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9e Dimanche A -Deutéronome 11,18.26-28.32

Deut 11, 18.26-28.3218

Les paroles que je vous donne, vous les mettrez dans votre cœur, dans votre âme. Vous les attacherez à votre poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur votre front.
26 Aujourd’hui je vous propose la bénédiction ou la malédiction : 27 la bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous donne aujourd’hui ; 28 la malédiction si vous n’écoutez pas les commandements du Seigneur votre Dieu, si vous vous écartez du chemin que je vous prescris aujourd’hui, pour suivre d’autres dieux que vous ne connaissez pas.
32 Vous veillerez à mettre en pratique tous les décrets et les ordonnances que je vous présente aujourd’hui.

A propos de ce texte :

Ce passage, concluant la seconde partie du Deutéronome (5-11), rappelle qu’il faut garder mémoire de la loi, et présente ensuite deux voies : celle du bonheur et celle du malheur. On les emprunte soit par l’obéissance ou par la désobéissance à la Loi. Israël sera heureux sur la terre promise s’il n’oublie pas ce que Dieu a fait pour ses pères, s’il n’oublie pas les paroles de la Loi. Il est invité à choisir entre la bénédiction et la malédiction, et il est clair que Dieu espère qu’il prendra la première voie, celle de la bénédiction et du bonheur.
Le bonheur est une bénédiction, don de la vie même de Dieu communiquée à son peuple. Cette bénédiction se manifeste de manière concrète, matérielle, tout au long des jours pour que le peuple n’en arrive jamais à douter et pourtant…
La réponse du peuple qui est attendue, c’est non seulement l’observance d’une prescription légale, mais bien plus une réponse d’amour à l’amour du Seigneur Dieu. Voilà comment le peuple aimera son Dieu : « Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu et tu garderas ses observances, ses décrets, ses ordonnances et ses commandements, chaque jour ». 11, 1 Tu aimeras…tu observeras… Le lien entre l’observance de la Loi et l’amour de Dieu est clair.
Ce qui compte c’est le choix que fera le peuple de l’une des deux voies, celle de l’obéissance, la réponse d’amour à l’Amour ou celle de la désobéissance, le refus concret de l’Amour de Dieu. Ce choix d’une des deux voies possibles est l’expression de la liberté de la réponse face à laquelle Dieu met son peuple, non pour le tenter ni le mettre à l’épreuve mais tout simplement parce qu’il n’y a pas de vraie rencontre d’amour sans liberté. Celui qui est libre c’est Dieu et il souhaite que l’homme le soit aussi afin qu’il choisisse la bénédiction, la réponse d’amour libre.
Pour y arriver Dieu donne non seulement des repères, des lois, mais il permet que ses paroles soient lumière sur la route du croyant. Ainsi éclairé, celui-ci pourra comprendre les conséquences de chacun de ses choix. « Les paroles que je vous donne, vous les mettrez dans votre cœur, dans votre âme. » Il ne s’agit pas seulement de ne pas oublier les commandements mais de rester en communion avec Dieu – car tel est bien le but des commandements. Le cœur et l’âme étant le lieu de la rencontre personnelle avec Dieu, c’est l’homme tout entier qui est concerné. Jérémie ira dans le même sens : « Voici donc l’alliance que je conclurai avec la communauté d’Israël après ces jours-là - oracle du SEIGNEUR : je déposerai mes directives au fond d’eux-mêmes, les inscrivant dans leur être ; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi. » Jr.3,33.

v. 18 Après l’appel à l’intériorisation, Dieu donne les moyens extérieurs pour y parvenir, comme si l’Esprit ne suffisait pas pour ne pas oublier ! Dt. propose des moyens, des signes extérieurs, pour se souvenir des paroles du Seigneur, « attachez à votre poignet…fixez sur votre front un bandeau… ». Ces moyens font référence aux phylactères, petites boîtes contenant des paroles de la Loi et que le juif pieux, à partir de l’âge de 13 ans, porte au bras gauche et sur la tête pour se les rappeler. Ils doivent normalement aider à garder les paroles de Dieu dans le cœur pour les mettre en pratique.
« Fixer les commandements sur le front c’est en faire la lumière de notre route et de tous nos choix ; les attacher au poignet c’est en faire la règle de nos actions, de sorte que nous nous interdisons tout ce qui est contraire à ce que Dieu nous commande » Feu Nouveau
Nous avons besoin de rites, de signes pour vivre notre foi. Tout dépend du sens qu’on veut bien leur donner.

V26 : « aujourd’hui je vous donne le choix » : l’alliance est donc bien un dialogue, une rencontre avec Dieu faite non seulement de paroles mais aussi d’actes Déjà, au sixième dimanche du temps ordinaire, la première lecture du Siracide affirmait le choix qui était donné à faire : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, rester fidèle dépend de ton bon vouloir. Il a placé auprès de toi le feu et l’eau ; selon ton choix tu peux étendre la main. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une et l’autre leur est donnée selon leur choix ». 15:15-16.
Deux conduites et deux choix sont proposés. L’auteur explicite les conséquences du refus d’écouter en suivant d’autres dieux. S’écarter de la voie que Dieu prescrit à son peuple c’est refuser de reconnaître que c’est Lui qui a élu et sauvé son peuple et fait alliance avec lui.
Chercher ses repères et la Loi ailleurs, c’est la désobéissance, c’est ne pas rester à l’écoute et rompre l’Alliance. Suivre le chemin prescrit c’est reconnaître que la Loi donnée par le Seigneur est chemin de vie, chemin de la bénédiction.
En quoi consiste cette bénédiction ? « La bénédiction n’est pas une intervention de Dieu qui se substituerait à l’action humaine. Elle atteint l’activité de l’homme à sa racine même pour la mener à la réussite. De sorte que l’homme reste pleinement responsable d’une action où il peut découvrir en même temps l’action de la grâce divine. Par la bénédiction, Dieu et l’homme coopèrent dans le détail de la vie quotidienne pour construire l’histoire du peuple de Dieu : on retrouve ici la logique de l’alliance » P. Buis, Ass. du Sgr. 40.9
Aujourd’hui, Dieu n’attend pas, l’Alliance ne tolère aucun retard : c’est dès maintenant que le peuple doit choisir : chacun de ses actes l’engage vis à vis de Dieu qui lui-même s’est engagé le premier.
Bénédiction et malédiction dépendent de l’attitude d’écoute. Ecouter c’est obéir en reconnaissant l’excellence des commandements et qu’ils sont source de vie. « Le verbe écouter commun au Deutéronome et à l’évangile, est associé à l’observation des commandements. Il tient son importance de la conviction que le Dieu d’Israël parle aux croyants. _ Intériorisation nécessaire de la Parole, à recevoir dans le cœur. Le Deutéronome envisage le bonheur sur terre pour chaque membre du peuple ; Jésus envisage la vie éternelle dans le Royaume »Cahiers Evangiles 100
La foi se vit dans une découverte de Dieu qui parle et agit et dans l’expérience d’un Dieu libérateur.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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