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4e Dimanche de l’Avent A Isaïe 7,10-16

1ère lecture : Isaïe 7/10-16

10 Le Seigneur parla encore ainsi au roi Acaz :
11 « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. »
12 Acaz répondit :
« Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »
13 Isaïe dit alors :
« Écoutez, maison de David !
Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes :
il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
14 C’est pourquoi le Seigneur lui-même
vous donnera un signe :
Voici que la jeune fille est enceinte,
elle enfantera un fils,
qu’elle appellera Emmanuel
(c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
15 De crème et de miel il se nourrira,
jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
16 Avant que cet enfant sache rejeter le mal
et choisir le bien,
la terre dont les deux rois te font trembler
sera laissée à l’abandon


A propos de cette lecture :

Une des plus grandes tentations qui nous guettent sans doute, c’est la démission devant les faits. « On n’y pourrait quand même rien y changer ».
Les versets d’Isaïe nous parlent d’un événement bien concret dans la vie du peuple et qui n’a rien à voir avec la naissance de Jésus, fils de Marie. (Même s’il est vrai que Matthieu reprendra ce texte et l’interprétera pour nous parler de la venue de Jésus dans le monde).
Au moment où ce récit est écrit, sur le petit Royaume de Jérusalem règne le descendant de David, Achaz. Les rois de Damas et de Samarie se dirigent vers lui pour le forcer à s’allier à eux contre l’Assyrie.
S’il refuse de s’allier à eux, ils le déposeront pour en mettre un autre et ce sera la fin de la dynastie Davidique. Le roi Achaz tremble pour son royaume et sa dynastie.
Car Achaz a plutôt choisi de s’allier à l’Assyrie, mais une telle alliance entraîne la soumission du Dieu d’Israël aux dieux assyriens. C’est au plus fort de son dilemme que pris par la peur, affolé il va jusqu’à sacrifier son fils. Achaz, descendant de David n’a plus de fils : il l’a immolé par le feu.
Devant ce problème, Achaz ne veut miser que sur la diplomatie humaine et ses alliances politiques.
C’est alors.
Isaïe va trouver Achaz qui surveille les travaux de fortification et il le trouve « à l’extrémité du canal de la piscine… » et l’invite à ne pas craindre et à prendre la mesure, en face de du Seigneur, de ceux qui tentent de le déstabiliser et qu’il appelle « ces deux bouts de tisons fumants ». Il l’invite à mettre sa confiance en Dieu : « si vous ne croyez pas, vous ne vous maintiendrez pas ». La foi exige une absolue confiance. Mais Achaz cherche ses solutions partout hors de Dieu, alors que Dieu serait prêt à lui donner un signe s’il le demande. La foi qu’exige Isaïe suppose la pleine confiance dans le Seigneur.
Achaz n’y est pas encore. Il faudra encore une autre intervention du Seigneur pour convaincre Achaz de renoncer à ses calculs politiques et se confier au Seigneur. C’est le texte de la liturgie de ce dimanche : le Seigneur propose un signe à Achaz comme pour l’aider à croire. Il va jusqu’à lui laisser le choix : « demande un signe au Seigneur, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. »

V12 : par manque de foi Achaz refuse de revenir sur sa décision et il trouve même une excuse à ce refus : il ne veut pas tenter Dieu, il ne veut pas le mettre à l’épreuve, il ne veut pas le fatiguer. Ce mot « fatiguer à ici un sens très fort, c’est se rendre insupportable au point d’en faire pour l’autre un sujet de querelle, voire d’accusation devant les tribunaux » A. Vanel dans Ass. du Sgr.
Ce qui retient Achaz c’est ce n’est pas seulement lui mais toute la maison de David qui a pris avec lui cette option face à la coalition avec Damas et Samarie.
Or, c’est cela Isaïe lui reproche. La vraie question n’est pas de tenter Dieu mais d’abdiquer devant les faits qui provoquent notre foi.
Dieu ne se contente pas de glisser des signes dans la création, dans des faits sans vie. Dieu signe sa présence de salut au milieu des humains, par des actes ! Le Nom qu’il se donne en présence de Moïse, il ne le renie pas. Il est celui qu’ il sera avec nous dans notre histoire tourmentée. Pour Dieu il n’y a pas des faits sans vie, mais des hommes qui vivent des événements sous lesquels parfois ils se trouvent broyés. Dieu prend fait et cause pour son peuple comme il l’a fait pour les Hébreux opprimés en Egypte. Mais souvent l’intervention de salut de Dieu fait voler en éclats tous nos projets humains.
Malgré les résistances et les refus d’Achaz, Dieu va donner un signe à toute la maison d’Israël. Le prophète promet au roi Achaz la naissance d’un enfant. Une toute jeune fille, même pas mariée va concevoir le futur roi. Entrée sans doute depuis peu à la cour royale et enceinte, elle va mettre au monde un fils inattendu qui sera de la lignée de David : Ezéchias, appelé par Isaïe « Emmanuel ».
Par lui on verra que Dieu est avec nous. Avant qu’il ait atteint l’âge de raison l’Assyrie aura châtié Damas et Samarie, ce sera la délivrance.
« A travers cet enfant, élu de Dieu, le prophète donne à entrevoir la possibilité d’un renouvellement du monde » BJ note p. 1127.
Toute l’espérance se reporte sur l’enfant qui va naître, Ezéchias. C’est lui qui sera « le salut dans la tourmente, l’expression de la présence active de Dieu ».
Cependant Ezéchias lui aussi commettra des erreurs, il décevra encore mais il aura permis d’effectuer la sortie de crise.
La promesse de l’Emmanuel va trouver son aboutissement et son sens dans la venue de Jésus.
Peut-on jamais prévoir ni prédire l’action de Dieu. Il a sa façon à lui de signer sa présence au bas de notre histoire pour l’ouvrir sur l’avenir. Il rend possible l’impossible : Emmanuel, Dieu avec nous !

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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