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3e Dimanche de l’Avent A -15 décembre 2013

3ème Dimanche de l’Avent

Quand on parcourt les chapitres du prophète Isaïe, on rencontre en fait trois prophè-tes différents. Le premier, qui a donné son nom au livre, s’appelait vraiment Isaïe. Il a vécu à une époque de prospérité économique qui a engendré de grands désordres. Il dénonça les injustices et annonça une sévère remise en ordre. La sanction est venue : le peuple a été emmené en exil.
Un disciple de ce prophète (le 2ème Isaïe) a accompagné le peuple pendant cette épreu-ve. Il fallait entretenir l’espérance.
Un autre disciple (le 3ème Isaïe) s’est levé au retour d’exil. Il fallait redonner le moral aux exilés revenus sur leur terre ; ils étaient découragés par toutes les difficultés qu’ils rencontraient.
Durant le temps de l’Avent ce sont quelques extraits du 1er Isaïe que nous lisons. A-près avoir annoncé toutes sortes de malheurs à toutes les nations, y compris Jéru-salem, il annonce une restauration des relations humaines. La terre redeviendra habi-table. C’est le texte d’aujourd’hui.

_ « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte ! (…) La gloire du Liban lui est donnée (…) Fortifiez les mains défaillantes affer-missez les genoux qui faiblissent, dites aux gens qui s’affolent : Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu, c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. »
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Après avoir annoncé des moments de catastrophe, Isaïe décrit donc un monde nou-veau. Quand Dieu annonce sa vengeance, cela veut dire qu’il va reconstruire le mon-de sur trois piliers : la vérité, la justice et la miséricorde.
Notre société a connu des heures faciles. Des voix se sont élevées pour dénoncer le péril d’une dette qui allait devenir incontrôlable. Elles n’ont pas été écoutées et nous voilà dans l’inquiétude. Les plus malins vont réussir à sauver leurs richesses. A ceux qui veulent une société plus responsable, le prophète annonce qu’une sortie est tou-jours possible. Il faut trouver la bonne route et s’y engager avec confiance.

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L’évangile nous invite à regarder de nouveau Jean Baptiste. Son franc-parler lui a va-lu d’être arrêté. Dans sa prison, il entend, à propos de Jésus, des choses qui l’éton-nent : « Jean le Baptiste entendit parler dans sa prison des œuvres réalisées par le Christ. »
Jean Baptiste connaît Jésus. C’est son petit cousin et, si on peut dire, il a contribué à le mettre sur orbite. Et le voilà qui doute ! S’est-il lui-même fourvoyé ? A-t-il eu rai-son de faire connaître Jésus au grand public ? Il s’imaginait peut-être que Jésus allait se conduire comme tous les opposants au régime de l’empire romain. Il laboure dans sa tête son inquiétude. Ne pouvant rencontrer Jésus, « il lui envoya ses disciples et par eux lui demanda : es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un au-tre ? » La question frôle l’impertinence mais elle donne la mesure du désarroi de Jean Baptiste.
Jésus ne répond pas par des phrases. Il invite les messagers de Jean Baptiste à écou-ter, à regarder et à rendre compte : « Les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » Cette réponse concrète invite à poser deux questions :

1) Est-ce que notre relation à Jésus améliore notre vision des choses et guérit nos sur-dités ? Nous remet-elle debout ? Libère-t-elle en nous une parole qui fait du bien ?
2) Nous vivons dans une société où on raconte tout et le contraire de tout sur toutes les institutions humaines. Y-a-t-il une profession, un statut social, qui ait une bonne image de marque aujourd’hui ?
L’Eglise n’échappe pas au phénomène. On raconte de tout sur l’Eglise. Mais quand concrètement une personne a affaire avec l’institution Eglise, ou rencontre des chré-tiens, se sent-elle écoutée, reconstruite ? Se sent-elle mieux ?
Dans sa propre vie, tout chrétien est tiraillé entre la manière de vivre du monde et l’appel à suivre le chemin ouvert par Jésus. Ses choix sont rarement clairs et sans retour en arrière.

Une réflexion de la lettre de St Jacques est opportune : « En attendant la venue du Seigneur, prenez patience… ne gémissez pas les uns contre les autres… prenez pour modèle d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Sei-gneur. »
A côté des gens qui passent leur temps à gémir et à critiquer, il y a ceux qui, dans leur propre maison, leur quartier, telle ou telle association, essaient de rendre plus supportable le monde concret dans lequel ils vivent.
Ils rencontrent toutes sortes de difficultés. Ils ont besoin, comme dit St Jacques, de patience et d’endurance. Ils ont rejoint la cohorte des prophètes. Comme eux, ils ont connu des situations de souffrance et comme eux ils ont fait le peu qu’ils pouvaient faire pour soulager, réconforter et redonner le goût de vivre. Par eux, c’est encore Jésus qui éclaire une route. On peut relire le Psaume 145 de ce dimanche :

« Le Seigneur fait justice aux opprimés. Aux affamés, il donne le pain. Le Sei-gneur délie les enchaînés. Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles. Le Seigneur redresse les accablés. Il aime les justes. Le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin. D’âge en âge le Seigneur règnera.

Nous ne sommes pas en mesure d’évaluer l’impact des petits gestes que nous pou-vons poser, mais nous savons qu’aucun de ces petits gestes n’est perdu.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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