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3e Dimanche C - Esaïe 8,23b-9,3

1ère lecture : Esaïe 8/23b-9/3

Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte
le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ;
mais ensuite, il a couvert de gloire
la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain,
et la Galilée des nations.

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1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière ;
et sur les habitants du pays de l’ombre
une lumière a resplendi.
2 Tu as prodigué la joie
tu as fait grandir l’allégresse :
ils se réjouissent devant toi,
comme on se réjouit de la moisson,
comme on exulte au partage du butin.
3 Car le joug qui pesait sur lui,
la barre qui meurtrissait son épaule,
le bâton du tyran,
tu les as brisés comme au jour de Madiane.

A propos de cette lecture :

« Au plus noir de la nuit, Isaïe ne cesse de croire à la Lumière, car Dieu est fidèle »

Ces quelques versets demandent de se remémorer le contexte. L’oracle date de l’époque du siège de Jérusalem par les Assyriens. Il reflète le climat de soupçon et de conspiration qui régnait dans Jérusalem contre le prophète. Un défaitisme général s’était emparé des milieux dirigeants qui se sentaient menacés dans leurs sécurités et qui n’était pas sans se répandre dans le peuple.
Dans un commentaire précédent nous avons déjà mentionné la situation politique. A Jérusalem, Achaz contre l’avis du prophète Isaïe, qui lui suggère la neutralité, préfère se soumettre à l’Assyrie et refuser l’offre d’union avec la Samarie et Damas, contre Teglat Phalasar.

Vers l’an 734, ce dernier avait enlevé et déporté une partie de la population des tribus du Nord. Les gens étaient déportés souvent les yeux crevés par les vainqueurs. Ils étaient, physiquement et moralement, dans les ténèbres. Temps d’obscurité pour tous car le peuple se sentait humilié en voyant ses enfants partir en exil ; moment de honte et d’humiliation.
C’est dans ce contexte, qu’Esaïe rappelant ce qui s’est passé dans le pays de Zabulon et de Nephtali annonce l’essentiel par un chant d’espérance proclamant que les mauvais jours et les événements pénibles n’auront pas le dernier mot.

v.23 a. Si, « dans un premier temps, il a avili le pays de Zabulon ».
v.23 b « ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain et la Galilée des nations. »
Zabulon et Nephtali étaient, lors de l’arrivée des Hébreux en Terre Promise, deux petites tribus du Nord. Au fil des siècles, leur terre s’est appelée la Samarie avant de devenir la Galilée. Zabulon et Nephtali, la Samarie et la Galilée, des noms qui désignent à peu près le même territoire
La route de la mer, c’est la plaine côtière, le long de la Méditerranée, à l’ouest de la Galilée. Le pays au-delà du Jourdain, c’est la Transjordanie.
« Au delà du Jourdain » : c’est à dire la Transjordanie, la Haute Galilée proche des territoires païens.
Tel sera le contraste annoncé par Isaïe. Qui est ce « il » ? Il ne peut s’agir que de Dieu. « le Seigneur » est un ajout de la traduction liturgique. La finesse d’Isaïe sait qu’il ne peut s’agir que de Dieu qui n’a pas besoin de dire son nom.

Matthieu 4,15 dira en quoi consistera la glorification dont parle Isaïe : « le peuple qui était dans les ténèbres a vu une grande lumière ». Le Christ illumine ces terres que l’on disait païennes.

Le Dieu en qui le prophète croit profondément, veut que la lumière brille sur la terre. Ne l’entendons-nous pas dès la première page de la Bible ? La première parole de Dieu n’exprime-t-elle pas sa volonté : « Que la lumière soit et la lumière fut » ! La première étape pour sortir de la confusion est celle de la lumière que Dieu établit le premier jour de la création : il sépare nuit-ténèbres et jour-lumière. « Il y eut un soir et un matin », on est totalement sorti de la confusion, les points de repères sont établis : le matin et le soir.
Non seulement Israël mais le monde entier est appelé à vivre dans la _ lumière. C’est pourquoi le texte nous dit que l’au-delà du Jourdain et le district des nations bénéficieront de cette lumière. Cette vie dans la lumière est comparée à la joie de la moisson. Quand les humains récoltent la moisson, ils sont remplis d’espérance et regardent vers l’avenir, car il y aura à manger et à boire. Ce rêve d’un avenir stimule et motive pour agir.

« Car le joug qui pesait… », voilà le changement espéré qu’Isaïe annonce : « le joug et la barre », signes d’oppression sont définitivement abolis par Dieu « car Dieu est un Dieu briseur de guerres »
Isaïe annonce que la nuit de l’oppression ne durera pas toujours : au futur il annonce le jour de lumière, le jour de la libération.

Ce passage a été choisi pour correspondre à l’Evangile du jour et révéler le sens de la mission de Jésus. L’oracle d’Isaïe, prononcé au moment où la superpuissance assyrienne annexait les provinces du nord et menaçait les autres, annonce l’aurore de la Lumière qu’Esaïe voit poindre, elle concerne le Messie.
Viendra le jour de la lumière et de la libération. La Galilée sera la première à se réjouir de cette Bonne Nouvelle.

« Il ne faut pas s’y tromper » : ce n’est pas par la force des armes ou par une entreprise humaine que viendra ce jour de victoire. Il est l’œuvre de Dieu qui va rétablir le pays dans la paix, l’indépendance et l’unité. Mais quand cela se fera-t-il ? L’histoire apprend que cela ne s’est jamais réalisé de manière stable. Matthieu a donc bien perçu le sens de ce passage en l’appliquant de manière spirituelle à la prédication de Jésus en Galilée. (Supplément à Célébrer 166, 37)
Cette parole d’espérance est aussi pour nous et pour notre monde. Nous pouvons nous convertir, notre monde peut changer, devenir meilleur, plus juste, plus joyeux, plus heureux pour tous et ainsi devenir davantage le monde de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus reprend la parole d’Isaïe, il nous invite à regarder ailleurs, à voir autre chose et autrement les mêmes choses. Une autre vie est possible. Jésus est cette lumière attendue. Il convient de la chercher.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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