Accueil > Prier avec nous > Homelies > 34ème Dimanche du T.O. –B- Le Christ Roi

 

34ème Dimanche du T.O. –B- Le Christ Roi

25 Novembre 2012

Daniel 7, 13-14 Apocalypse 1, 5-8 Jean 18, 33-37

Le dernier dimanche de l’année liturgique dégage toujours comme un parfum qui é-voque la fin du monde. Et parler de la fin du monde, c’est faire émerger des images que le langage populaire qualifie d’apocalyptique. Quand la 2ème lecture de ce diman-che est tirée du livre de l’Apocalypse, nous nous sentons comme entraînés dans des situations épouvantables. Il y a des mots que l’usage a détournés de leur sens.

Le mot apocalypse veut dire dévoilement, révélation. L’apocalypse est la mise au clair d’une situation jusque-là insupportable et sans issue. Alors que, dans notre vie, le vrai et le faux sont embrouillés, tout devient clair. Si on donne au mot apocalypse le sens de catastrophe, on peut lui donner aussi le sens de libération.

Quand le dictateur, l’escroc, le trafiquant, le mafieux, sont pris au piège, ils vivent une apocalypse de catastrophe mais les victimes, elles, vivent la même apocalypse comme une libération. Enfin, la justice va pouvoir mettre au clair toutes les dérives et sanctionner comme il convient.

Le dernier dimanche de l’année liturgique célèbre en même temps deux événements :
1). La fin d’un monde. Celui de l’injustice, de la force brutale, du mépris. L’évangile illustre cette situation. A première vue, Jésus est en face de Pilate comme un homme démuni en face d’un pouvoir qui peut décider de sa vie ou de sa mort. Il se trouve que l’interrogatoire devient comme une conversation sur la source du pouvoir.
Un Psaume dit : « Aux filets qu’ils ont tendus, leurs pieds se sont pris. » (Ps 9, 16). C’est ce qui est arrivé aux ennemis de Jésus. Leur triomphe devient leur condamnation. Ils ne pourront rien contre un pouvoir « une royauté qui ne vient pas de ce monde. »

2). L’avènement d’un monde nouveau n’a pas sa source dans des décisions humaines. Ce monde nouveau commence le matin de Pâques mais arrivera le jour où la résur-rection donnera un visage nouveau à toute la création.
Cette royauté était déjà annoncée par le prophète Daniel. Son livre a été écrit à une é-poque particulièrement sombre de l’histoire du peuple de Dieu. Au milieu du désarroi général, Daniel voit venir comme un fils d’homme qui reçoit domination, gloire et royauté sur tous les peuples, toutes les nations quelque soient leurs langues.
²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²

Tous les hommes et, parmi eux, les chrétiens, sont visés par les deux facettes du mê-me événement. Tout homme peut dire qu’il a la conscience tranquille, mais il peut aussi se demander sur quoi s’appuie le jugement de sa conscience. Aucune vie n’est sans dérive.
Quand nous pensons qu’un jour nous nous trouverons en face de Dieu, nous pouvons quand même nous demander, si on n’est pas inconscient, comment ça va se passer. On peut s’en faire une idée mais que vaut cette idée ?
Cette inquiétude est de tous les temps. St Augustin (354-430) la décelait dans sa communauté. Il pose quelques questions à ses fidèles. (L.H. IV p. 307)
« Est-ce qu’on aime le Seigneur lorsqu’on redoute sa venue ? Est-ce que nous n’a-vons pas honte ? Nous aimons et nous redoutons sa venue ! Aimons-nous vraiment ou est-ce que nous n’aimons pas davantage nos péchés ? A ces questions, il répond : « Nous haïrons nos péchés eux-mêmes et nous aimerons celui qui va venir punir les péchés.
Un humoriste disait : « Quand la mort viendra frapper à ma porte, j’espère bien ne pas être là ».
St Augustin ne fait pas d’humour. Il dit : Le Seigneur viendra, que nous le voulions ou non. Ce n’est pas parce qu’il ne vient pas maintenant qu’il ne viendra pas. Il viendra et tu ne sais pas quand. Et s’il te trouve prêt, cela n’a pas d’inconvénient pour toi que tu ne le saches pas. »

Au milieu de cette remise en ordre générale, il est réconfortant de lire les quelques li-gnes du livre de l’Apocalypse : « Que la grâce et la paix vous soient données… »
La parole de Dieu ne nous invite pas à attendre le jour de sa venue dans la frayeur mais dans la paix. Mais la paix n’est pas l’insouciance ou l’inconscience. C’est la recherche de ce qui est vrai. D’où nous vient cette paix ?
Elle nous est donnée « de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre. »
- Jésus ! C’est le nom que porte le charpentier de Nazareth.
- Si Jésus est le nom d’une personne, Christ indique sa fonction, sa responsabilité. Il est le Messie.
- Le témoin fidèle. Ce titre fait écho à la déclaration de Jésus à Pilate : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. »
Il est venu montrer comment une vie d’homme peut se dérouler en parfaite harmonie avec la volonté de Dieu.
- Le premier-né d’entre les morts : Cette expression résume toute la foi des premiers chrétiens : cet homme, mortel comme les autres, Dieu l’a ressuscité et désormais, il entraine derrière lui quiconque veut bien le suivre.
- Le souverain des rois de la terre. Dans le prétoire de Jérusalem, Pilate a la puis-sance et Jésus la faiblesse. Le droit de Jésus, fondé sur son innocence, ne fait pas le poids.
Quand Jésus accorde à Pilate qu’il est roi, il ne se pose pas en concurrent. La royauté du Christ se distingue totalement des modèles reçus. Il conçoit son pouvoir comme un service.
En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Apocalypse nous invite à nous tour-ner vers « celui qui nous aime et qui nous a délivrés de tous nos péchés par son sang. »
Malgré tous nos efforts, ils ont empoisonné notre vie. Que faire d’autre que lui ren-dre grâce pour sa puissance ?

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>