comme il n’y a de salut que par Jésus Christ, l’évangile peut être inconsciemment attendu. Il n’est jamais désiré. Il prend toujours racine dans un contexte de luttes car il dérange trop de choses dans une vie. Cet enracinement demande un travail sur soi, un travail de conversion.
Il faut être soi-même enraciné dans la Parole de Dieu pour l’annoncer. Or, c’est aussi en l’annonçant qu’elle s’enracine. L’affrontement est à la fois périlleux et construc-teur. Paul lui-même, a été éprouvé. L’épreuve l’a purifié et fortifié.
Il note quelques aspects de cette purification : Ne pas ruser, ne pas chercher à plaire aux hommes, ne pas avoir de paroles flatteuses, ni d’arrière pensée de profit. Ne pas chercher les honneurs.(2,3-7)
Autrement dit, le serviteur doit être à la fois investi et désintéressé.
Quand le serviteur qui porte la Parole est débarrassé de toute ambition personnelle, la parole de Dieu, si on peut dire à l’état pur, trouve plus facilement le chemin des cœurs. Cela étant dit, nous arrivons au texte d’aujourd’hui.

St Paul rappelle son état d’esprit quand il est arrivé avec ses compagnons à Thessalonique. Les Thessaloniciens ne sont pas responsables des mauvais coups qu’il a encaissés à Philippes.
Il arrive parmi eux avec un cœur tout neuf, sans appréhensions et sans préjugés. Je relis le texte : « Avec vous, nous avons été pleins de douceur comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous voudrions vous donner non seulement l’Evangile de Dieu mais tout ce que nous sommes car vous nous êtes devenus très chers. »

Il faut noter la douceur de l’apôtre. Il ne s’agît pas de flatteries, de sucreries. La douceur dont parle St Paul est celle que savent pratiquer ceux qui sont assez libres avec le pouvoir et l’autorité qu’ils doivent exercer pour ne rien imposer avec dureté à leurs inférieurs. On dit que la douceur est la vertu des forts.
La douceur de la maman n’exclut pas la fermeté. « Ne touche pas aux ciseaux ! »
On sait, depuis le prophète Elie, la différence qui existe entre l’ouragan et la brise. On se protège de l’ouragan, en attendant qu’il passe. On s’offre à la brise.

Paul ne rumine pas les difficultés ou les échecs passés. Il est tout entier à ce qu’il fait dans le moment présent. Il souligne son souci d’être un homme libre, ne dépendant d’aucun bienfaiteur, ou mécène ou financier.
Il écrit : « Vous vous rappelez nos peines et nos fatigues : c’est en travaillant nuit et jour pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous que nous vous avons annoncé l’Evangile de Dieu. »

Que la Parole de Dieu soit efficace ne veut pas dire qu’elle entraîne l’adhésion de manière automatique. Cela veut dire que ceux qui l’entendent sont obligés de se posi-tionner. Ils l’accueillent ou ils la refusent.
Jésus a allumé l’enthousiasme dans le cœur des uns. Il a allumé la haine dans le cœur des autres. St Paul a créé des communautés ; il a fait aussi que des manifestations ont été organisées pour le faire taire.

« Quand vous avez reçu de notre bouche la Parole de Dieu vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement non pas une parole d’homme mais la parole de Dieu. »
La parole de Dieu ne peut nous atteindre encore aujourd’hui que par le canal d’une parole humaine. C’est la loi de l’Incarnation. Cela souligne par exemple l’importance des lecteurs à la messe le dimanche… et l’importance de chacune de nos conver-sations. Toute parole humaine peut être porteuse d’une parole de Dieu.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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