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Funérailles de notre frère Manu Retumba

Notice nécrologique de Frère Manu Retumba

« Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul » dit Jésus, exprimant ainsi le sens profond de sa mort et de toute mort.
Le grain est d’abord jeté en terre, d’abord pour pourrir et mourir ; son pourrissement n’est pas une destruction mais la condition, le point de départ de la naissance d’une nouvelle vie qui va être amplifiée : le grain qui a accepté d’être détruit va porter du fruit : 30, 60, 100 pour un . Ainsi, dans nos vies quotidiennes, la mort perd son caractère d’anéantissement pour devenir un germe de vie, un nouveau commencement.
Par la mort le chrétien cesse de se mettre au centre de ses préoccupations. Il ne choisit pas le point où il tombe pour germer : à la suite du Christ il laisse le Père en disposer afin d’être engagé dans la voie de l’achèvement, de l’accomplissement.
Pour nous, dans la vie monastique, l’enfouissement nous est donné au fur et à mesure des événements… Le refus de l’enfouissement nous laissera dans la déception, loin de Dieu et loin des hommes. « Mais s’il meurt il porte beaucoup de fruit » et devient épi parmi les frères du Fils de l’homme, comme le Christ lui- même l’a engagée ainsi, notre frère Manu l’a donnée et engagée.
C’est cette remise totale au Seigneur, c’est, cette belle vie de notre frère Manu toute entière donnée au Seigneur et aux hommes, que nous célébrons dans l’action de grâce. Né en 1924, troisième enfant d’une famille de 8, il entre au séminaire diocésain de Fortaleza en 1941 : il fait sa philosophie et sa théologie et est ordonné prêtre en 1947. Après un temps d’enseignement au séminaire puis un service pastoral en paroisse, en 1951 il entre au noviciat des Dominicains. De 1952 et 1955, il suit une formation complémentaire de théologie en France, à St Maxime de la Ste Baume. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance du Père Loew présent dans une paroisse de Marseille, et découvre l’œuvre de la Mission St Pierre et St Paul –la Mopp. De retour au Brésil, il devient maître des novices de 1956 à 1964.

De 64 à 79, il est avec les communautés de la Mission St Pierre et St Paul dans la région de Sao Paulo : dont 7 années comme prêtre en usine. En 1975 il prend un temps d’ année sabbatique en France et une partie au Maroc dans une communauté monastique féminine de rite gréco-melchite. C’est là qu’a mûri son désir de la vie monastique. Retour au Brésil en 1977 et va travailler avec la MOPP à Salvador et en juillet 1979 il décide de rentrer au monastère bénédictin de Sera Clara : il y restera jusqu’en août 81.
Il entre à Novo-Mundo au Brésil le 29 janvier 82 et fait profession solennelle le 13 novembre 85 dans l’ordre Cisterciens. Il y est hôtelier et maître de novice.
En 1999, par « une décision pastorale », on lui demande de prendre distance avec la communauté, peut-être de par sa situation de premier moine brésilien et son passé dominicain. Il est envoyé au monastère d’Azul en Argentine où il passe un an. L’année suivante, en 2000, il part pour la communauté de N-D du Port du Salut où il vécut heureux jusqu’à son départ pour l’éternité avec le Seigneur.

Voilà une vie bien pleine et chargée, riche en expériences. A travers ce parcours nous voyons un homme sans cesse en recherche, suivant les appels de l’Esprit et ainsi, passant de la vie en paroisse aux Dominicains, de la mission St Pierre et St Paul en milieu populaire pour chercher dans la vie bénédictine à assouvir sa soif d’intériorité. Et comme cela ne lui suffit pas, il tente du côté des Cisterciens de Novo-Mundo dont il sera le premier profès brésilien. Et comme cela ne suffisait pas encore à sa quête d’absolu, le Seigneur, par la voix de son supérieur, le conduira jusqu’au Port du Salut où au bout d’un long chemin de souffrance, dû à l’éloignement de son monastère, il trouvera la paix, la sérénité .
Riche personnalité, avec une force de caractère étonnante, ayant un sens du devoir et du service jusqu’au bout, service qu’il accomplissait avec un souci de perfection qui va jusque dans les détails malgré ses divers petits handicaps : sa vue, son cou, conséquences des conditions de travail rencontrées.
Un de ses amis de la communauté au Brésil, le caractérise en trois points : courage de la fidélité, courage de la vérité et exigence de la sainteté : il est allé jusqu’au bout de ses forces tant pour présider l’Eucharistie que pour les services qu’il rendait à l’accueil, à la cuisine, au confessionnal,… Disciple de St Thomas d’Aquin il en avait gardé le bon sens et la santé intellectuelle, toujours en quête de savoir, et de partage théologique et biblique. Son rayonnement, tant au Brésil qu’ici au Port du Salut, est impressionnant : il a marqué toutes les personnes qui l’ont rencontré et ont bénéficié de ses conseils. Le courrier et ses relations téléphoniques avec le Brésil avaient pris une grande place dans son emploi du temps, sans doute en pressentiment de la fin.
Homme de prière et de silence il avait une grande dévotion à la Vierge Marie et à St Joseph dont il avait approfondi le mystère d’époux de Marie.
Dans sa quête continuelle de connaissances Frère Manu a découvert, il y a quelques années, la grandeur et la beauté unique de la lettre de St Paul aux Ephésiens. Cette lettre a donné tout le sens à sa vie et il en parlait à qui voulait l’entendre ou pas, tant pour lui était grande la beauté extraordinaire de la révélation que Paul nous fait.

Je vous laisse méditer avec lui ce très beau texte qui a nourri notre frère Manu et l’a introduit à la rencontre avec son Seigneur, Père, dans une relation toute filiale.
Maintenant il voit ce qu’il a espéré il est comblé de la plénitude de l’amour de « son Père ».

Ephésiens 1:1-12

1 Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles en Jésus Christ :
2 à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ :
Il nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les cieux en Christ.
4 Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour.
5 Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ ; ainsi l’a voulu sa bienveillance
6 à la louange de sa gloire, et de la grâce dont il nous a comblés en son Bien-aimé :
7 en lui, par son sang, nous sommes délivrés, en lui, nos fautes sont pardonnées, selon la richesse de sa grâce.
8 Dieu nous l’a prodiguée, nous ouvrant à toute sagesse et intelligence.
9 Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même
10 pour mener les temps à leur accomplissement : réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre.
11 En lui aussi, nous avons reçu notre part : suivant le projet de celui qui mène tout au gré de sa volonté, nous avons été prédestinés
12 pour être à la louange de sa gloire ceux qui ont d’avance espéré dans le Christ.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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