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9ème Dimanche du T.O. -A-

9ème Dimanche du T.O. -A-Dt 11, 18.26-28.32 Rom. 3, 21-25a. 28 Mt 7, 21-27

Nous retrouvons aujourd’hui la lettre Paul aux Romains. Dans le texte que nous avons entendu, Paul positionne les hommes de son temps en face de Dieu. Des mots servent de repères : le péché (le pécheur), la loi, la foi, la croix, le pardon, la justice.
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Dans les pages précédentes, Paul a divisé le monde en deux groupes : à sa gauche, les païens (tous les non-juifs), avec toutes les représentations des dieux et déesses qu’ils ont imaginés : à sa droite, les Juifs avec leur Dieu unique qu’il est interdit de représenter.
Aujourd’hui, Paul mettrait à sa gauche tous les non-baptisés et à sa droite tous les baptisés. Ce que dit Paul concerne l’humanité d’aujourd’hui
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Dans la foule des païens, il y avait des cancres et des bandits, des filous et des brutes de haut niveau.
Il y avait des gens très bien, des gens ordinaires soucieux d’honnêteté, prêts à rendre service. Il y avait des gens passionnés par la recherche scientifique et des sages dont la pensée fait encore autorité aujourd’hui.
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Paul les met tous dans le même sac. Alors qu’ils avaient la capacité de connaître Dieu. "Ils se sont fourvoyés dans de vains raisonnements." (1, 21) A partir de leur regard sur la création, ils auraient pu remonter jusqu’au Créateur. En fait, ils se sont arrêtés à mi-chemin. Des créatures, ils en ont fait des dieux !
Voilà tous les païens condamnés.
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Et maintenant, au tour des Juifs. Il y avait dans le peuple juif des gens qui n’avaient d’autre souci que faire fortune par tous les moyens, Il y en avait qui faisaient tout ce qu’il faut faire pour apparaître en règle avec la Loi. Ils allaient au temple ou à la sy-nagogue et s’arrangeaient même pour qu’on le sache mais ils se souciaient fort peu de Dieu et du prochain pendant la semaine.
Il y en avait qui étaient soucieux de faire de la loi un chemin vers Dieu. On ne peut oublier les prophètes, les sages, ceux qui ont prié les Psaumes, et ceux qui partici-paient aux célébrations de réconciliation toujours recommencées. En ce premier di-manche de Mars, on peut penser à saint Joseph que l’évangile qualifie de "juste".

Quand il parle des Juifs dans sa lettre aux Romains, Paul ne fait pas dans la nuance. "Toi qui portes le nom de juif, qui te reposes sur la loi, qui mets ton orgueil en ton Dieu... toi qui, instruit par la loi discerne l’essentiel, toi qui es convaincu d’être le guide des aveugles... l’éducateur des ignorants.... Toi qui enseignes autrui, tu ne t’enseignes pas toi-même...Tu prêches de ne pas voler et tu voles !" (2, 17...20)
Et Paul se lance dans la liste des déviances de son époque, déviances toujours actuel-les. Certaines veulent aujourd’hui être reconnues par la loi.
Et voilà tous les juifs condamnés à leur tour.
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Son état des lieux étant achevé, Paul fait le bilan et c’est le texte d’aujourd’hui :Tous les hommes sont dominés par le péché. Entre païens et juifs, "il n’y a pas de dif-férence : tous les hommes sont pécheurs. Ils sont tous privés de la gloire de Dieu."

Quand je parle de mon péché, je parle de la distance qui existe entre ce que Dieu dit et ce que je fais. Autrefois, on trouvait ce que Dieu dit dans la Loi de Moïse.
Aujourd’hui, on le trouve dans l’évangile

Les païens ne connaissaient pas la Loi de Moïse. Ils marchaient à la lumière de leur raison et de leur conscience. Ils ont fait ce qu’ils ont pu. Ils auraient pu mieux faire.
Les juifs connaissaient la Loi. Elle voulait être un guide pour approcher Dieu mais la nature humaine étant ce qu’elle est, elle n’a servi qu’à désigner le péché sans pouvoir le détruire.
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A l’intérieur de ce monde où il n’y a que des pécheurs, on peut à nouveau faire deux groupes. Il y a les hommes qui se reconnaissent pécheurs et ceux qui ont toujours une astuce pour justifier leur conduite au nom d’une loi qu’il ont fabriquée ou de leur conscience qu’ils ont maîtrisée pour qu’elle ne leur reproche rien.
En fait, plus l’homme se découvre loin de Dieu et plus il est proche de lui parce qu’il est dans la vérité. Il sait que par ses propres forces, il est incapable de réduire la dis-tance.
Conclusion : Dans l’état actuel des choses, Dieu est indispensable et inaccessible.
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Mais si les hommes sont coupés de Dieu, lui, Dieu continue de vouloir faire Alliance. Puisque l’homme ne peut pas s’approcher de Dieu, c’est lui, Dieu qui va s’approcher de l’homme.
Il aurait pu imaginer un chemin de pardon pour les païens et un autre chemin de pardon pour les Juifs. Puisque tous les hommes partagent la même nature humaine, puisqu’ils sont tous pécheurs, il a ouvert un seul chemin pour tous.

Il n’a pas renié son Alliance avec le peuple juif mais il a pris son indépendance vis à vis d’une Loi devenue inefficace. Il a envoyé sur terre, au sein du peuple juif, son Fils, Jésus.

Sans rien renier de sa divinité, il a vécu sa vie d’homme en parfaite harmonie avec Dieu, son Père. Cela l’a conduit sur la Croix. Aux yeux de la foule qui était là à regarder, il est clair que les Juifs et les païens ont été les artisans de cette exécution publique. Paul a un autre regard : "Dieu a exposé le Christ sur la croix afin que, par l’offrande de son sang, il soit le pardon pour ceux qui croient en lui."

Ce que Dieu a exposé, c’est d’abord l’aboutissement de ce que peut faire l’homme, (juif ou païen), laissé à son propre jugement. Et c’est l’offrande que Jésus fait de sa vie. Cette vie parfaitement humaine offerte à Dieu réconcilie Dieu et l’humanité. Une route est ouverte à l’homme pour qu’il vive en harmonie avec Dieu.
Il reste à l’homme d’accorder sa foi à Jésus et de se joindre à son offrande. C’est ce que les chrétiens font chaque dimanche à l’eucharistie.

Le pardon ne se négocie pas. Il est un don accueilli dans la foi. Il n’y a pas de place pour une quelconque vantardise personnelle.
La foi en Jésus demande qu’on se mette à sa suite, c’est à dire qu’on se laisse trans-former par sa manière de vivre dans ce monde.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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