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5e Dimanche A -9 février 2014

5ème Dimanche du T.O.. –A-

Le prophète Isaïe que nous écoutons aujourd’hui a exercé son ministère à Jérusalem dans les années qui ont suivi le retour d’exil.
Au cours des 49 ans vécus en Chaldée (Irak du sud) les juifs déportés ont fondé une famille. Ils se sont installés et ont vécu leur foi avec les moyens du bord.
En 538 av. J.C., Cyrus, le roi des Perses, autorise toutes les populations déportées à retourner dans leur pays d’origine. Des Juifs, (les croyants les plus convaincus et sans doute les plus jeunes), ont profité de cette autorisation pour tenter l’aventure. Sur le chemin du retour, ils ne pouvaient s’empêcher d’imaginer une vie meilleure, voire à nouveau glorieuse. Dieu avait une revanche à prendre. Il avait sûrement préparé le terrain pour les accueillir.

La désillusion fut grande. La terre de leurs parents avait été prise en charge par d’autres et les maisons n’étaient pas restées vides. Comment récupérer les biens de la fa-mille ? On peut imaginer les discussions entre les anciens et les nouveaux propriétaires et les discussions… entre juifs ! Il fallait bien se débrouiller pour vivre. Il fallait aussi rétablir les institutions et reconstruire le Temple. En bref, il fallait remettre la Judée en état de marche.
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Quand le prophète s’exprime, les juifs ont fait un gros effort pour observer la Loi. Ils ont rétabli le culte avec les prières quotidiennes et hebdomadaires, les célébrations pénitentielles, les jeûnes aux jours prescrits. Et ils ont dans la tête une idée simple : puisqu’ils font tout ce que Dieu demande, ils attendent un retour sur investissement. Que Dieu fasse lui aussi ce qu’il a à faire : qu’il rétablisse la gloire de son peuple ! Or à leurs yeux, il ne se passe rien. Et ils se plaignent.

Isaïe leur fait alors plusieurs remarques :
Se débrouiller pour survivre était devenu la priorité pour tout le monde. Évidemment, les plus malins ont su se tirer d’affaire, en exploitant au passage les plus pauvres.
Dans ce cas, leurs célébrations au Temple, leurs jours de jeûne ne valent rien puisque, en même temps, ils vivent le quotidien avec la règle du chacun pour soi.
Le Seigneur exaucera ceux qui se disent fidèles à condition aussi qu’ils respectent le Jour qui lui est consacré (le sabbat), le jour qui les remet inlassablement sur le chemin de la sainteté. Or le sabbat est souvent malmené.
Dieu est quand même bien capable de se rendre compte s’il y a ou non une cohérence entre la foi affichée et le concret de la vie.
Et Isaïe rappelle quelques repères de base : « Partager son pain avec celui qui a faim, accueillir le sans-abri, vêtir celui qui n’a rien, ne pas se désintéresser de son semblable. » Alors la lumière jaillira !
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Nous ne vivons pas au temps d’Isaïe. Les contextes, politique et religieux, les conditions de vie sont tout à fait différentes mais le cœur de l’homme est toujours le même.

Quelques observations :
1). La manière dont je traite les autres me construit. Si je suis violent envers les autres, j’entretiens en moi et je développe ma capacité de violence.
Si j’écoute sans l’interrompre mon interlocuteur, je développe ma capacité d’écoute et d’attention aux autres.

2). Dans ma relation à Dieu, je me situe instinctivement en position d’égal à égal. Je fais ce qu’il me demande tout en défendant mes intérêts. Je veux avoir des relations correctes avec Lui. Il a des droits sur moi et j’ai des droits sur lui. S’il me surveille, je le surveille.
Dans un élan de générosité, ma foi peut me pousser à faire des choses. Mais Dieu a-t-il besoin de toutes les choses que je veux faire pour lui ? A l’image de Jésus, il veut que je devienne serviteur et ce n’est pas le serviteur qui va dire à son maître : « Je connais vos besoins, voilà ce que j’ai envie de faire pour vous. »

3). Dieu veut faire alliance avec l’homme ; il veut lui partager sa divinité. Dans ce chantier invraisemblable, il n’y a que Dieu qui puisse bien faire le travail de Dieu. L’homme n’a rien à apporter que sa réticence ou son adhésion. Le problème n’est pas de faire des choses pour Dieu mais de lui permettre de faire ce qu’il veut par nous. Les démarches religieuses que nous sommes invités à faire n’ont pas d’autre but que de nous faire découvrir sans cesse ce que Dieu attend de nous.
Si nous voulons vivre dans l’ordre, la paix et la justice, il faut permettre à Dieu de prendre les rênes de notre vie. Il a besoin de notre tête, de notre cœur, de nos pieds et de nos mains.
Chaque baptisé, qui veut que l’Église soit plus fidèle à l’Évangile dans une société qui s’éloigne de Dieu, a une petite parcelle de la réponse.

D. Boëton

Fêté le 28 janvier, St Thomas d’Aquin est un Dominicain du 13ème s. qui a beaucoup réfléchi sur la relation entre les idées à la mode de son temps et l’Évangile. Il a écrit cette prière

Seigneur mon Dieu, donne-moi
-  l’intelligence pour te connaître,
-  le zèle pour te chercher,
-  la sagesse pour te trouver,
-  une vie qui te plaise,
-  une persévérance inébranlable
-  et une espérance qui t’embrasse un jour.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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