Hébreux 5,1-9

30e Dimanche B

2ième lecture : Hébreux 5/1-9

1 Tout grand prêtre, en effet, pris d’entre les hommes est établi en faveur des hommes pour leurs rapports avec Dieu. Son rôle est d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés.
2 Il est capable d’avoir de la compréhension pour ceux qui ne savent pas et s’égarent, car il est, lui aussi, atteint de tous côtés par la faiblesse
3 et, à cause d’elle, il doit offrir, pour lui-même aussi bien que pour le peuple, des sacrifices pour les péchés.
4 On ne s’attribue pas à soi-même cet honneur, on le reçoit par appel de Dieu, comme ce fut le cas pour Aaron.
5 C’est ainsi que le Christ non plus ne s’est pas attribué à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré,
6 conformément à cette autre parole : Tu es prêtre pour l’éternité à la manière de Melchisédech.
7 Quand il vivait sur terre, il a offert ses prières et ses supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort : ce fut là son sacrifice, fait de grands cris et de larmes, et son obéissance lui a valu d’être entendu.
8 Tout Fils qu’il était, il a appris à obéir dans la souffrance.
9Et maintenant qu’il a acquis la perfection, il procure le salut définitif à ceux qui lui obéissent,

A propos de cette lecture :

L’extrait de la Lettre aux Hébreux nous fait contempler le Christ, Grand prêtre. Cette lettre est la seule qui accorde au Christ le titre de prêtre et grand-prêtre.
Les trois versets 7-9 permettent de mieux comprendre quel est le sacerdoce du Christ, préciser en quoi il consiste. N’oublions pas que le thème central de cette lettre est la question de l’accès à Dieu, de la manière d’entrer en relation avec Lui.
L’auteur pour éviter toute confusion insiste sur la différence entre le sacerdoce du Temple de l’Ancien Testament et celui du Christ. Il commence par une réflexion sur le sacerdoce.

Selon la note de la TOB (He 5,1), dans l’Ancien Testament, le sacerdoce comporte trois aspects principaux : 1) le prêtre est l’homme de la maison de Dieu, admis à s’approcher du Très-Haut ; 2) il consulte Dieu et fait connaître ses décisions et ses lois, 3) il offre les sacrifices
Les trois premiers versets de notre péricope reprennent les trois traits du grand-prêtre :
* il est pris d’entre les humains et pour les humains, qu’il est solidaire avec les hommes et établi pour les affaires de Dieu, en vue d’établir la relation avec Dieu.
* il offre dons et sacrifices pour les péchés –pour les siens propres et ceux du peuple
* il doit être capable de ressentir de la compréhension pour les ignorants, les égarés, puisque lui-même est enveloppé de faiblesse.
Dans le Pentateuque, l’institution du sacerdoce commence par ces paroles de Dieu adressées à Moïse : « prends près de toi, du milieu des fils d’Israël, ton frère Aaron et ses fils avec lui, afin qu’ils soient prêtres pour moi » Ex 28,1
Dans l’Ancien Testament toute l’attention se portait sur la relation du grand-prêtre avec Dieu et sur ses fonctions dans le culte offert à Dieu : on était prêtre d’abord pour Dieu.

Il y a un seul genre de sacrifice, celui d’expiation des péchés sans spécifier à qui il est offert : la tâche la plus importante du prêtre « en faveur des hommes », est donc l’offrande du sacrifice d’expiation.

Une bonne définition du sacerdoce : le prêtre est celui qui fait le pont, établit le lien, la communication entre Dieu et les hommes, entre les hommes et Dieu : Aaron et ses fils avaient été désignés dans ce but.
Le mot « pontife » a pris une signification détournée de son sens premier et pourtant au v2 il exprime bien la solidarité qui doit exister entre le prêtre et le peuple : il doit ressentir la compréhension pour les égarés, parce que lui-même pécheur, afin de les conduire à Dieu.

Le prêtre n’est donc pas au dessus du peuple, mais reçoit une mission pour et dans le peuple bien spécifiée dans le texte grec par les mots « ex » et « uper », l’un exprimant qu’il est « d’entre »les hommes et le second qu’il est « en faveur » et non « au dessus » du peuple. L’adverbe « uper » ne signifiant en aucune manière la supériorité, mais le médiation qu’il est.

La solidarité du grand-prêtre avec les hommes vient ce que lui même pécheur doit ressentir de la compréhension, de la compassion, se trouver du côté des pécheurs et non pas en dehors, ni contre. Le grand prêtre offrait « dons et sacrifices » pour les péchés.

