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4e Dimanche Avent- Hébreux 10, 5-10

2ième lecture : Hébreux 10/5-10

5 Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : De sacrifice et d’offrande, tu n’as pas voulu, mais tu m’as façonné un corps.
6 Holocaustes et sacrifices pour le péché ne t’ont pas plu.
7 Alors j’ai dit : Me voici, car c’est bien de moi qu’il est écrit dans le rouleau du livre : Je suis venu, ô Dieu, pour faire ta volonté.
8 Il déclare tout d’abord : Sacrifices, offrandes, holocaustes, sacrifices pour le péché, tu n’en as pas voulu, ils ne t’ont pas plu. Il s’agit là, notons-le, des offrandes prescrites par la loi.
9 Il dit alors : Voici, je suis venu pour faire ta volonté. Il supprime le premier culte pour établir le second.
10 C’est dans cette volonté que nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes.

A propos de cette lecture :

Dans un langage cultuel qui n’est pas le nôtre mais celui de l’auteur de la Lettre aux Hébreux, résonne une Parole toujours vivante et actuelle. En nous la donnant à entendre, l’Eglise réaffirme en cette veille de Noël, le projet d’amour du Père, sa volonté de bonheur à notre égard. « Je suis venu pour faire ta volonté » : l’incarnation est la rencontre de deux désirs, celui du Père et celui du Fils.

« Aussi – C’est pourquoi » L’auteur a dit jusqu’ici l’incapacité de la loi. Même si elle possède l’esquisse des biens à venir dont elle n’est que l’ombre , elle ne peut mener à son accomplissement, à la perfection, ceux qui participent aux sacrifices.
C’est sans cesse, chaque année, indéfiniment (eis to diene kès) que les sacrifices devront être offerts sans jamais pouvoir rendre parfaits ceux qui s’approchent de Dieu.
L’auteur l’ exprime très bien en 5,2 : si la purification avait été effective on ne devrait plus offrir d’autres sacrifices. Impossible à du sang d’animaux d’effacer les péchés, de purifier le cœur de l’homme, à l’origine de tout péché.
Seul, un élément spirituel plus puissant pourrait atteindre le cœur de l’homme pour le purifier.
Il n’y a que Dieu lui même qui le puisse. C’est ce que Christ a réalisé en mettant fin à l’ancienne Alliance scellée dans les sacrifices d’animaux.
Au chapitre 4 il a déjà été dit que le Christ a offert son sang sur la croix au lieu du sang des animaux impuissants à effacer les péchés.
Son sang il ne l’a pas présenté au Saint des saints du temps, au temple, mais au ciel et ce une fois pour toutes.
« Ainsi il ne cesse d’intercéder auprès de Dieu pour nous appliquer les mérites de la Passion »
L’eucharistie ne fait rien d’autre que rendre présent l’offrande du Christ, nous partager et , distribuer les fruits rédempteurs.
V. 5-7 : « entrant dans le monde » cad dès le premier instant de son incarnation dans le sein de Marie Jésus réalise ce que le psaume 40, 7-9 annonçait :
Tu n’aimais pas vraiment l’offrande, les sacrifices ; tu me l’as fait comprendre ;
holocaustes et victimes pour le péché, tu ne les as pas demandés.
8 Alors j’ai dit : « Me voici, le rouleau du livre a parlé de moi. »
9 Ô Dieu, tout mon plaisir est de faire ton vouloir, ta loi est au plus profond de mon être.

Il vient accomplir la volonté divine : une obéissance qui vaut mieux que tous les sacrifices.
Le messie inaugure la réalisation du projet de Dieu annoncé de toute éternité.
Dans l’ancienne alliance l’essentiel portait sur le caractère répétitif et le rituel des sacrifices d’animaux. Jésus apporte une radicale nouveauté, qui nous intéresse aussi : ce qu’il y a lieu d’accomplir c’est le désir, la volonté de Dieu. Elle seule peut nous mettre sur la voie du retour et de l’union avec Dieu.
Sur ce point le Christ nous ouvre la voie et nous précède d’une manière convaincante.

V. 8-9 : Dieu ne peut accepter des sacrifices offerts par devoir. Le culte que Dieu a institué donnait corps à l’alliance. La loi, elle, garantissait la fidélité à l’alliance, or ce caractère de service est devenu un but en soi.
V. 9 : à la place de ce culte rituel, le Christ offre à son Père de faire sa volonté. Il ne s’agit pas d’un acte volontariste mais du désir de rencontrer, de réaliser le désir de son Père, de renouer une Alliance avec les hommes.

_ Faire la volonté de Dieu c’est pour le Christ conduire les hommes à la rencontre de son Père, à la gloire de Dieu. Christ nous invite à le suivre sur cette même voie : il attend notre acquiescement à son désir et à une relation personnelle avec lui.

Chez Jésus, pas de place pour un volontarisme aigu qui voudrait répondre à des exigences de son Père. Dieu n’est pas un tortionnaire qui impose à Jésus le sacrifice de sa vie. Dieu attend de lui et de nous un acquiescement à son désir de voir l’humain heureux.

Ce qui change dans la vie du Christ nous dit le Père Monloubou : « il a traversé la vie et sa mort avec une disponibilité à Dieu, une obéissance qui leur ont donné une signification radicalement nouvelle…Le mystère de Jésus est un mystère d’obéissance : c’est par là que sa vie et sa mort, gestes d’homme, ont pris devant Dieu une signification unique ». Christ se fait offrande : dans son obéissance il fait don sans réserve de tout son être et nous ouvre la voie de Dieu. Cela d’une manière radicale, une fois pour toutes.
Dans la naissance de Jésus pauvre nous percevons déjà le choix que le Christ fait, en obéissant à son Père, de venir rejoindre l’humanité dans son extrême détresse.
Dans son acte d’obéissance Jésus révèle aux hommes que « Dieu est amour en les disposant à recevoir son amour. »
L’incarnation est révélation, du fait que le Verbe exprime en Jésus naissant le Oui du Père, son consentement à prendre Jésus pour fils afin d’adopter en lui tous ses frères » Moingt
Nous sommes tentés de chercher notre sécurité à travers des rites à accomplir. Nous sommes appelés à faire place à une religion-relation qui, elle, sera toujours à inventer, à découvrir, à régénérer. Nourris de cette invitation comment allons- nous célébrer Noël, aller à la rencontre de Celui qui nous sauve ?

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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