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4e Dimanche de l’Avent C

23 décembre 2012
4ème Dimanche de l’Avent –C-

Moïse a donné la Loi au peuple sur le Mont Sinaï. Elle était le socle de l’alliance con-clue entre Dieu et le peuple. Le peuple l’a accueillie et oubliée avec le même entrain.
Exilé en Chaldée (Irak du sud), il a redécouvert l’importance de la Loi. Pour retrouver la bienveillance de Dieu, il l’a prise au pied de la lettre à ce point qu’elle finit par contrôler tous les menus détails de la vie. Finalement, elle est devenue impraticable.
Dans ce schéma, le bon juif, ayant fait ce que la Loi demande, estimait avoir la cons-cience tranquille. Il avait fait sa part du contrat, que Dieu fasse la sienne ! Parmi les choses à faire, il y avait les offrandes d’animaux sacrifiés pour effacer les péchés.

A-t-on essayé d’évaluer la quantité de bêtes sacrifiées au cours des siècles ? Leur nombre n’a pas réussi à rétablir une relation saine avec Dieu. La lettre aux Hébreux, dans les pages précédentes, a mis en évidence l’inefficacité de ces sacrifices.
Le péché était toujours là. Le but visé était louable mais jamais atteint.

Si les célébrations et les sacrifices ne servaient à rien, il y avait bien une raison. Des prophètes ont dénoncé la contradiction entre ce qui était dit et fait au Temple et ce que les pratiquants disaient et faisaient dans leur vie quotidienne.
Les prophètes ne prétendaient pas supprimer les sacrifices, ils s’attaquaient plutôt au manque de sincérité du peuple devant Dieu. Pour n’en citer qu’un, voici Isaïe : il met dans la bouche du Seigneur ces paroles : « Ce peuple ne s’approche de moi qu’en pa-roles, ses lèvres seules me rendent gloire mais son cœur (sa volonté) est loin de moi. (Is. 29, 13). Au temple, le somptueux se mariait avec le mensonge.
Toujours introuvable, le chemin de l’union à Dieu a été enfin déblayé par la démar-che du Fils de Dieu. Il s’est fait homme sans cesser d’être Dieu.

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Il faut quand même dire qu’il y avait, dans le peuple, des gens qui souffraient de ce divorce entre Dieu et l’homme. Ces gens ne perdaient pas pied dans la splendeur creuse du Temple. Ils s’exprimaient dans la prière.
Si on se souvient que l’auteur de la lettre s’adresse à des juifs convertis, on ne peut pas être surpris de le voir ouvrir la Bible. Dans le passage de ce matin, il ouvre le livre des Psaumes et lit ceci :
« Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes mais tu m’as fait un corps. Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour les péchés alors, je t’ai dit « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. » (Ps 40, 7-8)
En ce qui le concerne, ce Juif priant a mis le doigt sur l’essentiel : faire la volonté de Dieu. Et il emploie ensuite quelques expressions qui peuvent aider à mesurer le con-tenu de sa démarche : (Ps 40, 9-10)
« Dans le livre est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles.
J’annonce la justice dans la grande assemblée,
vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur tu le sais. »

On ne fait bien que ce que l’on aime.
Il y a, dans la vie de ce juif qui prie, le désir d’une relation à Dieu qui ait une certaine consistance et un minimum de vérité.
Il y a un désir de plaire à Dieu qui habite au plus profond de son être.
Il y a le souci de régler sa vie selon la justice de Dieu quoi qu’en disent les hommes.

En retour, ce Juif espère une réponse du Seigneur. Il la formule ainsi : (40, 12)
« Toi, Seigneur, ne retiens pas loin de moi ta tendresse ;
Que ton amour et ta vérité sans cesse me gardent ! »

Il y a dans ce Psaume une évaluation de la situation. L’homme, même s’il est grand prêtre officiant au temple, est dans l’incapacité de faire une approche correcte de Dieu avec la seule célébration de sacrifices. Il faut trouver autre chose.
« Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. » (Ps 40, 7-8) La lettre aux Hébreux met cette parole du juif qui prie sur les lèvres de Jésus quand il entre dans le monde.
Dans ce « Me voici » de Jésus, il y a sa volonté d’une fidélité absolue à Dieu et la confiance en la fidélité absolue de Dieu.
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Nous voilà en face de deux images :
1 ). Les Juifs avaient les paroles justes au bout des lèvres mais leur cœur (leur volonté) s’intéressait à leurs propres affaires.
2). Pendant ce temps-là, d’autres juifs priaient sans bruit, et dans leur prière, ils se voulaient attentifs à la volonté de Dieu.

« Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. » (Ps 40, 7-8) A quelques heures de Noël, essayons d’entendre cette parole qui a traversé les siècles avant de devenir la parole de Jésus. Il laisse de côté les agitations du temple autour des sa-crifices pour se reconnaître dans la prière d’un juif qui ne fait pas de bruit.
Et nous, aujourd’hui, nous voilà dans le bruit de Noël avec des bougies et des lu-mières. Sont-elles là pour notre satisfaction ou pour dire notre désir de découvrir la vraie lumière qui nous sortira de notre injustice ?

« Me voici ! » Jésus dit cela à son Père. Il va faire sa volonté.
« Me voici ! » Jésus dit cela à chacun de nous pour nous aider, si tel est notre désir, à faire la volonté de son Père.
« Me voici ! » Jésus nous dit cela pour qu’à notre tour, nous puissions dire « Me voici » à Dieu et à tous ceux qui autour de nous vivent une détresse.
« Me voici » Pourrions-nous, nous souvenir de ces deux mots au cœur de nos obli-gations traditionnelles pendant ces fêtes de fin d’années ?

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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