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4e Dimanche de Pâques Apoc 7,9.14-17

Apoc 7,9.14b-17

9 Après quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue ; debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à la main,
10 ils crient d’une voix puissante : "Le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau !"
11 Et tous les Anges en cercle autour du trône, des Vieillards et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le trône, la face contre terre, pour adorer Dieu ;
12 ils disaient : "Amen ! Louange, gloire, sagesse,
action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen !"
13 L’un des Vieillards prit alors la parole et me dit : "Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où viennent-ils ?"
14 Et moi de répondre : "Monseigneur, c’est toi qui le sais." Il reprit : "Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau.
15 C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, le servant jour et nuit dans son temple ; et Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente.
16 Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif ; jamais plus ils ne seront accablés ni par le soleil, ni par aucun vent brûlant.
17 Car l’Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux."

L’apocalypse est essentiellement une inspiration à « regarder », une contemplation à la vue à de la révélation du Seigneur et particulièrement ici du Messie.

Les chrétiens comme les autres sont soumis à toutes les calamités qui ravagent la terre mais ils sont appelés, comme le Christ, à être offerts en sacrifice, martyrs ; cela jusqu’à l’achèvement du temps, lors du jugement de Dieu qui mettra à part ceux qui seront reconnus comme serviteurs de Dieu, foule immense.

L’apocalypse est le seul livre du NT qui donne à Jésus le titre de Témoin c.à.d. de « martyr ». Jésus est le témoin authentique et véridique et les chrétiens ne sont pas appelés témoins purement et simplement mais bien témoins de Jésus. Jésus est témoin et il présente son témoignage soit par lui-même soit par l’intermédiaire des chrétiens.

L’apocalypse est le dévoilement de l’avenir de Dieu à des persécutés pour soutenir l’espérance. Il laisse entrevoir la face cachée de l’histoire des hommes.
Cette histoire, quoiqu’il en paraisse, est entre les mains de Dieu ; le Christ vainqueur de la mort et du péché ne cesse d’ouvrir en lui un chemin de lumière à ceux qui croient et à ceux qui entrent dans cette façon de voir l’histoire.

Il y a un rapport entre le témoignage et le martyre. C’est là que nous trouvons la place de la vocation monastique : comme témoin de l’amour du Père, comme Jésus et à sa suite, dans la fidélité jusqu’à la mort.

Cet avenir est celui de l’aboutissement de la libération de l’homme inaugurée par la victoire du Christ sur la haine et la mort et dont les béatitudes sont le porche d’entrée, la route à suivre, les jalons, les points de repère. Comme si le Seigneur voulait nous rappeler que lorsque nous y serons il faudra, à ce moment là, faire mémoire et se rappeler, comme les disciples et les apôtres après la résurrection se sont rappelés tout ce qu’il leur avait dit en y voyant l’accomplissement.

Le cadre, le décor est un peu surréaliste : c’est ici l’évocation des fastes somptueux de la cour impériale. Il décrit en réalité toute une liturgie céleste où le Seigneur et l’Agneau, son serviteur accueillent les martyrs, les témoins venus de la grande épreuve, des persécutions, ceux qui ont blanchi leur tunique baptismale dans le Sang de l’Agneau immolé et participent à sa victoire.
La scène s’inscrit dans le « scénario de l’ouverture du livre scellé de sept sceaux » à la demande de l’Agneau égorgé (chap. 5-6)
La vision dont il est ici question est avant tout la visée finale de l’Espérance chrétienne soumise à rude épreuve.

Quatre parties :
L’auteur se présente brièvement : v.9, moi Jean, je vois une foule que nul ne peut dénombrer.
Après avoir rapporté sa vision de l’Ange marquant du sceau du Dieu vivant (le sceau du baptême) les membres du peuple de Dieu, l’Eglise symbolisée par les 144.000, Jean a une vision qui dépasse de loin les 144.000 dont il était question. Il voit une foule de toutes nations, races, peuples et langues. C’est la réalisation de la promesse faite à Abraham (Gen. 15). La foule n’est donc pas seulement l’aboutissement du Reste d’Israël, elle le déborde, elle représente tous les disciples de Jésus à travers l’histoire, ceux qui ont cru en lui.
Les innombrables témoins se tiennent debout devant le trône dans une attitude de victoire qui est sextuple. La foule immense du monde à venir ne sera que bonheur.

