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Baptême du Seigneur.

12 janvier 2014
Baptême de Notre Seigneur

Les Actes des Apôtres nous racontent le cheminement vers la foi chrétienne d’un cen-turion de l’armée romaine, un païen. Il s’appelle Corneille. Où et quand a-t-il entendu parler pour la première fois du Dieu unique des Juifs, on ne sait pas. Le nombre des dieux de l’empire l’a sans doute laissé perplexe. Auquel s’adresser ? N’avoir affaire qu’à un seul Dieu pourrait simplifier les démarches ! Il s’est lancé dans l’aventure.

Envoyé en garnison à Césarée, une ville de Palestine, au bord de la Méditerranée, cet officier est connu comme étant un craignant Dieu avec tous les gens de sa maison. Cela veut dire qu’à ce moment de sa vie, il croit au Dieu unique des Juifs sans pour autant avoir été circoncis. On dirait aujourd’hui qu’il est à la périphérie de la religion juive.
A-t-il été séduit par le comportement des juifs de Césarée. Toujours est-il qu’il aidait concrètement la communauté. Il priait et Dieu pour répondre à sa prière organisa une rencontre avec Pierre, le responsable de la jeune communauté chrétienne.

Un jour donc, Corneille est surpris par la visite d’un homme au vêtement éclatant qui lui demande de faire venir chez lui un certain Simon, surnommé Pierre. Il habite à Jaffa, à 50 km de Césarée, chez un ouvrier du cuir qui s’appelle aussi Simon et qui habite une maison près de la mer.
Tout militaire apprécie les indications précises. Corneille prend l’invitation au sé-rieux. Il dépêche deux domestiques accompagnés d’un soldat pour ramener Pierre.

A Jaffa, le lendemain midi, Pierre priait sur la terrasse de son appartement. « Saisi par la faim, il voulut prendre quelque chose. » Pendant qu’on lui préparait à manger, il eut une extase qui lui fit comprendre qu’il pouvait manger toutes les nourritures, sans restriction, puisqu’il n’y a pas d’aliments impurs.
Pierre n’avait jamais imaginé se trouver dans une situation pareille. Tandis qu’il es-sayait de mettre de l’ordre dans ses perplexités, la délégation de Corneille frappa à la porte et exposa sa mission : Pierre dut se laisser conduire à Césarée.

Le lendemain, Pierre prit la route avec quelques chrétiens. Il fut fort bien reçu par Corneille qui lui demanda de prendre la parole. Pierre s’engagea alors dans un ensei-gnement qui risquait être long. (C’est le texte d’aujourd’hui).
L’essentiel de la foi (la Passion et la Résurrection) ayant été annoncé, l’Esprit Saint trou-va que ça suffisait comme ça. Il fit taire Pierre en descendant sur toute la maisonnée de Corneille. Pris de court, Pierre tire alors la conclusion. « Quelqu’un peut-il refu-ser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? »

Quelques points de repères :
1).Pour Corneille, la découverte du Dieu vivant a commencé par le désir d’une autre vie qui a enclenché une recherche personnelle. Puis il a cheminé avec la communauté juive de Césarée. Ce cheminement a abouti à une rencontre avec un croyant, Pierre, qui a pouvoir de l’accueillir dans la communauté chrétienne.

2). Corneille, qui apprend que sa prière a été entendue, aurait pu être invité à se dé-placer pour rencontrer Pierre. En la personne du responsable, l’Eglise aurait accueilli celui qui frappe à sa porte. Mais c’est Pierre, le grand chef, qui est invité à faire un long déplacement pour rencontrer un petit centurion païen, dans une garnison de pro-vince.
L’invitation du pape François à aller vers la périphérie de l’Eglise n’est pas une in-vention de sa part ; elle s’enracine dans la parole de Dieu. Il a fallu du temps pour que soit parcourue, dans les deux sens, la distance entre Jaffa et Césarée. Dans notre vie, la périphérie est plus ou moins loin. Elle est quelquefois à notre porte.

3). Que retenir de ce que Pierre a eu le temps de dire ?
Il avoue : « En vérité, je le comprends » En fait, il découvre un horizon qu’il ne soupçonnait pas. En écoutant le centurion Corneille, il découvre une réponse à une question qu’il ne se posait pas. Il avait bien retenu que Jésus avait envoyé tous ses a-pôtres jusqu’aux extrémités de la terre. Mais comme il y avait des Juifs partout dans l’empire romain, il avait compris qu’il devait conduire tous les Juifs à la foi en Jésus Christ. Ce projet pastoral était une évidence pour lui. Les païens seraient accueillis dans la communauté juive avant de devenir chrétiens.
Il nous arrive aussi de porter dans les souterrains de notre être profond des questions qui ne sont pas assez mûres pour être formulées. Il arrive qu’une réponse nous per-mette de découvrir nos questions. « En vérité, je le comprends ! » Dépassé par les événements, Pierre est bien obligé d’admettre que Dieu lui a forcé la main pour qu’il soit le premier à accueillir un païen dans l’Eglise sans qu’il soit circoncis.

4). Que comprendre à la suite de Pierre ?
« Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. » Il est impartial. « Il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. »
Craindre Dieu, ce n’est pas avoir peur. Le Ps 85 (11) demande ceci : « Unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom. » Comment un cœur unifié par Dieu pourrait-il vi-vre dans la peur ? Craindre Dieu, c’est lui faire une place dans notre vie ; c’est accep-ter sa parole et en tenir compte. C’est pratiquer la justice.
Dieu étant Dieu et les hommes étant ce qu’ils sont. Dieu a envoyé son Fils partager la vie des hommes. Depuis ce temps-là, craindre Dieu, c’est se mettre à la suite de Jé-sus.
Là où Jésus passait, il faisait le bien. Ne pas se battre pour des projets sans avenir, discerner ce qui est bien, voilà la mission de tous les baptisés à travers les siècles.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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