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6e Dimanche B

Quand les païens participent à des célébrations, où l’on mange la viande des bê-tes offertes en sacrifice à des idoles, ils se savent en communion avec les dé-mons que représentent ces idoles.
De leur côté, les chrétiens savent que leur participation au repas de l’Eucharistie les met en communion avec le Seigneur.
Les chrétiens peuvent-ils participer à l’Eucharistie et aux célébrations païennes ? Non ! Paul écrit aux chrétiens de Corinthe : « Vous ne pouvez pas participer à la fois à la table du Seigneur et à celle des démons. » (1 Cor. 10,21)

Les choses se compliquent quand des restes de viandes sacrifiées se retrouvent sur le marché ou sur la table d’amis non-croyants qui vous ont invités.
Faut-il chercher à connaître le parcours de ces viandes ? La question de la traça-bilité ne date pas d’aujourd’hui. Paul clarifie le comportement.
« Tout ce qu’on vend au marché, mangez-le sans poser de question par motif de conscience. » (1 Cor. 10,25). De même, si vous êtes invités par des amis, ne cher-chez pas à savoir d’où vient cette viande.
En soi, une viande offerte aux idoles n’est qu’une viande ordinaire.
Mais que le vendeur ou ceux qui vous ont invités vous précisent que c’est une viande qui a été offerte aux idoles change la donne : ils peuvent vous provoquer ou s’étonner de vous voir participer d’une certaine manière à une dévotion païenne. En ce cas, ne l’achetez pas, n’en mangez pas pour ne pas laisser en-tendre que vous êtes en communion avec un dieu païen.
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Le chrétien est donc appelé à exercer sa liberté avec discernement.
Il est libre dans son cœur mais, dans son comportement, il doit tenir compte du comportement de ceux qui l’entourent.
Finalement, la clarté de la Loi simplifiait les choses. Quelquefois, elle me con-damnait, quelquefois, elle me justifiait. Si elle sanctionnait mes écarts, elle ga-rantissait mes droits. J’ai fait ce qu’il fallait faire et donc je peux avoir la conscience tranquille.

La liberté est moins sécurisante. Elle est un cadeau qui soulève beaucoup de questions. Elle m’invite continuellement à choisir. Il y a en moi des tendances qui m’invitent tantôt au courage et tantôt au laisser-aller. De toute façon, je ne peux pas ne pas me comporter. De toute façon, je réussirai à me justifier.
Mais je peux être harcelé par quelques questions : « Ai-je fait ce qu’il fallait fai-re ? Ai-je utilisé mon temps, mon argent comme il fallait ? » Dans le texte d’au-jourd’hui, Paul ouvre une route avec deux consignes, un repère et une conclu-sion :
Consigne 1 : « Tout ce que vous faites : manger, boire ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu. » Ce « n’importe quoi d’autre » est un fourre-tout où on peut reconnaître les travaux quotidiens, obligatoires, répétitifs et fastidieux qui sont mis en valeur, et aussi les décisions qui me positionnent dans les débats de société. Voilà une consigne qui invite à un choix clair.

Consigne 2. « Faites comme moi : en toute circonstance, je tâche de m’adap-ter à tout le monde. » Le comportement des autres peut modifier mon compor-tement. Voilà une consigne qui donne du mou à des choix trop brutaux.

Un repère : « Je ne cherche pas mon intérêt personnel mais celui de la multi-tude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. » On en revient ici à un comporte-ment déjà rencontré : regarder l’horizon : la gloire de Dieu et, en même temps, regarder où on met les pieds : quelles sont les situations concrètes qui m’inter-rogent ?

Conclusion : « Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c’est le Christ. »
Pour illustrer cette conclusion, regardons l’évangile, Jésus est affronté à un lé-preux. Il connaît la Loi, rappelée par le Livre des Lévites : Les prêtres vous ont déclarés lépreux et donc « Portez vos vêtements déchirés, vos cheveux en dé-sordre, couvrez le haut de votre visage et criez ‘Impur’. Et puis, allez habiter hors du camp. »
Quand on n’est pas concerné, lire ces consignes est aussi émouvant que lire les « Consignes en cas d’incendie » ou « Le code de la route. »

La lèpre était reconnue comme étant la manifestation visible du péché. Le lé-preux était donc exclu au nom de Dieu. Etant contagieuse, la société avait raison de prendre des mesures pour empêcher l’épidémie. Les prêtres étaient chargés de déclarer pur ou impur quiconque avait des rougeurs sur la peau.

Jésus ne cherche pas à rencontrer le lépreux. C’est un lépreux anonyme qui tom-be à ses pieds et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Ce lépreux transgresse la loi puisqu’il doit éviter les gens. Jésus aurait dû le chasser mais il est pris de pitié. : « Il étendit la main et le toucha ». Faisant cela, lui aussi transgresse la loi. Il risque d’être contaminé et de contaminer.
Il dit : « Je le veux, sois purifié. » Ce n’est pas la lèpre qui a contaminé Jésus, c’est la santé de Jésus qui a contaminé le lépreux. Il est guéri !
Pour que la guérison soit complète, Jésus oblige le lépreux à aller se montrer aux prêtres pour que, sa guérison étant enregistrée, il soit réintégré dans le monde des vivants.
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« Faire tout pour la gloire de Dieu, » cela a conduit Jésus a s’adapter à la situa-tion qu’il a rencontrée.
« Dieu veut que la multitude des hommes soit sauvée » Jésus a manifesté sa solidarité avec un exclu. Il est sorti de la loi juive pour mieux la respecter.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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