Ce nombre n’a rien à voir avec un numerus clausus, chiffre limitatif : Dieu n’est pas raciste ni, selon certains exégètes, il n’est fait allusion qu’aux seules douze tribus d’ Israël. Les élus proviennent de toutes les races, tribus, langues, peuples : 12 douzaines de milliers c’est l’universalité de la tendresse de Dieu qui couvre toute la terre, une foule que nul ne peut dénombrer. Quatre mots nous disent que toute l’humanité est là dans sa diversité : nations, races, peuples et langues.
Certaines sectes utilisent ce chiffre à des fins « limitatrices » en se comptant bien sûr parmi les 144000 !
Notre lecture célèbre l’espérance des 144000 baptisés appelés à vivre l’aujourd’hui de Dieu dans les tribulations de la grande épreuve des persécutions et aussi, dans cette vision, la foule immense, symbole d’une Eglise née du peuple juif et désormais ouverte à tous les hommes. Au centre de cette grande liturgie céleste Jean perçoit notre Dieu qui siège sur le trône et l’Agneau ; le Christ vainqueur de la mort.

Enfin le dialogue final : « qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Jean livre ici à ses lecteurs l’interprétation de cette scène grandiose de ceux qui ont suivi fidèlement le Christ, de ceux qui après lui ont traversé la grande épreuve et sont associés à sa victoire.
C’est tellement incroyable que la description insiste et appuie sur le négatif : « ils viennent de la grande épreuve, mais ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, le soleil ne les brûlera pas ». On retrouve une certaine réalisation des béatitudes …
Il fallait et il faut bien qu’on nous dise cela pour nous arracher aux peurs qui envahissent nos vies et le monde d’aujourd’hui. « C’est une rude bagarre la vie » soupire Job.

Mais si le cœur est libéré de la peur nous pouvons accueillir l’image positive du bonheur que nous propose le Christ.
C’est parce que l’Agneau égorgé est debout, parce qu’il est vivant après avoir été offert en sacrifice , parce que il y a la Pâque que toute l’histoire a du sens et change le cours de celle-ci.

« Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente. » Comme le Seigneur résidait sous la tente, présent au milieu de son peuple.
« Ils n’auront plus ni faim ni soif », ainsi que le prophète Isaïe l’avait déjà prophétisé (49/10) Ils n’endureront ni faim ni soif, jamais ne les abattront ni la brûlure du sable, ni celle du soleil ; car celui qui est plein de tendresse pour eux les conduira, et vers les nappes d’eau les mènera se rafraîchir.
« Le soleil et ses feux ne les frapperont plus », comme le suggère le psaume 120 (121) : Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper, ni la lune durant la nuit.
« L’agneau sera leur berger », voir psaume 22 (23). L’agneau est présenté comme le pasteur qui conduit son peuple et non plus comme le roi messianique qui gouverne les nations. Pasteur, Jésus n’est pas au-dessus des siens. Il est le berger qui donne sa vie pour nous sauver. Seul le berger devenu agneau, peut revendiquer d’être le vrai pasteur, parce qu’il ne fait plus qu’un avec ceux qui lui sont confiés.
« Il les conduira vers les sources d’eau vive. » psaume 22(23).
« Il essuiera toute larme de leurs yeux. » « Il fera disparaître la mort pour toujours. Le Seigneur DIEU essuiera les larmes sur tous les visages et dans tout le pays il enlèvera la honte de son peuple. Il l’a dit, Lui, le SEIGNEUR. » Isaïe 25/8

Si le genre littéraire déconcerte nos esprits modernes, pourtant le message est très actuel et vient ranimer la flamme de notre espérance à celle des premières générations chrétiennes.

L’apocalypse élargit notre regard vers le monde à venir et rideau se lève sur une foule immense. Nous sommes invités à prendre appui sur le passé, sur l’histoire du Christ, sur ce qui lui est arrivé et aussi à ses fidèles.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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