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Jean 20,19-31

30 mars 2008
2ème Dimanche de Pâques –A
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Act 2, 42,47 1 P. 1, 3-9 Jn 20, 19-31

Que ceux qui n’ont jamais subi de pressions dans leur vie lèvent la main ! Quand on se sent contraint de faire ceci ou cela, on subit une pression. Des rapports de force se mettent en place. Et dans les relations, il y a des tensions.

Un citoyen cède à la pression de ses amis et se porte candidat à une élection. Un autre subit une telle pression qu’il renonce à se présenter ou démissionne.
Il arrive à la presse de faire pression. Elle nous dit de temps en temps que le gouvernement devra céder à la pression de la rue.
Des syndicats déclenchent une grève préventive pour faire pression sur les décisions du patronat. Avant d’entrer sur le stade, les sportifs sentent la pression du public.

La pression peut être amicale. Elle peut encourager, stimuler. Elle peut devenir une obligation de résultats. En ce cas, elle crée des tensions qui peuvent faire des ravages. Dans le monde du travail, on note des suicides. Si la pression dynamise, il lui arrive de tuer.

Pressions et tensions se retrouvent dans toute vie sociale. L’Eglise n’y échappe pas. Pour elle, cela a commencé très tôt, dès le premier soir de la résurrection.
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Sous la pression de l’opinion publique, les apôtres sont retirés dans un lieu dont on évite d’indiquer l’adresse. Par peur des Juifs, ils ont verrouillé les portes. Sans avertir, Jésus s’invite. Il pourrait les réprimander pour leur lâcheté mais il leur dit : « La paix soit avec vous. »
Il est bien celui qui a été crucifié. Sans tarder, il leur donne de communiquer sa paix en remettant les péchés. Mais il y a un absent, Thomas.
Jésus n’en fait pas la remarque. Il ne demande pas qu’on lui fasse part de son passage. Il laisse les apôtres réagir comme ils l’entendent et, bien entendu, ils racontent ce qui s’est passé : « Nous avons vu le Seigneur. »

Mais Thomas ne veut pas se laisser avoir. Il résiste et veut vérifier par lui-même. Enfermés dans leur peur des juifs, les disciples vont essayer de convaincre Thomas et Thomas va essayer de raisonner les disciples qui n’ont pu avoir qu’une hallucination. La joie des apôtre n’est pas un argument suffisant.

Huit jours plus tard Jésus revient et s’adresse à Thomas qui renonce à discuter. Sa rencontre personnelle avec le ressuscité fait fondre toute son argumentation.
Nous avons là l’image d’une Eglise qui, pendant huit jours, (c’est long comme une éternité !) s’est épuisée à vouloir convaincre dans des débats sans issue.
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Le texte des Actes des Apôtres nous donne une tout autre image de l’Eglise. Nous voici après la Pentecôte. Tout marche bien partout. Les Apôtres font des miracles. Des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhérent au Seigneur par la foi. A Jérusalem, on sort les malades des maisons et on les fait venir des villages voisins ; ça marche bien pourquoi ?
Les fidèles écoutent l’enseignement des apôtres. Il s’agit de se souvenir de ce que Jésus a dit et fait avant et après sa résurrection. Accueillant cette parole, les croyants instaurent entre eux des relations nouvelles qui impliquent non seulement le partage des convictions mais aussi le partage des ressources matérielles.

A ce moment-là, les croyants habitant Jérusalem n’ont pas rompu avec le Judaïsme. Ils vont au temple comme le faisait Jésus mais, le premier jour de la semaine, ils revivent dans leur maison le repas pascal du jeudi soir. Ils rompent le pain pour se nourrir du Corps du Christ.
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Comment passer d’une Eglise bloquée à une Eglise heureuse et décontractée ? La première lettre de saint Pierre donne une piste.
« Dans sa grande miséricorde, Dieu nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance. »
La source de cette renaissance n’est pas à chercher ailleurs que dans la miséricorde de Dieu.
Tous les péchés du monde sont restés dans le tombeau du Christ. Lui, il est sorti du tombeau avec une vie nouvelle. La miséricorde de Dieu nous accorde le bienfait de la résurrection de son Fils. Elle fait naître en nous une espérance inimaginable et indestructible.
La source de la renaissance, c’est donc la miséricorde de Dieu. L’acteur de la renaissance, c’est le Christ. C’est lui qui prend l’initiative de toute rencontre.
L’aventure est belle : « Vous en tressaillez de joie » mais ce qui nous revient, c’est de garder la foi…malgré tout.

« Vous en tressaillez de joie même s’il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la qualité de votre foi. Le cheminement du changement, c’est le passage par le tombeau. On y laisse notre vie pour recevoir la vie nouvelle de Jésus ressuscité.
Ce passage est vécu symboliquement par le baptême qui est une renaissance.
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Ce dimanche, nous terminons le mois de St Joseph. Il avait pour mission d’assurer l’éducation de Jésus de telle sorte qu’il sauve le peuple de ses péchés. Il a accompli sa mission en partageant les pressions et les tensions qui existent dans la vie banale de tout village : les exigences des clients, celles du fisc avec la passage régulier du publicain de la région, la peur diffusée par la simple présence de l’armée romaine aux réactions imprévisibles.
On peut vraiment dire avec les mots de saint Pierre qu’il a connu « toute sortes d’épreuves. » Elles n’ont pas ébranlé sa fidélité.
Cette semaine, souvenons-nous simplement du premier mot que Jésus ressuscité adresse à ceux qu’il rencontre : « La paix soit avec vous. »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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