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Jean Daniélou - Participer à la Résurrection

JEAN DANIÉLOU

PARTICIPER À LA RÉSURRECTION

La participation à la mort et à la résurrection, donnée comme un germe au baptisé, doit progressivement envahir l’homme tout entier. Au don de Dieu doit correspondre la réponse de l’homme. Si rien n’est possible sans la grâce, la grâce à son tour demande une réponse de l’homme : “Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu”. Aucun texte n’exprime mieux la participation déjà actuelle à la vie du Christ ressuscité. De même que la résurrection a inauguré la glorification de l’humanité du Christ et que la session à la droite exprime l’état actuel du Christ ressuscité, ainsi le chrétien, qui a partagé la résurrection du Christ par son baptême, doit partager la session à la droite du Christ, en vivant de la vie dont vit actuellement le Christ de gloire.
Cette participation à la vie du Christ ressuscité tient compte des deux aspects du baptême. Elle est un mystère de mort et un mystère de vie. La mort au péché est la condition de la vie dans l’Esprit : “Si vous vivez selon la chair, vous mourrez. Mais si par l’Esprit vous faites mourir les œuvres du corps, vous vivrez”. Le chrétien doit ainsi “mortifier ses membres terrestres” et “se laisser mener par l’Esprit”. L’Esprit qui est principe de vie doit devenir principe d’opération. Il faut accomplir les œuvres de l’Esprit : “Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir”. Ainsi progressivement la transfiguration de l’homme s’opère sous l’action de l’Esprit : “Le Seigneur, c’est l’Esprit. Et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse, comme il convient à l’action du Seigneur, qui est Esprit”.
Le Christ ressuscité et exalté à la droite du Père est comme le soleil de la nouvelle création. Les rayons qui émanent de lui et qui sont la lumière de l’Esprit, inondent la création. Celui qui dévoile son visage, qui écarte l’écran de l’ignorance ou du péché, reflète cette gloire comme un miroir. On n’oubliera pas que pour les anciens la lumière transforme en elle-même ceux qu’elle éclaire. L’image est parallèle à celle du fleuve d’eaux vives qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. Là aussi le Christ exalté à la droite du Père est le principe de la vie de l’Esprit qui se répand sur l’humanité. Pour celui qui se laisse éclairer par cette lumière, les opacités cèdent peu à peu. Il devient lui-même lumière dans la lumière. Ainsi “la gloire de Dieu” qui resplendit “sur la face du Christ”, c’est-à-dire qui a transfiguré son humanité, “brille aussi dans nos cœurs”, en nous faisant partager la gloire du Christ.
Et cependant, quelle que soit la participation actuelle à la vie du Christ ressuscité, cette gloire n’atteint que les âmes. Nos corps restent encore soumis à la misère et à la mort. C’est une gloire qui brille dans le royaume des cœurs, mais qui n’est pas manifestée au-dehors. C’est pourquoi l’attente eschatologique subsiste, l’attente du jour où la gloire de la résurrection atteindra aussi le monde des corps : “Vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi dans sa gloire”.

La Résurrection, p. 77 et 78.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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