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6e Dimanche de Pâques

6e Dimanche de Pâques 2013 Jean 14,23-29

Un problème se pose aux premières communautés chrétiennes naissantes, qui ne se limitent plus au peuple juif parce que la Bonne nouvelle s’adresse en priorité à des païens.
Certains voudraient imposer la circoncision et les coutumes religieuses du judaïsme à tous ceux qui se font baptiser, coutumes qui semblaient naturelles aux chrétiens d’origine juive.
Qu’est-ce qui est en question ? Savoir si Jésus passe avant la loi ou non : faut-il devenir juif pour être baptisé ?
Au concile de Jérusalem, Paul et d’autres vont réfuter avec force cette position : s’il faut devenir juif avant d’être baptisé, c’est donc que la grâce de Jésus ne suffit pas.
Le concile va rappeler que le chrétien ce n’est pas un homme qui se sauve lui-même mais un homme qui est sauvé gratuitement par sa foi en Jésus-Christ.
La même question reste posée pour nous aujourd’hui : devons-nous attendre d’être riches de ce que nous faisons, de nos efforts, de nos mérites pour nous présenter devant Dieu ? Faudrait il donc tenter de se sauver soi même ?
En vérité, c’est Dieu qui fait tout. Dieu nous aime avant tout et le premier et c’est dans son Amour que nous pouvons puiser la force de nous transformer, d’évoluer, d’apprendre à vivre dans l’amour. Nous ne faisons que répondre à un Amour qui nous est donné dans une totale gratuité. Notre réponse est, bien sur, indispensable : Dieu ne peut rien sans nous.
Le chrétien est un être qui, quoi qu’il fasse, ne peut pas vivre autrement que dans la joie et l’action de grâce de se savoir aimé, et sauvé gratuitement.

Nous sommes sans cesse confrontés au cours de nos existences à la souffrance, à l’échec, à la maladie, à l’angoisse, à la peur et lorsqu’ils se présentent nous nous posons cette question : Où est notre Dieu ? Pourquoi ?
Jésus va quitter les siens, il vient du Père et retourne vers le Père, son Père.
Désormais, Jésus ne sera plus présent, apparemment, du moins physiquement !
Le départ de Jésus va provoquer un grand vide mais Jésus rassure les siens, il ne les laisse pas dans le doute et la tristesse que provoque l’annonce de son départ : de suite il leur dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins ».
Jésus prétend demeurer présent à ses disciples, d’une autre manière : il va leur être présent sous le mode de l’absence. Quel est donc ce mystère ? Nous voudrions bien le savoir, nous aussi.
Il sera absent mais il leur demeurera présent : « Je m’en vais, mais Je reviens vers vous ».
En s’en allant, Jésus nous ouvre le chemin qui mène vers le Père. L’Esprit Saint, le Paraclet, le Consolateur, le Défenseur, celui qui intercède pour nous, c’est lui que le Père enverra au nom de Jésus. Par lui, Jésus et le Père seront présents au cœur du croyant, d’une présence qui va le combler, l’ éclairer, le fortifier, l’envahir tout entier, l’irriguer jusqu’au plus profond de son être, de son âme.
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Le Père, le Fils et l’Esprit Saint viennent habiter le chrétien, lequel désormais ne sera plus seul : « Nous viendrons et nous ferons en lui notre demeure » -tel est le nouveau mode de d’être du Dieu Trinité, un mode d’être qui nous devient intérieur.
Jésus avait bien raison de souhaiter son départ : son absence fait surgir en nous une connaissance plus vraie, plus profonde, plus intime : désormais Jésus ne sera plus à côté de nous mais bien vivant, présent en nous.
S’agirait-il d’une présence magique ?
Jésus est concret : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui »
Jésus, absent de la terre, se rend avec son Père au cœur de celui qui l’accueille, qui l’aime, et tous deux, le Père, le Fils viennent avec l’Esprit Saint s’unir à l’intériorité du croyant.
Jésus est concret : « si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ».
L’Amour et la Parole sont au centre de cette Présence.
« Demeurez dans mon amour » : c’est en aimant - selon le commandement de Jésus- comme Lui nous a aimés, que nous demeurerons dans Sa Présence, qu’Il sera en nous et nous en Lui. Le chemin qui mène à Dieu c’est l’amour car il ne peut cohabiter avec la haine dans un cœur divisé.
C’est en gardant les paroles que Jésus a dites, ses commandements que les disciples garderont la Présence de Jésus au plus profond de leur être.
Les paroles de Jésus, il ne suffit pas de les lire, ou de s’en souvenir, il faut les garder, les mettre en pratique, c’est à dire les vivre. Comme un feu ardent au fond de nous, la Parole du Christ, devenue expérience vécue, nous engendre à plus de vie en nous maintenant dans Sa Présence et dans son Amour.
Il n’est qu’une manière de l’aimer : garder en soi, porter en soi le don de sa Parole, de la Bonne nouvelle, l’incarner et en vivre.
Aimer s’exprime par la fidélité aux commandements.
Il y a une cohérence, un va et vient entre garder les commandements de Jésus, Sa Parole qui le fait demeurer en nous, et nous en Lui.

Au terme de l’Evangile, les disciples savent qu’aimer Jésus consiste d’abord à garder sa Parole, à reconnaître en son message les exigences et les dons de l’amour en y répondant par l’engagement réaliste et généreux de toute la vie. A ceux qui l’aiment ainsi, Jésus annonce que le Père lui-même va venir résider en eux. Les paroles de Jésus ne sont pas dans l’Eglise un dépôt mort, une collection de paroles fossilisées. Elles sont vivifiées par l’Esprit. Nous sentons dans le texte une allusion aux chrétiens mis en procès pour délit d’opinion. Mais sans attendre d’être aux prises avec pareilles persécutions, nous avons aujourd’hui à laisser ressurgir à notre mémoire la Parole du Seigneur : « Je vous donne ma paix ».
Ma paix : un mot que nous répétons banalement dans nos eucharisties et manifestons par une poignée de main et un léger sourire… Un mot qui doit prendre tout son sens. « Shalom »…Quand Jésus parlait de la « Paix » à ses disciples, il désignait le don de Dieu qu’Il leur apportait, tout le don de Dieu manifesté dans le don de Son Amour, jusqu’à sa mise en croix.
La paix qui a été purifiée par l’amour de la Croix et de la Résurrection : cette paix le Seigneur la donne à chacun.
Que cette paix vous comble et fasse grandir en vous Son Amour.
Qu’à travers la paix du Christ vous soyez porteurs de Sa Paix.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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