Accueil > Prier avec nous > Auteur patristique > Fête du Baptême du Seigneur

 

Fête du Baptême du Seigneur

BERNARD SESBOÜÉ

LE BAPTÊME CHRÉTIEN

Dans la conscience religieuse universelle, les eaux sont perçues à la fois comme faisant mourir et comme faisant vivre. Elles sont les eaux de la mort, l’abîme où les êtres disparaissent et meurent - et les eaux de la vie qui donnent naissance, fertilisent et régénèrent. Le symbolisme de l’eau est donc ambivalent : il n’y a pas de vie sans eau : dans le ventre de sa mère, l’enfant grandit dans les eaux. Dans la Bible, le monde est sorti du chaos originel, essentiellement humide, puisque Dieu sépare les eaux d’en haut, des eaux d’en bas, et qu’il sépare de la masse des eaux, le sec, pour faire apparaître la vie. Ces mêmes eaux sont aussi celles du déluge destructeur de toute vie et celles de nos inondations. Mais le déluge est aussi le récit d’une nouvelle création et d’une régénération.
Il n’y a dans les évangiles aucune scène où Jésus ait "institué" quelque chose qui soit nommé baptême. D’ailleurs les rites d’ablution par l’eau et le terme de baptême existaient déjà dans les milieux juifs de l’époque. C’est ainsi que Jean, le prophète du désert, baptisait dans le Jourdain d’un "baptême de pénitence pour la rémission des péchés".
Tout commence avec le baptême de Jésus, dans le Jourdain, par Jean le Baptiste. Car Jésus "transforme", par une opération proprement "chrétienne" le baptême d’eau, en baptême d’eau et d’Esprit. L’Esprit lui-même intervient sous le symbole d’une colombe, ce qui évoque la création originelle où, selon la Genèse, l’Esprit planait sur les eaux. C’est de ce baptême victorieux du Christ dans les eaux de la mort, que les eaux baptismales chrétiennes tirent leur origine. Car ce baptême est une parabole de sa Passion : descente dans l’eau de la mort, remontée dans la Résurrection. Jésus, qui a appelé sa mort prochaine "un baptême" ou une "coupe" qu’il doit boire, ira à sa passion. Et c’est alors que le baptême d’eau devient pour lui un baptême de sang. C’est pourquoi l’Évangile de Matthieu se conclut sur l’ordre baptismal : "Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Vient enfin l’expérience de l’Église. Le don du Saint-Esprit à la Pentecôte peut être considéré à la fois comme le baptême et la confirmation des apôtres. Car les disciples de Jésus n’ont pas été baptisés. Jésus leur dit : "Vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés dans quelques jours". Dès ce jour, l’Église baptise immédiatement d’un baptême "au nom de Jésus-Christ pour le pardon des péchés" et promet le don du Saint-Esprit.
Le baptême est le sacrement de l’identité chrétienne, le premier de tous les sacrements. Il intègre visiblement à l’Église. Le rite de l’eau - plus sensible dans le cas de l’immersion que dans celui du versement de l’eau - ensevelit symboliquement le baptisé dans la mort du Christ pour le faire participer déjà à sa Résurrection. Il le libère de ses péchés et fait de lui un fils adoptif du Père et un frère du Fils. Mais cette grâce est aussi une tâche : le baptisé devra vivre selon la liberté des enfants de Dieu.
Très vite l’Église ancienne a pratiqué le baptême des petits enfants. La scène évangélique où Jésus embrasse et bénit les enfants a joué un grand rôle dans cette pratique. Luc se sert même du terme de "bébé". Le sens de ce baptême est d’exprimer l’initiative prévenante et l’amour de Dieu et du Christ pour les tout-petits. Bien entendu, ces enfants devront vivre, après leur baptême, le catéchuménat que les adultes avaient vécu avant celui-ci. Selon le mot de Tertullien, "on ne naît pas chrétien, on le devient". Au cours de leur catéchèse, les enfants auront à vivre leur conversion personnelle à la foi.
Croire, p. 485-488.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>