Accueil > Prier avec nous > Homelies > Ascension A

 

Ascension A

2 juin 2011
Ascension –A-

Act. 1, 1-11 Eph. 1, 17-23 Mt 28,16-20

Pour connaître le réel de la condition humaine, le Fils de Dieu s’est fait homme.
Pendant 30 ans, il a partagé la vie des humbles, de ceux qui n’ont rien à dire, qu’on n’écoute pas et dont personne ne parle. C’était à Nazareth, un village dont le nom n’apparaît nulle part dans la Bible des juifs.
Il a fréquenté les gens qui parlent et dont on parle, les scribes, les pharisiens, les sad-ducéens, des officiers de l’armée romaine...
Il a fréquenté aussi les gens mis au ban de la société, les aveugles, les infirmes, les lépreux...
Il a connu lui-même la condition de ceux qui ont du succès. Des foules l’ont suivi et acclamé et il a connu la condition de ceux dont la société veut se débarrasser : diffamation, arrestation, prison, tribunal, jugement, condamnation, crucifixion.
Pour décrire ces situations humaines, les témoins avaient les mots humains à leur dis-position selon la culture de leur époque.

Mais aujourd’hui, nous fêtons Jésus glorifié par son Père dans les cieux. Quels sont les mots humains qui pourraient décrire ce nouvel état de vie ?
Pour tenter de dire quelque chose de convenable, l’Eglise fait appel à St Paul... qui n’a rien partagé de la vie de Jésus, en Palestine.

Il a seulement connu des gens qui se réclamaient d’un juif, un certain Jésus. Ce qu’ils racontaient à son sujet lui semblait très dangereux pour la foi juive. Alors, Juif lui-même, convaincu et compétent, il a entrepris de tuer dans l’œuf cette nouvelle reli-gion.
Un jour qu’il était parti vers Damas en opération de nettoyage, il s’est trouvé si on peut dire, nez à nez, avec Jésus dans sa gloire de ressuscité. Il a eu du mal à s’en remettre.
La première rencontre que fait Paul avec Jésus, c’est donc de le découvrir dans sa gloire. Une question lui échappe. "Qui es-tu, Seigneur ?"
Cette rencontre va bouleverser sa vie.
C’est avec les mots de Paul que nous célébrons l’Ascension. Que dit-il aux Ephésiens ?

"Il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux"
Aux yeux de Dieu, la triste fin de Jésus sur terre n’est pas une tache, une bavure dans son parcours. La traversée de la Passion a mis en lumière l’absolu de la fidélité de Jésus à son Père.
Au temps de Paul, être debout à côté du maître assis, c’est le comportement de l’es-clave.
Quand le maître de maison voulait honorer un invité, il le faisait asseoir à sa droite et c’est encore ainsi que l’on fait de nos jours.
Dieu n’a jamais rien eu à pardonner à son Fils. Il l’a fait asseoir à sa droite.

"Il l’a établi au dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir."
Jésus, assis à la droite de son Père, n’est pas mis à la retraite avec un parachute doré. Il s’est dit le Sauveur au temps de Ponce Pilate. Il l’est encore. Il le sera toujours quelles que soient les tribulations que les siècles à venir réservent à l’humanité.

Chacun peut facilement faire la liste de toutes les puissances mauvaises qui travaillent le monde et le travaillent personnellement.
Ces puissances mauvaises, Jésus les a affrontées au cours de sa Passion. Elles ne peuvent plus rien contre lui.

"Il lui a tout soumis, et, le plaçant au-dessus de tout, il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps."
Jésus glorifié domine les puissances mauvaises mais il ne domine pas l’Église. Il en est la tête. Il la conduit. Il est indissolublement lié à elle malgré toutes ses faiblesses, ses trahisons.
Jamais la tête ne se séparera de ses membres. Notre fidélité est souvent mise en cau-se. Pas la sienne.

Pour nous mettre en harmonie avec cette situation, Paul exprime quelques souhaits :
"Que le Dieu de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Père dans sa gloire vous donne un esprit de sagesse (...) Qu’il ouvre votre cœur à sa lumière"
Pour arriver à quoi ? "Découvrir, connaître et comprendre"
Découvrir et connaître qui est Jésus. Cette découverte n’est jamais achevée.

Comprendre l’espérance que donne son appel. Pour celui qui donne sa foi en Jésus, l’avenir peut parfois être bien sombre. Il n’est jamais bouché.

Comprendre la gloire de l’héritage que vous partagez avec tous les fidèles. Il peut arriver qu’on hérite d’une situation désastreuse. Dans la gloire du ciel, il n’y a rien à craindre de ce côté-là.
Il n’y a pas de querelles d’héritage. Chacun est pleinement heureux de son sort.

Comprendre la puissance infinie qu’il déploie pour nous, les croyants. La puissance que Dieu a déployée pour accompagner Jésus tout au long de son parcours, il la dé-ploie pour accompagner notre route.
Qu’il nous accompagne ne veut pas dire qu’il porte la valise de notre vie à notre place. Chacun porte sa valise, légère quelquefois, très lourde à certains jours, mais il nous aide à la porter

Dans notre pays, la fête de l’Ascension est toujours célébrée un jeudi. On pourrait la prendre pour une parenthèse entre deux dimanches, entre deux grandes fêtes, Pâques et la Pentecôte. C’est une fête essentielle.
A quoi sert de partir si c’est pour ne jamais arriver ?

L’Ascension nous fait contempler la gloire qui couronne le parcours de Jésus.
Il est entré dans cette gloire avec son humanité.
A la mesure de notre fidélité, un jour nous partagerons un reflet de sa gloire.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>