Il a pour mission d’offrir des sacrifices pour le peuple mais aussi pour lui-même.
La distance entre Dieu et l’homme a son origine dans le péché de l’homme et son refus d’obéir.
« Le péché sous sa forme rigoureuse n’est pas seulement une indifférence à Dieu, c’est un refus de Dieu : l’une des deux rives est ennemie de l’autre. Il sera d’autant plus difficile de rétablir l’alliance entre les deux parties » Quesson.
La solidarité du Christ répond à l’envoi et la mission que le Père lui a confiée.
Ce n’est pas une initiative personnelle du Christ mais il a été « nommé » grand-prêtre par Dieu son Père.
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C’est lui qui fait le passage, en ce sens il est réellement pontife, non pas comme un honneur qui le considérerait comme supérieur mais une mission par un appel de Dieu dans un acte d’offrande en réponse à son Père

« On pourrait donc paraphraser le texte de la manière suivante : « le Christ ne s’est pas attribué à lui-même la gloire d’être grand-prêtre, mais c’est Dieu qui l’a nommé grand-prêtre, car il ne lui a pas dit seulement : « Tu es mon Fils », ce qui correspond à un seul côté de la médiation, mais il lui a dit en outre : « Tu es prêtre », ce qui correspond à une double relation : prêtre pour les rapports avec Dieu, prêtre en faveur des hommes. La médiation est ainsi établie » Van Hoye pe 98

Le Christ n’offre pas des dons, des sacrifices extérieurs mais il s’offre lui-même à Dieu dans une prière suppliante et une prière d’offrande. Il offre toute sa faiblesse.
L’ offrande du Christ a été exaucée et constitue un sacrifice au sens plénier du terme, tous les autres sacrifices n’étaient que des tentatives, des approches.
Cet aboutissement est dû à la prière, aux supplications du Christ qui a ouvert la détresse humaine à l’action sanctifiante de Dieu.

C’est ainsi et c’ est tout à fait nouveau : le Christ a été rendu parfait, conduit à son propre accomplissement , à la perfection et son sacrifice est cause de salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent (v9).
Son unique offrande suffit à tout. Elle est à la fois sacrifice de consécration sacerdotale pour lui-même (Christ est grand-prêtre à la croix) et sacrifice d’expiation des péchés pour les hommes. « La sanctification rituelle de l’Ancien Testament devient sanctification réelle en Christ »

Comment le Christ est-il devenu grand-prêtre ?
Le Christ ne s’est pas glorifié lui-même pour devenir grand-prêtre, mais il s’est humilié en partageant le sort des hommes les plus misérables et se soumettant totalement à Dieu.
C’est de cette manière qu’il a obtenu pour lui-même la transformation qui fait d’un homme un prêtre. (5,9). Par dessus tout le sacerdoce du Christ a pour fondement sa filiation divine.

V 4 : « Christ ne s’est pas glorifié lui- même… » L’auteur reconnaît qu’il y a un aspect glorieux. Cet honneur ne peut être conquis par l’ambition humaine. Il peut seulement être reçu humblement » Van Hoye

V5 : Jésus inaugure un sacerdoce nouveau qui le qualifie comme Médiateur unique entre Dieu et les hommes. Il ne s’est pas nommé lui-même grand-prêtre ni arrogé ni le titre ni la gloire de l’être mais c’est par appel qu’il l’est devenu.
C’est par son obéissance au projet d’amour de son Père, dans une écoute disponible , qu’il revêt la dignité sacerdotale donnée par son Père.

V 7 : « Lui aux jours de sa chair... » L’auteur nous dit comment le Christ qui est donc vraiment fragile comme tous les hommes, a affronté sa Passion. Celle-ci est présentée comme une prière et une offrande. C’est cette prière qui a constitué l’offrande, la prière liturgique et c’est ainsi qu’il est devenu médiateur.
On est loin du sacerdoce et des sacrifices du Temple : « on passe du sacerdoce rituel au sacerdoce existentiel » Van Hoye
Ce n’est pas tant à la quantité de sang que l’on peut estimer l’offrande du Christ que dans l’intensité de son amour divino-humain.

V8 : « il apprit l’obéissance ». Comment comprendre ce verset alors qu’en 10,5-9, dès son entrée dans le monde il dit : « voici que je viens faire ta volonté ». Christ ayant assumé notre nature humaine déformée, a ressenti et a vécu la résistance à l’obéissance. « Notre nature humaine avait besoin d’être reforgée au feu de la souffrance et de la mort »Van Hoye.

Prenons-nous au sérieux un tel mystère ? Comment nous en émerveiller encore et toujours ?

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Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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