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3e dimanche de l’Avent

16 décembre 2007
3ème Dimanche de l’Avent
Is 35, 1-6, 10 Jac.5, 7-10 Mt 11, 2-11

On ne traverse jamais le temps de l’Avent sans avoir à faire avec le livre d’Isaïe. Dans la première partie du livre, Dieu punit son peuple pour son infidélité et dans la seconde partie, c’est toute l’humanité qui est visée… pour son inhumanité. « Le courroux du Seigneur est dirigé contre toutes les nations, sa fureur contre leur armée entière. Il les voue à l’interdit ; il les livre au massacre. (34,2) (…) Mon épée(…) s’abat sur Edom. » (34,5)

A titre d’exemple, c’est donc un petit pays qu’il faut regarder, le pays d’Edom. Il est situé dans le désert, au sud de la Mer Morte. Qu’a-t-il fait de mal ? Tout naturellement, il a voulu profiter du départ des juifs en déportation pour occuper le terrain. De ce fait, il est devenu l’image d’une humanité malveillante. Par conséquent Edom sera détruit et cette destruction sera le premier acte de la destruction de toute l’humanité.

Qu’il s’agisse donc d’Israël ou de l’humanité tout entière, l’intervention de Dieu se manifeste dans un premier temps par une destruction qui est en fait une purification qu’on pourrait dire chirurgicale.

La purification en Israël a déclenché un fort courant d’espérance chez ceux qui s’entêtaient à vivre selon la justice. Pour eux l’horizon s’est éclairci. Or ce courant d’espérance va atteindre tous les justes dans tous les pays car il y a aussi des justes dans les autres peuples qui ont connu la même purification.

Que Dieu s’en prenne à son peuple quand il part à la dérive ou aux nations qui déshonorent l’humanité, dans les deux cas, il sauve ceux qui, ici et là, ont voulu vivre selon la justice.

Le texte d’aujourd’hui nous prépare à Noël en élargissant notre horizon. Contrairement à ce que les catalogues voudraient nous faire croire, la fête de Noël ne se réduit pas à des échanges de cadeaux entre amis et elle n’est pas seulement la fête des enfants. Elle est une intervention de Dieu au niveau de toute l’humanité.
Il y a des méchants et des justes partout dans le monde y compris dans l’Eglise Personne n’a la garantie de son salut. Personne n’est exclu.

Le texte d’aujourd’hui voit le salut de tous ces rachetés comme une traversée du désert. Elle se fait à l’envers de celle qu’a connue autrefois le peuple hébreu sous la conduite de Moïse. Parce qu’il s’agit d’une délivrance et non plus d’une punition, le désert a pris des allures de jardin.

Dans les deux situations, Dieu se présente comme un libérateur et un sauveur. Dans les deux situations, il manifeste sa puissance.
Une Remarque : Objectivement, un désert est toujours un désert, mais on peut le regarder différemment. Il est affreux quand il est vécu comme une punition.
Il devient merveilleux quand on revient à la maison. « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent. Le pays aride qu’il exulte et fleurisse. Qu’il se couvre de fleurs des champs »
Le désert peut être le lieu où l’on meurt. Il peut être aussi le lieu où une vie inattendue surgit. Cela nous invite à vérifier la manière de regarder notre vie

Ce qui nous est donné de vivre, les situations qui nous sont imposées peuvent être vécues comme un malheur. Un regard nouveau peut en faire une chance.
En fait, chaque situation est un appel, un message,… souvent codé. Il faut du temps pour le déchiffrer et l’accepter.
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« Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu. C’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. »
Pour comprendre cette parole il faut se mettre dans la mentalité du Juste (juif et non-juif) qui n’a rien compris aux malheurs qui lui sont arrivés.

Ce que nous avons à découvrir et à vivre c’est que Dieu reste présent dans toutes les épreuves que nous avons à traverser. En dépit de toutes les apparences, il garde la main sur la conduite de notre histoire. Il a permis la déportation de son peuple mais il était présent avec les déportés. La vengeance, la revanche de Dieu consiste en ceci : enfin les justes (juifs ou non-juifs) seront reconnus comme justes et traités comme tel.
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« Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds »
Les justes (juifs et non-juifs) ne naissent pas justes. Ils le deviennent. Ils ont vécu la vie de tout le monde. Ils ont connu les trépidations d’une vie qui bouillonne, tourbillonne et tourbibouillonne sans que personne ne puisse dire qui organise le tourbillon et qui le subit.

Toujours est-il qu’un jour, ils ont perdu le contact avec eux-mêmes. A force de tourner, ils ont perdu le bon sens et se sont retrouvés hors circuit. C’était une expérience semblable à la déportation, à l’exil, une sorte de temps mort. Une expérience humiliante. Il se passait des choses dans le monde et ils restaient sur la touche. Ils n’intéressaient plus personne. Ils étaient comptés pour rien.

Aucune vie n’échappe à cette expérience. Ce temps mort ! On peut découvrir après coup que c’était un cadeau, un temps donné pour nous retrouver.
Arrive le jour où la lumière se fait en nous, où nos oreilles se débouchent. Nous reprenons le contact avec nous-mêmes

Tous les captifs (juifs et non-juifs) découvriront qu’ils ont été sauvés par le même Seigneur et ils se retrouveront dans une Jérusalem nouvelle, ouverte à tous les peuples.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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